LA POLYNESIE :

 

LES ILES DU VENT

RETOUR ACCUEIL 

 


MOOREA           HUAHINE                    TAHAA                 BORA-BORA               MAUPITI

(plein écran : cliquer gauche)

- MOOREA
- HUAHINE
- TAHAA
- BORA BORA
- MAUPITI
- MAUPIHAA

 

 

Google

 DIMANCHE 11 JUIN 2006

Départ de TARAVAO pour TAINA 27 milles vent Est-Nord-Est

        Six mois ont passés, nous sommes restés dans la baie de TARAVAO, bien abritée, si tranquille, si verdoyante. Les amis ne manquaient pas, c’était bien agréable.Aujourd’hui nous levons l’ancre pour nous rapprocher de PAPEETE et faire nos formalités de sortie : en route pour TAINA. 

            La Passe est franchie entre de belles vagues de surf avec notre ami YVES sur son WAPITI, côte à côte prenant des photos de SAIL ROVER. Le vent E. N.E. est bien soutenu ; SAIL ROVER a l’air heureux de galoper à nouveau dans la houle, juste sous génois,  plus de 8 nœuds . La barrière de corail nous fait une haie continue entre la terre et nous. Un ourlet d’une belle vague qui s’étend en longue ligne avec des colorations vertes sur le fond de soleil.

La passe de TAINA est superbe, grosse houle déferlante qui se termine en vagues de surf.

            Un monde fou dès les balises d’entrée franchies. Les plaisanciers du dimanche sont de sortie et restent à l’intérieur du lagon à patauger à tout touche à l’abri du corail.

 Coup de vent nocturne sur le mouillage

            Les emplacements libres du mouillage sont envahis par des voiliers. Notre place occupée l’an dernier est libre., car peu de fond. Une balise verte limite le chenal et marque le début d’un semis de patates de coraux qui se termine par un platier.

 Un fond de sable qui remonte rapidement de 20 à 2 mètres. Dérives relevées nous mettons notre ancre sur une  pente de sable. SAIL ROVER se met au vent et vient tourner son ventre à cinquante centimètres au dessus de bouquets de coraux ; impossible de lâcher plus de 17 mètres de chaîne les bateaux derrière nous sont à moins de dix mètres. Sans vent rien n’est alarmant, seulement des rafales se font sentir, cas très rare à la tombée du jour.

Nombreux et fréquents coups d’œil autour de nous à l’extérieur. Nous allons nous coucher tracassés par les bourrasques qui n’ont pas diminué.

 Le vent  monte d’heure en heure. Le bateau tire sur sa chaîne, le guindeau se plaint, nous zigzaguons en gîtant, revenons dans le lit du vent.

 Le bateau se cabre au bout de sa chaîne qu’il secoue furieusement. Impossible de dormir, sans cesse aux aguets, voir si nous ne dérapons pas. Ce serait une catastrophe aussi bien sur le corail que sur nos voisins. Nuit noire, impossible de voir les fonds. Le gréement geint, un hurlement de sons qu montent, qui descendent, qui enflent sans s’essouffler. 

Les heures passent nous tenons toujours, avec cette nouvelle ancre allemande de 27 kg (bugle, achetée au Brésil) vraiment efficace pour le peu de chaîne larguée. On regrette trop tard de s’être fichus dans ce piége.

Le jour se lève et on peut espérer un répit, que la dépression passe. La matinée est pire, le ciel noir est zébré d’éclairs aveuglants, le vent monte encore ; 40 nœuds soutenus et souvent 50 ; le tout noyé sous un déluge de pluie déchaînée. On aperçoit 2 voiliers dériver vers la barrière de corail, vite secourus par des annexes amies.

Les yeux rougis d’avoir veillés, le manque de sommeil, l’angoisse  ajoutent à notre épuisement. Le rugissement du vent soutenu pendant des heures finit par décroître, s’éloigne. Le soir nous retrouvons une situation  proche de la normale permettant de dormir sans crainte et de récupérer.

  MARDI 13 JUIN 2006

TAHITI VERS MOOREA  : 20 milles.

          

  En route pour l’île de MOOREA que l’on voit devant nous.

La mer est encore agitée, le vent alerte, nous filons dès la sortie de la passe de TAINA par vent de travers à très bonne allure.

Passons devant la baie COOK et prenons la passe de TAREU pour mouiller sur bâbord dans la baie de OPUMOHU. Suivant notre habitude, en bordure d’un champ de  patates., par cinq mètres d’eau.

En profitons pour débarrasser la coque d’une couverture de petits coquillages venus squatter notre anti fooling (International Trilux) vieux de quatre mois seulement........

 

 

 Repos, calme, le plaisir des yeux devant le panorama de cette belle île où nous restons trois jours à ne rien faire.

MOUILLAGE  MOOREA  LAT 17° 29’ 317 S. LONG 149° 51'089 W.

 

ATTRACTION TOURISTIQUE

ici on nourrit les pastenagues  (plein écran : cliquer gauche)

     

MOOREA vers HUAHINE (85 milles) vent Est 15/18 noeuds

Samedi 18 Juin 2006

 Nous progressons vers l’ouest, notre but étant la Nouvelle Calédonie. La prochaine étape est à 85 milles : l’île de HUAHINE.  

 Un vent favorable d'Est nous emporte. Nous filons rapidement toute la nuit et sommes obligés de réduire les voiles pour aborder la passe à l’ouest de Huahine.

Attendons avec impatience que le jour se lève pour reconnaître la barrière de corail que nous entendons gronder dans l'ombre à tribord .

            La passe est large, bien balisée, nous poursuivons à la voile jusqu’à l’ouest à l’intérieur du lagon et virer à bâbord vers le village principal où nous mouillons sur fond de sable non loin d’une balise verte.

mouillage : LAT 16°43'080 S.LONG 151°02’300W.

            Nous aurons la surprise de découvrir à terre : un point Internet et un super marché tenu par un Chinois, digne d’une grande ville, très bien achalandée. Nous y avons même déniché des ampoules de projecteur de pont que nous avions eu tant de difficultés à trouver en France.

Au café voisin, nous faisons la connaissance de TURO un skipper de chez MOORING, en escale avec un catamaran et ses touristes. Le Polynésien très représentatif, grand, athlétique, queue de cheval, tatouages imposants sur les épaules.

            Ile sympathique. Ne pas manquer avec le bateau, la promenade entre la barrière et la côte sud et sud est découpée ; jusqu’à la fin du balisage, une baie avec fond de sable blanc eaux turquoises.

Conseillé aussi le mouillage parfaitement protégé, au fond de la baie de HUAPU au Sud-est de HUAHINE ITI où nous avons mouillés par dix mètres de fond attendant par un temps gris et couvert, un coup de vent qui ne s’est pas manifesté. 

Mouillage baie de HUAPU : LAT 16°46'992 S.LONG 151°00'178 W.

 

 

Mardi 20 JUIN 2006

De HUAHINE vers TAHAA (23milles) vent Nord_Est 15 noeuds.

            Nous rejoignons la passe, nous naviguons par le chenal balisé entre côte et barrière de corail. Beau spectacle pour les yeux, croisant sans cesse des voiliers de location. UAHINE, TAHAA, BORA BORA, étant un fief de Mooring, Sun Sail et autres, ayant pour base RAIATEA , offrant des navigations de courtes distances et des îles variées.

            Nous arrivons à TAHAA par la passe de TOAHOTU encadrée par deux Motus (îlots) couverts de cocotiers. Des bateaux sont mouillés à tribord, à l’abri de la barrière sur des fonds de quatre à cinq mètres.

            Le vent étant déjà fort et annoncé forcissant d’Ouest, nous entrons dans la baie plus à l’Est jusqu’au fond  devant le village de HAAMENE où nous jetons l’ancre sur 10 mètres de fond.

Mouillage HAAMENE LAT 16°38'158 S LONG 151° 29’230 W.

             L’endroit est sympathique. Un petit quai accueillant que desservent deux navettes journalières pour RAIATEA. Pour les gastronomes, les pieds dans l’eau : un bar restaurant de renommée avec un chef propriétaire Français de Normandie.

            Que de choses simples à raconter. A TAHAA l’île de la vanille, nous avons fait des kilomètres. Escaladant un col à pied , par la route , sous une pluie battante, les voitures qui s’arrêtent spontanément pour nous inviter à monter ; les mains de bananes cueillies le long de la route ou bien les papayes lorsqu elles sont accessibles.

Un couple qui nous prend en stop, à l’arrière de son camion, pour nous avancer après 15 kilomètres de marche et qui oublie de nous déposer au croisement utile.Nous nous sommes retrouvés dans un village côtier, desservi par une mauvaise piste, isolé de tout.

 A la recherche du sentier salvateur, nous aboutissons chez un planteur de vanille à visiter ses plantations, à humer sur la table de sa terrasse le parfum des gousses en train de sécher, dont généreusement cet homme nous offre une dizaine d’unités.

Retour par une vague piste littorale, les pieds dans l’eau, marchant parmi les trous de crabes de cocotiers qui fuient sous nos pas. C’est de cette façon que nous avons appris, d’un jeune garçon de quinze ans son explication du temps gris et pluvieux depuis trois jours :

« Il y a eu un décès au village de FAAAHA deux jours plus tôt, c’est toujours ainsi.» Retour finale par une suite de voitures empruntées dont un camion de réparations des lignes électriques, nous étions enfermés avec les casiers de vis, boulons, écrous, fils, assis sur des transformateurs, une véritable étuve.

Dans l’intention de rejoindre BORA BORA nous nous avançons vers la passe de PAI PAI, la dépassant, longeant la côte à l’intérieur de la barrière.

 Le vent faible nous permet sous voiles, d’admirer la végétation exubérante, de voir les maisons dissimulées sous les fleurs, entendre des voix, des cris d’animaux. Un temple bâti au bord de l’eau, éclatant de blanc nous envoie les chants de ses fidèles.

 Peu après posons l’ancre près de la barrière de corail à l’abri du Motu hôtel de TAUTAU sur un fond de sable et trois mètre d’eau cristalline et bleue.

Repos total, plaisir des yeux. Quelques voiliers de location font comme nous et jettent l’ancre pour la nuit alentour.

Mouillage   MOTU TAUTAU   LAT 16° 36'893 S.  LONG 151°33'745 W.

MARDI 27 JUIN 2006

TAHAA vers BORA BORA (22 milles) vent Nord-Est 17 Noeuds

Le spectacle est magnifique, on ne se lasse pas de le contempler, mais il faut avancer.

 Un vent suffisant nous décide à partir pour BORA BORA. Retour en arrière pour prendre la passe.

            La navigation est rapide, le vent plus musclé à l’extérieur. Même avec deux ris et génois enroulé SAIL ROVER ne cède pas un pouce de sa vitesse, continue à plus de sept nœuds.

 L’île grossit de plus en plus vite devant nous et arrivons sur la barrière de corail qui va loin à l’extérieur décrivant une pointe vers le Sud.

Il faut longer cet ourlet blanc jusqu’à la passe, très facile d'accès, malgré une grande houle du Sud ouest.

 

Encombrement dans la passe de BORA-BORA

Les premières balises d'entrée sont bien en vue près des brisants. Mais juste devant elles deux barques de pêche nous coupent la route.

A l’arrêt tenant chacune une longue ligne à la main qui file sous notre coque nous obligeant à mettre le moteur au point mort et à ramasser en catastrophe notre traîne avec son leurre.

Faisant un tour sur nous même, nous arrivons à éviter que notre hélice soit bloquée, remettre en route pour prendre la passe, en compagnie d'une autre grosse barque à moteur qui traîne à distance, un petit sous marin jaune rutilant. Elle nous gêne et nous pousse presque sur la bouée rouge.

 Mais l'espace est grand. L’île principale de BORA BORA est face à nous. VAITAPE son centre encombré de barques, navettes.

Un paquebot est mouillé devant le petit bassin servant de port. Nous évitons animation et venons mouiller sur tribord entre un motu et la barrière.

Mouillage BORA BORA : LAT 16° 30'821 S.  LONG 151° 46'299 W.

 

Cherchons un moyen d’atteindre la ville sans déplacer le bateau car les fonds sont profonds alentour. A proximité de notre mouillage se trouve un hôtel de Luxe. Suite de bungalows sur pilotis, le long d’un bord de mer peu profond, semé de coraux, aux couleurs variés sur fond de sable.

Nous débarquons discrètement et tâchons de trouver la réception pour tenter notre chance de bénéficier de leur navette. Nous suivons une allée qui sinue au milieu de cocotiers et gazon, entretenue par une main d’œuvre vigilante.

 Des cascades artificielles dont l’eau douce rare ici est recyclée par des pompes ne troublant pas de gros poissons rouges nageant dans les bassins semés de nénuphars. Des voitures électriques, décapotables, font le va et vient pour éviter aux clients de marcher sous le soleil.

Nous aurons la chance de pouvoir nous immiscer parmi les clients Japonais et Américains et de profiter d’une navette rapide pour aller à terre au village de VAITAPE.

Jour de fête. La poste est fermée, nous empêchant d’accéder à Internet à des prix raisonnables ; sommes obligés de nous rabattre sur un cyber tenu par un salon de thé bar, de dernière catégorie.

Le café à 3 Euros - Le jus de pamplemousse 6 Euros, l’heure Internet 20 Euros, sur de vieilles machines aux touches pas toujours en état. Autour du petit port de BORA-BORA, l'animation touristique venant des paquebots et autres navettes est très agitée et bruyante en ce mois de Juillet, nous nous empressons de fuir.

SAMEDI 1 JUILLET 2006

 BORA BORA vers MAUPITI 27 milles vent Nord Est 10 noeuds

Prochaine étape : l’ile de MAUPITI  dont la réputation de la passe est jugée par les guides et les capitaines de goélettes comme très dangereuse. Peu de voiliers osent s’y présenter.

 Il faut réunir les conditions les plus favorables : houle et vent de préférence venant du Nord-Est ou Est, de force 2 à 3 nœuds et se présenter vers 7 h du matin, car dit on le courant toujours sortant de la passe de MAUPITI est le moins fort.

Lever du jour habituel sur notre mouillage de BORA BORA Nuages noirs  sur le sommet de l’île (700 mètres) avec menace de pluie, rafales de vent subites. Nous sommes ballottés par les vagues d’étrave des navettes chargées de touristes.         

           On observe chaque jour, selon le guide,la vague d’entrée sur la cassure de la barrière à l’entrée de la passe et l'on constate que l’énorme rouleau impressionnant qui enthousiasmait les deux surfeurs experts lors de notre arrivée, n’existe plus entre les balises d’entrée.

 Le sens du vent a changé, le corail est même à découvert. C’est une des conditions d’accès à l’île de MAUPITI.

Une demi-heure après nous filons vers MAUPITI, île montagneuse enfermée dans un lagon cerné par des îlots de sable semés de cocotiers dont l’accès, par l’unique passe au Sud effraie tous les voiliers.

La passe la plus dangereuse, la plus étroite, la plus ceci, la plus cela. Tellement redoutable que beaucoup l’évite et se prive de cette belle escale.

 Le vent Nord.Est. nous permet de mettre les voiles en ciseaux, d’avancer vite. 27 milles à courir.

 Nous devrions arriver vers 14 heures. L’arrivée approche, nous courons vers la ligne des brisants derrière laquelle s’abrite une suite longue de sable plantés de cocotiers, et en direction de la passe sans pouvoir deviner où se trouve cette cassure de 80 mètres de large.

L’entrée est souvent défendue par un mascaret violent, nous dira t on plus tard, formant des successions de vagues rendant l’accès dangereux accompagné parfois d’un courant sortant de 12 nœuds. Des amis sont restés bloqués là 17 jours avant de pouvoir en ressortir.

 

Angoisse de l’approche

MAUPITI : La passe (plein écran : cliquer gauche)

            A la V.H.F. selon les conseils des uns et des autres, nous appelons sans cesse un certain Richard, personne ne nous répond, sommes livrés à nous même, sans conseil, sans possibilité de connaître l’état du passage, sans savoir si l’entrée nous est possible. Nous continuons notre avance. Je ferle la grande voile et lâche le tangon, libérant le génois pour son passage sur l’autre bord.

Marie-Ange aperçoit au loin les deux premières bouées verte et rouge de l’entrée. Le déferlement mugissant sur la ceinture de corail fait une ligne continue et des bouillonnements se dessinent devant nous, signe d’un courant de sortie.

Puis subitement l’ouverture est là, cela déferle fortement de chaque côté, avec l’impression que le passage est trop étroit.

 Il faut s’obliger à virer à 90° et se lancer. Pas de barre aujourd’hui ni de mascaret.

Nous appuyons avec le moteur, l’entrée s'efface correctement, malgré le courant contre et de nombreuses turbulences.

 Marie-Ange tient ferme la barre pour ramener sans cesse le bateau dans l’axe ; je suis à l’avant pour signaler un obstacle éventuel.

A droite et à gauche quelques personnes, sur le corail découvert, gueulent sans que nous puissions les comprendre. 3,5 nœuds de courant contre.

 SAIL ROVER progresse hardiment laissant les bouées rouges à bâbord. Le chenal est bien balisé, tout semble de plus en plus facile maintenant.

Nous admirons la vue qui s’offre à nous. Motus boisés à gauche et à droite, au fond l’île principale : massive s’élève depuis la mer abrupte avec les maisons du village s’étalant à ses pieds. Le quai des goélettes à l’extrémité gauche, le temple à droite.

 

Le lagon est une palette changeante de couleurs passant du bleu foncé au plus clair, du vert émeraude au vert jaune et carrément jaune sur fond de sable.

  Nous mouillons par 1,50 mètre d’eau

    LAT : 16° 26'810 S. LONG : 152° 14'529 W.

Le calme absolu, plus de houle, plus de mouvements, plus rien. Juste deux bateaux à l’ancre loin de nous.

 

  Nos promenades pédestres autour ou à travers l’île nous posent toujours la même interrogation en levant la tête vers les sommets périlleux d’accès. Comment ce cocotier isolé est il arrivé à prendre racines là haut. La réponse nous est donnée, par les amis Georges et Claude, au cours d’un déjeuner. Lors d’une naissance dans une famille, l’événement est marqué par la plantation d’un cocotier. Pour certains, dans leur jardin, pour d’autres dans un endroit remarquable tel une crête, même difficile d’accès. 

FETES ANNUELLES : 18 juillet 2006

 Nous avons attendu le 18 et 19Juillet le «H IVA» annuel : fête marquée par des danses traditionnelles avec orchestre et costumes, chaque année renouvelée. 1100 habitants : trois groupes de danseurs de 50 à 60 personnes chaque.

 Toute la population y participe, les groupes se forment par territorialité. Les habitants de l’est , de l’ouest et ceux du bourg principal. Rivalités stimulantes entre eux et secret du costume et du thème.

 Le concours dure une semaine : Les boules, le foot ball, le basket, la pêche. Le clou étant les danses et les chants. Un jury pour attribuer un classement par groupe, par danseurs et danseuses, individuels et par couple.

A dix neuf heures, nuit noire autour de la pelouse du terrain de foot ball, illuminé par des projecteurs. La fête commence. Nous sommes assis sur des fauteuils en  plastique distribués en nombre suffisant autour de la pelouse.

 Les spectacles sont gratuits. L’enthousiasme bat son plein autour de nous. Les femmes surtout : mères, grand mères, sœurs et parents encouragent de la voix les leurs. La bonne humeur règne sous l’effet de la fête et de la bière.

Le spectacle est une féerie de couleurs, de gestes.

Les derrières emplumés des danseuses déchaînent des hurlements de délire et de rires sous les mouvements rapides des cuisses et des hanches, au rythme endiablé des percussions. C’est le Tamouré.

Les têtes couronnées par des coiffures végétales tressées que surmontent au bout de longues tiges des petits plumeaux qui oscillent avec les mouvements.

Très très beau spectacle de qualité et de bonne humeur. La population de l’île entière doit être là endimanchée.

Les mamas la tête ceinte de couronnes de fleurs et de feuilles regardent souriantes et heureuses le déroulement du spectacle, couvant des yeux leur progéniture sur scène.

 

 départ

Il faut bien partir un jour, d’autant plus que notre délai réglementaire de séjour en Polynésie est dépassé depuis 30 jours. La météo est favorable pour après demain ; tant pour les vents, la houle, et pour franchir la passe ici à MAUPITI et celle de MAUPIHAA notre prochaine étape.

  L’équipage du petit cargo ravitailleur et administratif desservant Maupiti, Maupihaa et Scilly est associé à une grève. Le ravitaillement de ces îles et le ramassage scolaire pour la rentrée du 15 Août ne sont plus assurés. Nous chargeons alors à notre bord quatre cartons, une bouteille de gaz et dix pains pour la famille TAPUTU Calami Sophie et leurs deux petits enfants à MAUPIHAA

VENDREDI 28 JUILLET 2006

MAUPITI  vers  MAUPIHAA – 100 milles – vent sud-est 15 noeuds

 Dernier déjeuner à terre chez les amis accueillants : Georges et Claude créateurs d’artisanat raffiné.  

A quinze heures l’ancre est levée, nous filons au moteur par le chenal entre les bouées.

Admirons entre les deux derniers motus (îlots)  encadrant la porte de sortie, la beauté du paysage, les cocotiers, les plages, la couleur des eaux sur fond de sable.

 Une ondulation régulière de plus en plus marquée se fait sentir. La passe est houleuse. Je suis à l’avant, le bateau dont les capots sont fermés avec soin, a des mouvements de bascule et la proue plonge profondément.

 J’ai de l’eau par moment au dessus des genoux, ces masses nous freinent, le courant sortant est de 1 nœud aujourd’hui. Le génois déroulé aide à nous extraire de ce passage difficile.

Le vent est  faible, nos calculs repoussent l’heure d’arrivée en fin d’après midi le lendemain. alors que la meilleure heure, pour le courant le plus faible de la passe prochaine est entre six et huit heures le matin. Peu à peu le vent force. Voulant prendre des ris, je ne peux plus hisser la grande vole, j’y mets toute ma force et mon énergie.

 Le winch au pied du mât tourne dans le vide, la voile fait une poche monstrueuse qui claque au vent. Nuit noire. Impossible de voir ce qui se passe au dessus de la deuxième barre de flèche. Au jour nous pourrons voir que la drisse de la grand voile est bloquée par une des marches du mât  Notre vitesse est acceptable. Nous sommes distancés par « Leve-rames » et « Stephilann » en compagnie de qui nous partons et avec qui nous sommes reliés par des vacations radio à des heures définies.

Cette nuit-là, une forte houle de travers  déhanche SAIL ROVER désagréablement mais notre vitesse augmente avec le vent.  A 8 heures Stephilann et Lève-rames sont en vue de la passe, nous sommes à moins de 15 milles derrière.

 

ATTERRISSAGE  A  MAUPIHAA

La passe (plein écran : cliquer gauche)

La passe au Nord Ouest, eaux plus calmes car abritées.    

Marie-Ange aperçoit les deux bois verticaux, la tête ornée de blanc, marquant l’entrée de la passe,les deux bouées verte et rouge ont été arrachées par le dernier cyclone en 1997.

Un platier découvert et rugueux de chaque coté interrompt la barrière, 30 à 40 m de large, 7 mètres de fond, un semblant de glacis à la surface, des bouillonnements et tourbillons dans le courant sortant évalué à 4.5 noeuds. 100 mètres à forcer au moteur.

Tout est clair devant et sur les côtés. Au-delà le lagon paisible nous attend. Pas le temps de réfléchir nous sommes lancés, moteur à 2000 tours, nous défions le courant.

 Notre vitesse tombe de 5 à 1,5 et 1 nœud. Je guette à l’avant un peu crispé ; c’est perceptible et rassurant. Nous avançons doucement mais très sûrement essayant de gagner les bords pour éviter le milieu, là où le courant est le plus fort.

  passe de MAUPIHAA    LATITUDE :   16° 46’ 92 S.    LONGITUDE :  153° 58' 667 W

Très vite notre vitesse augmente, nous dégageons dés que nous pouvons sur la droite, gagner une zone de calme. Les quelques maisons étant autrefois proches de l’entrée maintenant se sont réinstallées au Sud à 4 milles.

Samedi 27 JUILLET 2006

4 familles habitent sur l’île : 12 personnes au total avec les enfants.

Une plage de sable blanc de 16 kilomètres de long fait le tour de l’île devant laquelle nous jetons l’ancre.

Juste devant les maisons de : JOHN, CALAMI et SOPHIE et INHA. Devant la plage, avant le champ de patates par 7 mètres de fond.

Des eaux transparentes et une vision continue de cocotiers. Cinq voiliers en tout, cinq autres viendront les deux jours prochains se joindre à nous, sur la route vers l’Ouest : les uns pour la Nouvelle Calédonie, ceux de langue Française, les autres pour la Nouvelle Zélande de langue Anglaise.

Mouillage à MAUPIHAA   LAT 16°49’719S - Long 153°  55’ 749 W.

    Une sieste réparatrice. En fin d’après midi : CALAMI, le chef de famille pour lequel nous transportions les colis, vient en barque nous saluer à notre bord et récupérer ce qu’il attend avec impatience.

Polynésien chaleureux, bâti comme un taureau, buste large et musclé, une force de la nature. Il habite toute l’année sur l’île, avec sa femme SOPHIE et les deux enfants, 10 et 5 ans.

 Habitation sommaire de bois et surtout de tôles. Le sol est le sable, un appentis sert de cuisine, d’autres d’atelier ou de rangement. L’eau de pluie est récupérée par des citernes reliées au toit par des gouttières.

Le sens poussé de la fête et la reconnaissance du service rendu font que notre nouvel ami organise une fête pour le lendemain soir. Partant lui-même de nuit pour approvisionner la table de réception. Et part à la chasse des langoustes.

La langouste se pêche la nuit, en bordure du récif, côté lagon. Elles remontent la nuit du tombant pour venir se nourrir sur le platier. De l’eau jusqu’aux épaules, marchant sur le corail remorquant un demi tonneau, transportant une batterie reliée à un projecteur qui éclaire les fonds.

Chasse aux crabes des cocotiers

L’après midi du lendemain une chasse aux crabes de cocotier est organisée entre nous. Le choix d’un « motu » éloigné, couvert de cocotiers enfermés par une jungle d’arbres denses et de buissons.

On s’infiltre coupe coupe à la main afin de pénétrer le mur végétal, fouillant du regard et avec l’aide d’un bâton le moindre indice de la présence de ce crustacé terrestre de couleur bleu marbré.

Ce crabe peut être énorme et peser jusqu’à trois et quatre kilos, munis de pinces puissantes qu’il brandit tel les bras de guignol, devant et au dessus de lui prêt à broyer l’attaquant.

Ils se terrent dans un refuge au départ naturel, qu’ils aménagent sommairement laissant à l’entrée un amas de bourre de noix de coco significatif, dont il se nourrit de la chair. Pas facile de récupérer l’animal.

Notre chasse aux crabes a été suivie par la récolte des œufs de sternes sur un petit « motu » près de la passe. Notre débarquement est accueilli par les piaillements et le survol bas au dessus de nos têtes par les oiseaux apeurés et furieux abandonnant sur le sol leur œuf, à peine abrité par une touffe de verdure.

La cueillette est facile mais honteuse. Il faut tout jeter le premier jour, les œufs couvés étant immangeables, faire place nette sur une surface délimitée et revenir le lendemain. Les femelles auront remplacé l’unique objet de leur couvée par un œuf frais du jour.

 

JEUDI 3 AOUT 2006     : DEPART

Après des adieux affectueux avec la famille de CALIMI, nous quittons la place pour aller mouiller devant l’ancien village au nord du lagon non loin de la sortie.

Partira , partira pas. Une affaire de météo. Du vent ou pas à venir.

Dernière promenade matinale à terre, le long de la plage, à regarder sur le rivage, sous les eaux claires les traces du cyclone de 1997.

Une famille entière a disparu emportée par les flots. Seule une grand-mère attachée à un tronc de cocotier a été sauvée, ayant été témoin du fauchage des siens : hommes, enfants, mère avec son bébé dans les  bras et tous attachés aux cocotiers qui sous la poussée des vagues ont été déracinés et emportés. Maisons, terre, arbres.

Table rase, laissant à nue la dalle de corail. Les cadres de béton, des plaques, un quai entier déplacé.

Lève-rames déjà sorti du lagon, par radio nous informe que les conditions ne sont pas si mauvaises, le vent est correct.

Nous décidons de partir. La passe est encombrée : trois voiliers mouillés au sud de l’île viennent de sortir, trois autres se présentent pour rentrer. Nous nous croisons dans le courant de sortie. Nous, dans le bon sens, avec 5 nœuds de vitesse en plus, les autres remontant difficilement ce torrent. 

MAUPIHAA vers l'atoll de SUVAROV  aux iles Cook - 560 MILLES           

 

RETOUR Pacifique : SOMMAIRE