ILE DE PAQUES

 

 

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LES MOAIS  (plein écran : cliquer gauche)

31 MAI 2006

TAHITI BAIE DE PHAETON TARAVAO

envol vers l’île de Pâques

(plein écran : cliquer gauche)

Bateau laissé à l’ancre, sous l’œil ami d'un voisin, nous rejoignons l’aéroport de Papeete à TAHITI pour nous envoler vers la mystérieuse île chilienne :  Pâques. 5h30  de vol agréable, atterrissage sans histoire. Il est 10h30 ici, 6h30 pour PAPEETE. 

Notre hôte « LES CABANAS VAI  MOANA » nous attend à l’extérieur. Large collier de fleurs jaune vif pour chacun. Le bourg de RANGA ROA point obligé de tous les habitants, est une succession espacée de baraques. 4000 personnes sont regroupées au Sud Ouest de l’île.

L’époque choisie pour notre voyage n’est pas la meilleure pour le temps : du 1er au 4 juin 2006, le  premier jour  couvert mais bonne température. Tee shirt et chandail sur les épaules ce soir là ; les jours suivants : ciel bleu, soleil magnifique, chaleur.

Notre pension est un ensemble de bungalows semés dans un espace vert parfaitement entretenu, fleuri et planté, tout à fait recommandable et le groupe avec lequel nous excursionnons, très joyeux.    

                               vai_moana@entelchile.net

 

Nous n'avons pu nous empêcher de visiter le petit port pour les plaisanciers. Lors de notre séjour le temps fut clément et les rares voiliers pas trop malmenés par la houle.

Coïncidence heureuse : le bar restaurant cinéma  joue ce soir un film américain tourné sur l’île de pâques :

 « RAPA NUI »,  son nom pascuan signifiant le nombril du monde, nous transporte dans l’ambiance de l’époque. Nous sommes vendredi jour de projection en langue Française.

 En sortant la nuit est noire, le petit bourg mal éclairé, les maisons espacées. Bruit de sabot derrière nous, trois cavaliers nous doublent puis deux autres sur de petits chevaux vifs.

 L’île en est semée, ils vivent plus ou moins en liberté en groupe, détalant devant les 4x4 chargés de touristes ou bien c’est une moto qui en impose avec un échappement libre, en soulevant une fine poussière rouge derrière elle.

L’histoire nous informe

Il y a quelques 1 500 ans, une population venue de Polynésie, conduite par le roi HOTU MATU’A, débarqua sur ce rivage.

Le besoin de rendre hommage aux ancêtres les plus illustres s’est fait sentir au sein de la communauté ; c’est ainsi que le MOAI a fait son apparition parsemant l'île de centaines de statues dont la plupart face à la communauté tourne le dos à l'océan.

 L’histoire est marquée d’innombrables affrontements entre clans.  La rivalité est telle que, au fil des siècles,  les tribus se livrent des batailles féroces et sanglantes, décimant la population et renversant les statues des clans adverses. Le manque de nourriture a fini par les rendre anthropophages.

Pour mettre fin à cet état il a fallu changer le système d’administration. Les Habitants se désintéressent alors du culte de leurs ancêtres, tous les Moais étant renversés.  Les sorciers ont alors repris leur ancienne tradition polynésienne : le culte des oiseaux.

 On guette le vol des oiseaux migrateurs envoyés par le dieu MAKE MAKE, annonçant la nouvelle année. La cérémonie de l’homme-oiseau consiste en une compétition pour acquérir le premier œuf de la couvée dont les premières pontes ont lieu au mois de juillet août.

Le point de départ de la compétition entre les différents champions des clans est situé sur le haut d’une falaise escarpée à ORONGO, un à pic de 200 mètres sur la mer au sud ouest de l’île à franchir.

Puis nager jusqu’à l’îlot rocheux MOTU ITI à 1 mille de la côte, subtiliser un œuf dans un nid, revenir à la nage, escalader à nouveau la falaise et déposer le produit de la précieuse ponte, intact, entre les mains du roi.

Le vainqueur gagne alors une récompense de taille et étrange : recevoir pour épouse, une jeune fille vierge qui possède le clitoris le plus important en volume. Situation dit on obtenue par des massages appropriés et quasi journaliers depuis l’enfance.

L’entraînement des champions mâles, difficile et pénible n’a rien à envier à celui d’un futur champion olympique. Les jeunes promises sont enfermées durant la période des six mois d’entraînement des champions dans une grotte quasiment inaccessible,à flanc de falaise, descendues à l’aide d’un panier et de cordages, avec une nourriture rare et pauvre. 6 mois passés dans ce trou insalubre, à demi repliées sur elles mêmes, n’ayant pas la hauteur pour se redresser. Les demoiselles en sortent affaiblies, courbatues, incapables de se tenir debout sans aide...

 

Ce que l'on admire de nos jours

  A la tombée du jour, marche jusqu’à la mer depuis notre pension, nous contemplons le site exceptionnel de AHU TAHAI.

Celui que nous pensons être le plus beau, le mieux placé : il domine la mer qui vient presque le lécher.

 Deux plates formes, l’une avec quatre Moais dressés, l’autre, un seul mais coiffé d’un PUKAO rouge, lobe des oreilles allongé, l’unique de l’île avec ses yeux replacés contemplant le lointain.

Cette statue tourne le dos à la mer, et fait face au clan, au village qu’il protège depuis des centaines d’années..

Un roi régnait sur l’île divisée en clans gouvernés à l’origine par les fils du souverain. Un sorcier tout puissant et féroce fait respecter les nombreux tabous.

Les chefs décident d’élever des statues ( Moais) après consultation du sorcier, pour honorer les clans, les ancêtres, concurrencer ses voisins.

Non loin devant : les habitations, en forme de bateau, de largeur étroite.

On devine un muret bas de pierres percées de trous pour recevoir des branches courbées puis recouvertes de terre, d’herbes et de feuilles pour en former le toit. 1,50 mètre de large, 1,40 de haut.

On y rentre à quatre pattes par un étroit couloir.

A côté un amas organisé de pierres sous lequel un espace aménagé sert de poulailler.

 

Sous la plate forme ou AHU sont ménagées des cavités qui contiennent les ossements des ancêtres.

Trois volcans principaux dominent l’île, par ailleurs relativement plate, au relief doux.

le volcan Rano Raraku : carrière  principale. A cet endroit  le tuff, la lave bulbeuse et le basalte offrent les principaux matériaux.

 Les Moais sont découpés, sculptés, extirpés à mi pente, travaillés les uns au dessus des autres, souvent tête bêche : comme si on avait voulu exploiter la même veine ou ne pas perdre un pouce de la matière et se simplifier le travail.

 

 

Sur place on dénombre 396 statues en cours d’élaboration. 92 sont à mi pente en cours de livraison enterrées déjà à moitié debout. Il existe près de 1000 Statues réparties autour de l'île.

Une fois détachée de la roche les hommes la font glisser jusqu’à la faire tomber le socle le premier dans un trou afin de pouvoir la redresser par des jeux de leviers et de cales de pierres.

Travail de centaines de personnes sous la tutelle des sorciers et des chefs.

 

Plusieurs théories s’opposent pour le transport final dont la dernière retenue semble être celui debout maintenu par des cordages, les déplaçant par glissement sur des végétaux : Taros, feuilles de bananiers …

Les finitions sont faites sur place : telles les légères sculptures des attaches du cache sexe sur le bas du dos, mains à plat sous le nombril dans le creux du ventre et des cuisses. Creux des orbites et mise en place de l’iris en obsidienne et de la cornée en corail blanc.

La coiffe provenant d’une autre carrière de lave bulbaire de couleur rouge, de forme cylindrique débordant largement le visage ; simplement posée sur le sommet du crâne, ayant un léger creux pour bien l’adapter sur sa base.

Il n’y a plus grandes traces des villages ou d’habitation dans les grottes.

Les différents excursions nous conduisent autour de l’ile aux sites les plus renommés.

 Le plus grand que l’on admire, le plus impressionnant par son étendue, son importance, sa situation est celui de AHU  TONGARIKI  :  15 personnages sont alignés sur une plate forme de plus de deux cents mètres de long.         Un seizième existait, il est manquant. Trop abîmé dit on par suite du passage du tsunami survenu en 1960 qui avait renversé l’ensemble comme un jeu de quilles.

Remis en place et en état grâce à l’intervention des Japonais. Le travail de réhabilitation, à l’aide de moyens modernes, telle une puissante grue, a duré trois ans occupant cinquante Pascuans. Un Moai peut peser 90 tonnes et sa coiffe dix pour cent de plus avec une moyenne de six à douze mètres de hauteur.

Le souvenir de ses grandes statues de pierres, alignées, le regard énigmatique tournant le dos à la mer  pour la plupart,  restera longtemps dans nos mémoires. Figées, immuables, mystérieuses.

Ce regard est il devenu trop pesant pour les habitants qui ne supportant plus d’être épiés ont renversé leurs aïeuls de pierres ; ou bien les guerres tribales avaient elles pour but de mettre à bas la fierté et l’objet d’adoration de son voisin.

Les plates formes actuelles avec leurs Moais debouts sont pratiquement toutes le fait de restauration de la part des étrangers. Nombreux y participent. La France va reboiser tout un secteur pour essayer de redonner l’aspect des temps anciens.

L’île entière est un vaste site archéologique peu exploité, le mystère entier. Par chance Pierre Loti a su décrire ce qu’il a vu en 1885 et surtout nous a laissé des  témoignages irremplaçables par ses dessins…..

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