Nouvelle

Calédonie

RETOUR ACCUEIL

 

 

 vues de LA NOUVELLE CALEDONIE     (plein écran : cliquer gauche)

 

 

FIJI vers LA NOUVELLE CALEDONIE : 650 milles vent Sud-Est 25 noeuds

 vendredi 13 OCTOBRE 2006

Nous attendons depuis quelques jours, une météo convenable. Jusqu’ici vent fort et même très fort à l’extérieur. Aujourd’hui dans la  Marina calme plat, pas une risée.

8 heures : nous quittons celle-ci et avançons dans le lagon au moteur, le vent  nul ou insignifiant. La passe de la barrière est celle de MANOLO à 10 milles. Inquiétant pour l’avenir, ce calme. Marie-Ange reste optimiste, elle voit la mer à l’extérieur qui semble agitée, ici nous sommes donc protégés par la terre.

ALARME DANS LA PASSE

Entre deux îlots, la passe se dessine, la mer brise des deux côtés, deux ourlets blancs bien visibles. Nous nous présentons bien au centre et allons juste l’aborder lorsque l’alarme de la température moteur fait encore des siennes. Obligés de couper. Appel  V.H.F. à STEPHILANN qui est juste derrière nous. « si tu peux nous tirer à l’extérieur ; on verra plus tard la panne » Bout lancé,dans les creux imposants de la passe, ANDRE nous déhale à l’extérieur et nous laisser aller, à la force du vent  qui est en fait bien vigoureux.

 Nous filons sous génois et grand-voile, beaucoup  trop toilés certes, nous gitons fort mais au moins nous nous éloignons du danger.

 La surprise est là le vent 30 à 35 nœuds, il faut réduire au maximum. La mer est forte, très creusée jusqu’à 5 mètres de houle. Navigation pénible, le bateau  malmené par une houle de travers.

 Pris de temps en temps dans des surfs latéraux mais, on avance vite même très vite. Des vagues sournoises montent le long du flanc bâbord, passent par-dessus les cagnards dont l’un finit par être arraché.

REPRISE BIEN MUSCLEE

L’eau passe par-dessus la capote et vient nous tremper de la tête au pied. Le cockpit  propre et sec, bien rincé à l’eau douce est maintenant trempé, salé, les coussins de même et nous dégoulinons dès les premières minutes de navigation. 

 Le vent siffle dans les haubans, la mer fume et s’envole à la surface. Situation oubliée depuis la descente de l’Afrique du Sud vers Bonne Espérance.

 Il faut tenir ferme la barre : ni le pilote électrique ni le régulateur ne peuvent le faire correctement. La reprise est dure, pénible : ni faim, ni envie de rien.

On saute le repas de midi. Je me force à descendre pour préparer une soupe le soir .La petite cocotte minute, tient difficilement sur le feu de la cuisinière. C’est la calamité dans le carré.

 Le vent forcit encore dans le début de nuit, des pointes à 42 nœuds. Nous enfilons des pantalons étanches sur nos vêtements mouillés. Nous sommes au moins au chaud dans une humidité permanente.

Pour se remplir l’estomac on ouvre un paquet chinois de fruit confit « mangue rouge » étiqueté, présentation en lamelles. Absolument immangeable et écoeurant.

Ce n’est vraiment pas le moment : un goût et une odeur fortement chimique, horriblement salé, un colorant rouge tenace, une véritable horreur mise en paquet par Monsieur HUA HONG.  A peine ouvert et entier nous le balançons à la mer, à faire dégueuler les poissons.

 Après minuit, le vent commence à baisser de ton très légèrement, peu à peu, le soulagement est perceptible. La vitesse tombe aussi mais nous y trouvons un confort certain. Que sont vite oubliées les épreuves, les difficultés et les souffrances. Deux jours et deux nuits de calme relatif nous ont remis en joie et bonheur.

Puis tout à coup le harcèlement recommence. Une double houle meurtrière : celle du vent qui change et monte, du  Sud et celle de celui existant depuis quelques jours Est Sud-Est. Les vagues recommencent à monter sournoisement dans le cockpit  et à nous doucher.

Fatigués par les jours pénibles précédents. Le manque de sommeil pèse sur nous. Pensons et agissons au ralenti, dans nos habits imbibés d’humidité et de sel. L’inconfort s’ajoutant : pas une place de sèche ; les bonds du bateau nous projettent d’un bord à l’autre.

Michel « odyssée » pas loin de nous vient de s’apercevoir que deux torons d’un de ses bas haubans sont cassés. La moitié de notre nuit passée à venir à sa hauteur, l’autre moitié, à nous en éloigner, nous jugeant dangereusement trop près, afin d’essayer de lui faire passer un serre câble. Mais tout ira bien jusqu’à NOUMEA.

NOUMEA - NOUVELLE CALEDONIE   mardi 17 OCTOBRE 2006

Atterrissage

Nous sommes arrivés ce matin à quatre heures sous des grains cinglants et nuit noire,  par très fort vent, dans la baie de Prony de Nouvelle Calédonie à 35 milles de NOUMEA. 

Quatre jours de navigation depuis les Fiji, dont trois jours de délire, de chevauchées folles, de montagnes d’eau, de vagues. Nous avons souffert et marchions vite malgré quatre ris dans la grande voile et un génois réduit.

Nous avons encore croisé de nombreuses pierres ponces résultants des précédentes éruptions volcanique du sud des FIJI,.Les vagues pleines de ces scories heurtant avec force la coque du bateau ont à demi effacé l'inscription de Sailrover peinte sur les cagnards. Nous espérions qu'aucune pierre n'irait encore obstruer le tuyau d'aspiration d'eau de mer, bloquant ainsi le refroidissement du moteur.

Nous avons aussi retrouvé des crevettes collées sur les hublots et des poissons volants et calamars éparpillés sur le pont. 

Nous apprendrons plus tard qu’une île est née le 10 Novembre 2006 au large des TONGA entre le Métis Shoal et l'île de Late 174°E 180°S. Sa superficie dépasse 1.500 m.

Cinq bateaux à naviguer ensemble à vue et portée de VHF : le premier a explosé son génois enrouleur, le second a eu un bas hauban effiloché au risque de voir son mât tomber, nous-mêmes engagés dans la passe de la  HAVANNAH, nuit noire et vent fort, génois bloqué, impossible de décoincer l’enrouleur et de réduire.  

1 h du matin, vent 30-35 noeuds EST, courant portant à la côte, bouée clignotante rouge sur tribord balisant la bordure du récif et trois feux blancs clignotants au loin nous donnent la direction à suivre pour prendre correctement la passe.

Une bouée rouge à éviter marquant un large banc de corail affleurant sur lequel gronde dans l'obscurité la mer montante. Nous naviguons tout de même à cinq nœuds malgré un courant contre, qui nous l’espérons n’allait pas nous refouler.   Certes on s’en sort toujours… Bonheur d’être à l’abri.

Chaque voilier possède désormais à bord ordinateurs et programmes de navigation, permettant d'atterrir de nuit sans trop de risques tout en gardant un oeil vigilant à l'extérieur.

 

MOUILLAGE : 22°22'52 sud-166°54'96est

Ancrés depuis quarante huit heures dans une baie tranquille où nous sommes allés nous planquer, nous attendons que le vent fort tombe, avant de nous replonger dans la civilisation bruyante et trépidante de NOUMEA. Repos........

 Une traversée à vous dégoûter du bateau à voiles. 42nœuds de vent, même portant, du Sud-Est,  mais une mer impossible avec des creux de cinq mètres, houle croisée. Nous avons souffert et le bateau aussi.  Le Pacifique n’est vraiment pas bien nommé.Le vent souffle trop fort, sur le mouillage, pour nous permettre de mettre notre annexe à l'eau, et pouvoir aller saluer nos amis "HINANO" voisins de route ancrés près de nous.

Ils viennent de nous avertir par VhF que les produits frais sont interdits : fruits, légumes, viande, oeufs, fromage….etc.

Les douaniers sont venus à bord d’un bateau qui attendait pour faire ses formalités : ils déjeunaient, la douanière, nouvellement arrivée et zélée, a voulu leur enlever côtelette et tranche de jambon de leurs assiettes. Comique n’est ce pas ? ...........  

BAIE DE PRONY vers NOUMEA  31 milles

Deux jours de repos dans le fond de la baie de Prony. Un mal fou en partant pour arracher 60 mètres de chaînes  par 25 mètres de fond, au guindeau manuel  à la bringuebale, croyant ne pas pouvoir y parvenir.

31 milles avalés en peu de temps avec vent arrière Sud Est 25 Nœuds, admirons les côtes et les pins si spéciaux.

PORT MOSELLE  - 20 OCTOBRE 2006

Devant PORT MOSELLE, par erreur, je fais un mauvais numéro d’appel à la V.H.F. qui est en fait le canal 67. N’obtenant, bien sur, aucune réponse, nous allons directement nous amarrer au ponton visiteur, lieu d’attente pour les formalités d’entrée.

 La Marina nous demande de ressortir immédiatement, d’attendre à l’ancre à l’extérieur du Port, de rappeler à 15 heures.

 Nous ne nous exécutons pas et restons sur place, prétextant un mauvais refroidissement du moteur.

 

Bien nous en a pris, nous resterons finalement au ponton visiteur où nous recevrons à bord : immigration, phytosanitaire et attendrons jusqu’à 17 heures, la douane

 On ne nous pas confisqué nos 3 derniers oignons ni les 2 bananes pourtant bien avancées.

 Stéphilann a dû éplucher ses ananas et donner à l’employé du service phytosanitaire la peau des fruits.

 Un autre voilier, couper ses concombres et remettre les pépins……….. Du délire et perte de temps.

Le lendemain, nous est attribuée une place dite « cyclonique » avec rajout de bouts supplémentaires pour la saison critique.

Justement, deux jours après notre arrivée à la surprise des autorités maritimes, car beaucoup trop tôt, les eaux étant très « froides »,   « XAVIER » se profile à l’horizon des VANUATU.

Celui-ci a la bonne idée de s’évanouir dans la nature faute de carburant au bout de 5 jours de sur-place.

PORT MOSELLE : 22°16'63 sud- 166°26'21est

Projet immédiat repos,repos…………………………….



circuit sud et ouest :
Nouméa-Yate-Bouloupari-Bourai
l
 

RETOUR Pacifique : SOMMAIRE