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WALLIS vers les FIJI 301 Milles vent Sud-Sud-est 15/20 Nœuds

 

 

En vue des FIJI – île TAVEUNI   atterrissage refusé -vent contraire

Vraiment trop fatigués, trop désappointés pour raconter ces dernières 24 heures. Une envie de dormir terrible tous les deux ; troisième nuit qui commence sans sommeil.

Assez de se faire baratter, malmener, d’entendre taper la mer sur la coque, de subir l’assaut des vagues ; de se faire tremper alors que l’on était sec une minute plus tôt : une vague qui monte plus haut et vient exploser jusque dans le cockpit.

 Marie-Ange, malgré un mal de mer persistant, le roulis et les à-coups, a préparé un plan de replis. Nous fuyons vers le Nord au milieu de champs de coraux et allons virer laborieusement la pointe de l’île VANUA LEVU des FIJI dont par chance le phare fonctionne, pour la longer vers l’Ouest à 5 milles de la ceinture de corail qui la borde.

Le vent d'ouest n’a pas cessé de monter, de rugir, de tout secouer : 35 à 40 nœuds soulevant une mer forte. Nous n’avons maintenant que nos voiles pour avancer. La nuit est noire, sans étoile, le ciel est couvert de nuages, nous fonçons dans une nuit totale, voiles réduites mais tellement gonflées qu’elles nous donnent l’impression d’être prêtes à se déchirer.

Nous faisons par force confiance à la carte électronique qui ici est juste et, à notre régulateur. Les feux en tête de mât sont allumés, nous sommes dans le cockpit transis par la pluie et les vagues qui nous ont mouillées ; mais aussi tellement épuisés.

Allongés sur les bancs, à demi endormis, on laisse le bateau aller. Juste une ou deux émergences de notre part pour une correction urgente du cap, qui nous menait droit sur le corail, et nous retombons dans une léthargie réparatrice.

 Au nord de l’île nous sommes à l’abri de la forte houle croisée, le bateau est plus stable, dans la tempête on retrouve une sorte d’apaisement. Les idées noires s’effacent comme l’angoisse de devoir aller sur le pont la nuit, en plein tourment, d’affronter la violence du vent, les mouvements imprévisibles, subis et désarçonnants du bateau.

Que faire si l’on est projeté par-dessus bord ? Sans moteur pour virer ou tenter une manœuvre, pour descendre le reste de voile encore dehors. Le bateau s’éloignerait vite, les creux sont tels, la mer et la nuit si noires. Comment voir une tête, entendre un appel ?

L’impression de désespoir de ne pouvoir rien faire et de s’éloigner chaque seconde plus vite, de se perdre doit être atroce. Nous portons un cyallume accroché autour du cou afin de pouvoir nous signaler si l’on tombait à l’eau, ou peut être simplement de prolonger l’agonie.

Pourtant tout allait bien, nous avons quitté l’île de WALLIS le lundi 18 septembre 2006, en compagnie de STEPHILANN.  Dans la journée le vent monte, nous commençons à cavaler malgré des voiles très réduites. Toute la nuit des gros nuages noirs énormes, passent sur nos têtes apportant vent et pluie. Au jour le lendemain le temps n’a guère changé à l’exception des masses nuageuses qui ne sont plus rondes mais allongées. Le vent toujours aussi fort, la vitesse rapide, consolation de se dire que demain matin nous serons arrivés à notre premier mouillage des FIJI. Abri et repos.

Mercredi 20 dés 6 heures, le vent si fort, tombe progressivement puis, nous fait défaut, il faut finir au moteur les derniers 15 milles. Surprenant, le vent a tourné par l’ouest et l’avons de face. La halte prévue n’est plus à retenir, elle serait inconfortable.  Un autre mouillage, une autre passe est choisie un peu plus loin.

Eruption volcanique et moteur calé

 

 Une éruption volcanique sous marine a eu lieu il y a deux mois dans le Sud. Et nos bateaux sont ralentis par le vent contraire et freiné par d’immenses traînées et nappes jaunâtres dérivantes de poussières, miettes, boules et masses grosses comme le poing de pierres ponces.

 Frottement le long de la coque, sauts en l’air, soulevés par les vagues et les plongeons de la proue dans les creux. Le pont en est couvert, elles roulent de l’avant à l’arrière.

Le temps est mauvais, ciel bas et couvert jusqu’à l’horizon, pluie incessante, visibilité courte, une impression de naviguer dans le brouillard, le vent a repris avec violence contre nous, creux de 4 mètres.

Toujours au moteur, nous approchons la passe sans rien voir. Par V.H.F. nous nous partageons l’observation. STEPHILANN surveille l’apparition d’un îlot à tribord, nous sur la gauche celui du corail. L’un et l’autre ne seront vus ; l’information est transmise mais point de passe qui doit être étroite. André propose d’essayer de trouver une deuxième non loin plus ouverte.

Dans la grisaille et la pluie nous nous y dirigeons. Le havre, le calme, le repos sont là à un mille, dans une heure nous serons à l’ancre, à l’abri, la tourmente terminée. Dormir, dormir, dormir.

Mauvaise fortune, déception, l’alarme de notre moteur vient de se déclencher. Le voyant de température s’est allumé, le moteur n’est plus refroidi et va s’arrêter, nous le coupons et partons en fuite sous voiles. Perdant vite de vue STEPHILANN, lui apprenant notre malchance et l’impossibilité d’entrer dans le lagon, vent contre nous.

Nous partons à la voile en fuite vers le Nord à travers les tapis de scories et parmi les bancs de coraux que nous ne voyons pas. Marie-Ange établit à l’ordinateur un plan de sauvetage, une nouvelle route, rejoindre au Nord le large, et continuer vers l’Ouest, longeant VANUA LEVU espérant être protégés du vent de Sud Ouest qui s’est mis à souffler jusqu’à 45 noeuds.

Pendant ce temps, je plonge le nez dans le moteur. Ouvrir la pompe à eau de mer. La turbine est impeccable. Le filtre non bouché. Souffler dans l’aspiration et les conduites. Remonter. Rien de mieux. Epuisé par ces 60 heures sans sommeil, nos épreuves, le mauvais temps,  j’arrête les investigations pour l’instant.

 

- 1 : ile MALI

- 2 : ULUI DAWANI

- 3 : baie NAURORE

- 4 : ile AYUDA

- 5 : VATU BULI

-6 : LAUTOKA-port entrée

-7 : Marina VUDA POINT

-8 : sortie par la passe NAMOTU

 

 

 

MERCREDI  18 SEPTEMBRE 2006 

FIJI : Vers MALI ISLAND

Après cette nuit agitée, nous en sortons d’une certaine façon un peu reposés nous étant abandonnés au sommeil.

Au petit matin le vent s’est calmé nous naviguons sous voiles vers la passe de MALI qui semble large sur la carte et facile à passer sans moteur. Déception au milieu de la matinée le vent faiblit et tombe, nous n’avançons plus.

Entre temps, je me suis replongé sur notre problème d’aspiration d’eau de mer. Remontant, soufflant, imprégnant de graisse silicone le joint du filtre et centrant bien son couvercle pour obtenir une étanchéité parfaite.

 L’aspiration est relativement bonne, pas parfaite encore mais le refroidissement honorable. Nous mettons donc en route le moteur afin de poursuivre notre avancée, nous avons hâte de trouver le mouillage retenu pour nous reposer vraiment, devant un petit village de pêcheurs :

  MOUILLAGE : 16°21’14 sud-179°19’80 est

STEPILANN nous apprend par BLU qu’il a les mêmes problèmes que nous. Son filtre eau de mer est plein de pierres ponces aspirées par la pompe. Ils arriveront tout de même à rejoindre SAVU SAVU à la voile en faisant usage seulement à l’arrivée du moteur.

VENDREDI 15 SEPTEMBRE 2006  vers ULUI DAWANI  26 milles

Par beau temps mais vent fort nous partons sous voiles au milieu des bancs de coraux à peine apparents et des plaques coralliennes sous marines et îlots le long de la côte nord de VUANU LEVU.

Beau parcours sans houle, zigzagant entre des marques qui sont des poteaux de bois verticaux émergeants de l’eau.

 Marie-Ange arrive à les détecter et les voir à l’avance, ce dont je suis incapable, je ne les aperçois qu’une fois le nez dessus.

Le relief à terre est torturé, des pitons et des collines à tête noires, rochers de lave, les flancs brûlés et pelés.

 

Notre mouillage est dans un paysage magnifique : grande cocoteraie le long du littoral cernée par des collines qui descendent jusqu’à la mer.

L’une d’elle a une petite plage de sable à ses pieds avec des grottes immenses ou sortes de lava tubes, elle est coiffée sur son sommet par un petit pic noir sur lequel est resté en suspension et en équilibre deux blocs énormes de lave comme deux bilboquets côte à côte. 

LAT .16° 29’ 512 S. et LONG .178° 54’ 172 E.

Le mouillage est réputé être bon même par vent très fort. Notre ancre est sur fond de corail et la chaîne rague à chaque rafale ce qui nous gênera toute la nuit avec la peur de ne pouvoir décrocher le lendemain, ce qui finalement ne sera pas le cas. (effet de venturi forcissant jusqu’à 35 nds)

ULUI NAWANI  vers BAIE NAURORE        21 milles.

La chaîne retenue sans gravité en deux endroits vient après quelques sollicitations renouvelées et l’ancre a été relevée sans mal.

Nous nous éloignons au moteur pour rejoindre des eaux plus profondes et retrouver le chenal. La mer est glauque depuis plusieurs jours, impossible de voir le fond, juste une couleur plus jaune nous révèle les platiers, souvent énormes qui n’affleurent pas à marée haute, à l’instant.

Les piquets de balisage sont là en majorité mais ce matin il y a quelques manquants. Trompés par leur absence nous réalisons que nous sommes dans 1,10 mètre d’eau, un arbre mort échoué devant nous, nous révèle la réalité de la situation. Par chance nous sommes dériveur et aussi à marée haute avec un mètre de marnage ce matin.

Un petit détour et reprenons le droit chemin avec un petit vent très agréable jusqu’à notre mouillage devant un village à distance.

Mouillage BAIE NAURORE  LAT :16° 39’ 360 S. et  LONG :178° 35’ 780 E.

 

De BAIE NAURORE vers ILE AYUDA  28 milles

Nuit vraiment calme, le vent est tombé complètement. Nous avons relevé l’ancre dés 7 heures. Le vent d’abord faible s’est levé soufflant toujours du S.E.  peu à peu se renforçant. Nous avons prévu une arrivée à 13 heures et gagnons une heure sur le parcours.

L’île AYUDA est en vue, grossit de plus en plus vite. Après avoir contourné la pointe Nord Ouest entrons dans la baie NAURORE, vent dans le nez, fort. Nous allons jusqu’au fond au moteur et mouillons juste avant un petit platier qui borde le rivage.

A l’abri mais toujours beaucoup de vent par effet venturi sans doute, le bateau est déporté, la chaîne craque, une patate doit nous gêner et provoque par moments quelques à coups brutaux.

13 heures une voile à l’ouverture de la baie. C’est un catamaran connu de nous déjà aux GAMBIER et à TAHITI. Nous avions pris l’habitude d’être seuls dans les mouillages ; c’est un plaisir de retrouver  HINANO.

Bernard, Emmanuelle et leur dernier fils Malo. Un capuccino délicieux dégusté à leur bord  pour les retrouvailles. Histoires de mer, histoires de voiles, échange de nouvelles qui se termineront par quelques informations  informatiques donnés par Marie-Ange qui reviendra à bord avec un pain rond chaud que vient de  nous offrir Emmanuelle. 

DIMANCHE 24 SEPTEMBRE 2006 

Journée de farniente que nous prolongeons jusqu’à lundi , remettant à demain un trajet de 48 Milles avec une partie délicate où le vent pourrait être de face. HINANO est parti à six heures vers l’Ouest pour le groupe des îles  YASAWA, nous saluant en nous donnant un concombre frais, aubaine des aubaines.

Matinée passée à vérifier les niveaux : huile, eau du moteur et vérification du sail drive, à vider les fonds d’eau produit par le col de cygne, veiller au bon niveau des batteries, une tentative pour déplacer le bateau en relevant la chaîne pour la lâcher plus à tribord, cherchant à éviter la patate perturbatrice.

Toujours ce vent qui souffle inlassablement, qui malmène notre coque à bâbord et à tribord. Bruit incessant de sifflement alors que nous sommes très protégés. Un effet de venturi, toujours, du vent en passant sur l’île. Dans la nuit il s’épuise et finit par s’éteindre.

Mouillage ILE AYUDA   LAT : 16° 43'093 S.  et   LONG : 178° 16'965 E

Dans le milieu de l’après midi, une barque de pêche vient tourner autour de nous et finalement nous saluer. Un homme debout, parle en Anglais, les cinq autres tournent la tête et font semblant de m’ignorer. L’homme s’est présenté : c’est Peter le chef du village de l’île (150  habitants), il représente son gouvernement.

Notre escale est illicite puisque nous n’avons pas encore fait d’entrée. Je crois comprendre qu’il aime les Français et son rugby, il me parle de la coupe du monde en 2007. Il ferme les yeux sur notre arrêt mais il faut partir demain sans faute.

MARDI  26 SEPTEMBRE 2006

De AYUDA vers VATU BULI  46 milles  Par la passe MANAVA

Départ 6 heures du mouillage pour profiter du vent pas encore vraiment levé, nous avons 3 à 4 milles à faire vent de face, il est préférable qu’il soit faible durant ce temps.

Nous allons rejoindre l’Île VATU LEVU. Une suite de rochers affleurants à éviter, un grand platier en mer. Le vent est à nouveau musclé, il faut réduire la grande voile ainsi que le génois. Nous filons par vent de travers à 7 et 8 nœuds . Très bien pour nous, nous arriverons de meilleure heure.

La passe MANAVA est devant nous large, l’entrée prolongée à bâbord par deux platiers qu’il faut contourner. Un autre énorme sur tribord qui est presque à découvert, la marée étant au plus bas.

 Enorme plateau jaune sans écueil qui découvre à perte de vue. La côte est juste devant nous. Une balise à bâbord au bout d’une bande de corail qui signale l’entrée de notre baie, bordée de collines verdoyantes, le spectacle est agréable.    Nous sommes heureux d’y jeter l’ancre.  

 MOUILLAGE   LAT :17° 23’ 680 S. et LONG : 177° 47’ 730 E.

Panorama de collines, dégradés de verts plus sombre sur le littoral bordé de mangrove, se délavant vers les sommets. Une barque rouge à l’entrée posée sur le corail. Calme d’un abri découvert en passant. Les chants d’oiseaux viennent jusqu’à nous. Nous sommes seuls et apprécions.

La nuit est tombée, les nuages balayés, les étoiles sont apparues. Curieusement le vent se met à souffler par rafales puis stoppe , après un répit reprend jusqu’à souffler avec violence faisant décrire au bateau des arcs de cercle sur bâbord et sur tribord, si fort que quelques fois il nous inquiète.

Au fond de la baie une lueur jaune apparaît puis s’élargit gagne du terrain, des flammes s’élèvent attiser par le vent et progressent sur le terrain. Bientôt toute une colline est embrasée. Ces nuits dernières nous avions remarqué de tels spectacles, c’est l’époque de préparation des cultures sur brûlis, les grands feux de brousse.

JEUDI 28 SEPTEMBRE 2006

VATU BULI vers LAUTOKA 25 milles

Nous quittons le mouillage de bonne heure le matin par marée haute, les platiers qui bordent largement l’entrée ne sont plus visibles, nous passons au centre afin d’éviter toutes surprises et retrouvons le chenal sous voiles.

 Le vent a l’air de mourir au fur et à mesure que nous avançons pour tomber totalement. Moteur durant quatre heures jusqu’au port : notre mouillage à LAUTOKA.

 

MOUILLAGE PORT DE LANTOKA LAT : 17°36'081 S LONG : 177°26‘ 06 E.

Mouillage entre une mangrove et le quai des cargos afin d’aller faire nos formalités d’entrée dans le pays.  

Descente à terre guidé par les autres annexes, par un escalier nous sommes directement dans le port. Celui-ci est en chantier, réfection des chaussées. Compresseur sur camion qui fait un bruit pénible, une poussière dans l’air soulevée par les camions portant des containers.

Immigration et douane sont dans le même bâtiment : longue suite de bureaux disparates en bois dans un local aveugle, sous éclairage au néon. Un vieux fauteuil à roulettes, des chaises en bois, autres siéges  de bureaux démodés.

Assis tant bien que mal, sans véritable place pour écrire ; on nous glisse une suite de feuilles à remplir, les unes derrière les autres. Pratiquement les mêmes questions remplis à six reprises.

Transférés au début de la galerie parmi des tas de dossiers empilés à même le sol et sur deux tables poussiéreuses, on attend la santé.   

L’homme représentant celle-ci viendra au bout d’une demie heure, l’air pressé. Une septième feuille, perception de 48 dollars fidjiens ou 24 dollars us. Nous n’avons que 23 us dollars sur nous qui sont acceptés avec un empressement qui nous étonne. Nous nous croyons libérés et saluons à la ronde tout en partant.

 Rattrapés avant d’avoir franchi la sortie, on nous enferme derrière des vitres dans un couloir vitré : l’Agriculture. Deux siéges disparates nous sont avancés dans le passage et près d’un bureau encombré derrière lequel sifflote un joyeux dodu.  Pourquoi cette attente ? Est elle voulue ?Après un quart d’heure à nous regarder à trois dans le blanc des yeux, l’homme se décide à nous présenter de nouvelles feuilles à remplir..

Pas de coquillages : nous sommes inquiets pour les colliers Polynésiens qui décorent le carré du bateau ainsi que pour le piranha empaillé sur l’étagère, mais pas de visite officielle.

Les conserves venant de je ne sais où sont bannies, pas de plantes, pas d’animaux, pas de fruits, pas de légumes. Le questionnaire est sévère mais le contrôle inexistant. On signe donc d’un air dégagé et innocent. Sortons après deux heures et demies d’attente, d’ennuis, d’efficacité ridicule. Mais tout cela avec de l’humour et sourires des préposés.

De retour au bateau nous sommes épuisés par ces démarches. Une houle désagréable s’est levée, l’usine de sucre crache une fumée noire, les oiseaux font un raffut aigu dans la mangrove avant de dormir ils se piaillent  les aventures de la journée et il y en a tellement à dire.

VENDREDI 29 SEPTEMBRE 06

De LAUTOKA à MARINA VUDA POINT   8 milles

Une très bonne nuit malgré les apparences. La houle s’étant calmée, à l’intérieur les bruits des deux cargos en cours de chargement sont assourdis, les moustiques arrêtés par une moustiquaire. Effroi le matin au réveil, le pont est couvert de dépôt brûlé de flammèches arrivées par les airs, il y en a partout qui se sont faufilées par les hublots ouverts, qui s’écrasent sous nos pas. Les deux cheminées alentour ont du cracher toute la nuit.

 

PORT DE LANTOKA

Cela nous décide à lever l’ancre le plus rapidement possible pour filer jusqu’à VUDA  MARINA, recommandée par des amis. L’ancre est par sept mètres de fond dans une eau glauque. La chaîne que je tire à la main résiste par endroits et finit par venir.

Les derniers dix mètres sont impossibles à lever à la force des bras et la bringuebale dont la pièce de base, en fonte d’aluminium, vient d’exploser sous l’effort. Par un relais de cordage nous tirons avec un de nos deux puissants winch arrières.

Nous gagnons du terrain, trente centimètres par trente centimètres, La chaîne verticale remonte doucement.

SAIL ROVER s’approche d’une façon inquiétante d’un voilier mouillé proche de nous, à tel point que je crois que nous remontons également son mouillage. Je finis les derniers huit mètres à la main, en m’arc que boutant de toutes mes forces.

 Finalement l’ancre émerge, sa pointe acérée piquée dans un bloc de corail d’une cinquantaine de kilos.

 C’était donc cela. Je termine en dégageant morceau par morceau à coups de hache pour faire tomber l’intrus.  

 SAMEDI 30 SEPTEMBRE 2006  vers VUDA MARINA   8 milles 

Mer comme un vrai lac. Nous longeons au moteur la côte jusqu’à un petit cap miniature, boisé, bordé par une plage de sable.

En arrière plan, derrière les arbres apparaissent les mâts des voiliers à l’intérieur de la Marina.  

Virage sur bâbord. Le balisage pour entrée dans VUDA MARINA est tout de suite là. Une série de barres verticales terminées par des pointes blanches. Un couloir ménagé dans le corail.

A terre juste à droite : le restaurant paillote, à l'architecture très typique.

 Un élargissement, puis l’entrée du bassin circulaire de 50 mètres de diamètre .

 Une bouée jaune, au milieu, anneau d’attente. Un employé, en barque à moteur, vient immédiatement nous placer.

vudamarina@connect.com.fj 

 LAT. 17° 40’ 830 S. et LONG. 177° 23'150 E 

Epicerie, Internet (3 euros/h), petit shipchandler, essence et gas oil, location de voitures, machines à laver. Les commodités principales sont là.

VUDA MARINA est équipée d’un travel lift qui peut lever jusqu’à 20 tonnes (8 euros par jour pour un 36 pieds dans le bassin).

 En raison des cyclones possibles la mise à terre des quillards est faite de la façon suivante : la quille est enterrée dans une tranchée garnie de pneus sur lesquels repose la coque.

L’endroit est parfait et très agréable. Juste à la sortie de la MARINA, à la jonction avec une route de terre est l’arrêt du bus pour LAUTOKA, à 7h30 le matin.

 Le long de cette route courent les rails du train de la canne à sucre. Des locomotives réduites tirent une suite de petites plates formes roulantes qui peuvent s’étirer sur cinq cents mètres desservant les champs sur des kilomètres.

Une route circulaire longe la côte semée de grands arbres et de verdure où broutent de nombreuses chèvres en compagnie de cochons nonchalants et libres qui ne se gênent pas pour traverser la route.

LAUTOKA est une ville de taille moyenne. Les rues tracées au cordeau. Petits immeubles d’un étage avec magasins en rez de chaussée. On y trouve pratiquement tout, le commerce est dominé par une population indienne dont seules les femmes portent le costume de leurs origines : Pantalons flûtes et surtout.

Attenant à la station des bus un grand marché couvert. Les fruits et légumes sont en abondance à des prix bas. Restaurants indiens un peu partout où l’on déjeune pour deux Euros.

LAUTOKA capitale du sucre doit sa prospérité à la canne, dont l’usine près du port de commerce crache par sa haute cheminée une fumée noire six mois par an.

Production également de sciure de bois de pin dont les montagnes s’entassent sur les quais en partance pour le JAPON afin d’être transformée en pâte à papier.

Avec STEPHILANN nous avons loué une voiture pour visiter une partie de l’île. André conduisant, respectant la conduite à gauche. Juste quelques rappels angoissés, de temps en temps de notre part : à gauche, à gauche, A GAUCHE !!!!!

Une belle visite du Parc des orchidées "Garden of sleeping Giant-WAILOKO ROAD" juste 4 miles au nord de l’aéroport de NADI.

    

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Splendeur des plantes en fleurs, promenade reposante au milieu d’arbres.

La ville de NADI plus moderne, plus touristique, plus animée.

Le parc des oiseaux. KULA ECOPARC- Belle collection de perroquets avec un parcours agréable.

Malheureusement nous étions sous la pluie, l’éclairage du soleil manquait. Il se trouve sur la route de SUVA après avoir passé SIGATOKA : OUTRIGGER RESORT.

Conduite pénible à la fin de la journée sous une pluie battante, avec des phares aveuglants de ceux d’en face.

Nous avons eu quelques difficultés à trouver deux chambres pour la nuit, finalement juste avant SUVA en bord de mer. Le lendemain, matinée de courses à SUVA qui fait office de grande ville et de capitale.

Retour vers la marina VUDA point, avec un arrêt pour déjeuner à MANGO CLUB, au bord d’une plage et de la mer..              

 MARDI 10 OCTOBRE 2006  : FORMALITES SORTIE LAUTOKA 

Nous partons à plusieurs équipages, par bus, depuis la marina VUDA, pour aller faire nos formalités de sortie au Port de LAUTOKA. Marie-Ange a continué seule jusqu’au centre ville pour aller œuvrer à Internet, tandis que je m’occupe des Papiers à la Douane et l’immigration.

Je pénètre dans les bureaux, derrière un Américain qui se fait refouler car son bateau n’est pas dans le port de LAUTOKA mais dans la MARINA Vuda , comme nous, à 12 kilomètres d’ici.

Je prends sa suite et stupidement aux questions du bureaucrate de l’immigration, je réponds naïvement, bêtement, la même chose : SAIL ROVER est à l’abri dans la Marina : stupide, stupide. Je me donne des bâtons pour me faire battre et m’entends dire « revenez avec le bateau ». De plus le règlement exige que l’on parte dans l’heure qui suit les formalités.

 J’essaye d’intercéder auprès du directeur qui fait semblant de m’aider sans efficacité. Un employé déjà vu me demande quel est mon problème, pour finalement me dire qu’il ne pouvait plus rien faire. Fou de rage contre moi-même, je ramasse papiers et passeports qui n’ont même pas été regardés et sors furieux de ce contre temps, sous l’œil goguenard des copains-bateaux...............

Marie-Ange que je savais  en ville, me dit aussitôt qu’elle va se présenter à son tour seule et tenter de réussir. Une heure après moi, arrivée en taxi, elle est accueillie par une préposée aimable et souriante. Elle lui affirme que le bateau est bien là dans la rade ; que je suis entrain de faire les dernières courses ; qu’elle est bien le capitaine !

Situation absurde, elle obtient le visa de sortie du bateau en une demi-heure et repart, problème réglé, me rejoindre en ville.

Le contrôle est inexistant, la parole suffit. L’amusant de la situation est que: nous sommes encore dans la Marina trois jours plus tard, n’étant pas partis et attendant le passage d’une dépression.

FIJI vers La Nouvelle Calédonie - 650 milles vent Sud-Est 25 noeuds

 

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