BRESIL  

 

BAHIA - FORTALEZA : 780 milles

 

                                                                              

 

                      

les Jangadas                              Morro Branco            les dunes                       

(cliquer gauche sur chaque photo)

 CABEDELO  - JACARE  -  FORTALEZA  MORRO BRANCO  -  LUIS CORREIA  -  ILE LENCOIS

 

DIMANCHE 27 JUILLET 2003

SALVADOR DO BAHIA vers CABEDELO : 450 milles


                                             des oeufs indisciplinés!!   

Bonne navigation toute la nuit. Beaucoup de manœuvres de voiles au début et recherche de la bonne position pour le régulateur d’allure notre fidèle équipier mécanique.
Un bon vent Est Sud Est nous permet de faire 6 nœuds, quelques fois 7 mais avec une houle de travers.

 Le bateau a un mouvement continuel d’oscillation de tribord à bâbord, produit par le passage de la houle.

 13 heures : l’estomac crie famine. MARIE-ANGE ne peut faire la cuisine pour cause de mal de mer. Je prépare donc quelque chose de très simple : purée et œufs sur le plat. Acrobatie du cuisinier :
Simple, très simple. je prépare quatre œufs et une poêle : un peu d’huile au fond, un coup de chauffe. Premier œuf cassé impeccablement atterrit au bon milieu, le jaune bien ferme, bien formé, belle couleur. Par chance, Les 4 sont réussis, bien placés, superbes. Bien.
La danse continue, mes jaunes se déplacent à une vitesse incroyable d’un bord à l’autre, grimpent à l’assaut des côtés comme s’ils voulaient sortir hors de la poêle, se télescopant en son centre, faisant une mare de jaune infirme cernée et mélangée au blanc qui commence à cuire.
Il faut expliquer que durant ce temps, je suis incliné à 45° vers l’avant, les pieds calés derrière moi, la main gauche ayant saisie une partie dure et stable du bateau pour me cramponner tandis que de la droite j’essaye de maintenir mes œufs dans la poêle tentant d’amortir les à coups et d’empêcher mon ustensile de se vider complètement.
Après avoir écrasé la purée avec une presse à main, ajouté un peu de lait, j’arrive à monter le tout sans trop de mal dans le cockpit.                                                                                                                                 Contrairement à mon habitude, je prends des assiettes plates. Malheureusement ma purée est trop liquide, j’essaye de remplacer les mouvements du cardan avec mes mains. Ca coule devant, derrière. Plus je rétablis d’un côté plus j’en sème de l’autre.
La prochaine fois ce sera une bonne purée en béton, bien compacte et collante. Un conseil si vous voulez avoir deux œufs par personne mettez en trois à cuire, il en restera toujours un peu.

Les jours se succèdent. Vent toujours Est Sud-Est.
Beau temps le matin, l’après-midi  nuages à grains qui à chaque passage au-dessus de nous augmentent le vent, souvent très brutalement, donnant des accélérations dangereuses pour les voiles. Les nuits sont plus sages tout en maintenant un bon souffle : une moyenne de 5 à 6 nœuds soutenue.

Vers 8 heures nous passons près d’un bateau de pêche, barcasse moyenne avec trois ou quatre hommes, ballottée par ces eaux houleuses.

 Ils nous tendent, le tenant par la queue, un gros poisson qu’ils veulent nous offrir.
Voiles en ciseaux nous passons vent arrière à pleine vitesse, impossible de prendre des risques, nous filons en remerciant avec de grands gestes à la brésilienne, poing fermé, pouce levé.

La journée de navigation sera superbe, vent arrière, 7 nœuds et plus, nous permettra d’être à 20 heures à l’ancre.

Bien à l’abri dans l’arrière port de CABEDELO  près de bateaux de pêche où nous passerons une très bonne nuit sur l’estuaire du RIO PARAIBA.

 

JEUDI 31 JUILLET 2003

CABEDELO

Ce matin après une très bonne nuit au calme, le réveil a été agréable, temps beau.

La vue n’est pas heurtée par une rangée de gratte-ciel ; une minuscule petite baie.   
La plage est à deux pas de nous, une espèce de vasière d’où sortent des carcasses de barques éventrées.

Des cabanes, des amas de planches, contre les murs desquelles s’appuient des rames, des bouts de mâts, des filets pendent, des caisses, des flotteurs artisanaux :  un vrai village de pêcheurs.

Le fleuve PARAIBA commence devant nous, un rio de rien du tout, un cours immense pour nous européens dont nos fleuves ressemblent à des ruisseaux. Le fleuve est large mais peu profond, trois mètres ou quatre parfois.

 Nous remontons l’ancre pour rejoindre JACARE à 4 milles à l’intérieur dans les terres. Nous devons y retrouver nos amis de CHINA MOON et y prendre livraison de notre deuxième ancre que le chantier, sur lequel PETER continue ses travaux, fabrique.

La mer baisse, nous avons un courant contre  de 2 nœuds, notre vitesse nous permet d’admirer les rives de chaque côté, sablonneuses, peu d’eau, plantées de mangrove.

 De temps en temps petites plages de sable blanc avec une maison au toit de palmes parmi des cocotiers ; un rappel des coins malgaches du côté de NOSY BE.

 

Pas de marina, juste des pontons au bord de l’eau pour recueillir les annexes lorsque l’on descend à terre.

Plusieurs voiliers de voyage sont là groupés, à l’ancre ou sur une bouée lorsqu’elles sont libres.

 Le calme, la grande verdure, des arbres, reposant.

Sur la berge, on peut voir 3 ou 4 auberges, les pieds dans l’eau sur pilotis, bois de mangrove, du charme, un plaisir de la vue.

Pas une habitation en vue, elles sont juste derrière le rideau d’arbres.

La ville est beaucoup plus loin. On y va par un petit train jaune qui suit la côte.
 

 

 


                                                               JACARE

Tout est parfait ici. Nous nous sentons bien à l’écart des grandes villes, à la campagne.
Des guinguettes sur pilotis sont installées, alignées à distance raisonnable les unes des autres et s’intégrant parfaitement dans le paysage. Grandes terrasses ouvertes sur l’eau et couvertes de toits en palmes rappelant notre case de NOSY BE.
Le coin s’appelle BOLERO DE RAVEL et tous les jours en fin de journée, vers 17 heures, avant que le soleil ne disparaisse dans l’eau, tous déclenchent presque en même temps l’émission du boléro, chaque version interprétée différemment à travers des hauts parleurs et à tue tête, cela fait une cacophonie drôle.

Les clients viennent de JOA DE PESSOA une ville située à dix kilomètres, c’est leur bain d’air pur, de bord de l’eau et de campagne.
L’endroit est si isolé que nous avons du mal à trouver un Email pour expédier nos lettres. A CABEDELO cela n’existe pas ni à PESSOA. Nous avons, non loin du ponton minuscule où nous débarquons, trouvé un point possible dans une villa privée mais hier cela ne marchait pas, pas moyen d’introduire la disquette que nous avions préparée avec notre courrier.

                                                Petit train et population de JACARE

Le petit train que nous avons pris à JACARE est à 2 kilomètres de notre rive. Après avoir cheminé, croisant des bicyclettes, des gens à cheval montant à cru sur des genres de petits mulets rapides et beaucoup de petites voitures sur deux pneus tirées par les mêmes animaux, nous arrivons en plein décor de western.


La gare est en rase campagne : une voie unique étroite, un quai pas fini, un guichet en béton. Les gens qui attendent sont venus de je ne sais où, un métissage d’indiens et de Portugais tassés, des enfants en masse, le tout peu habillé à cause de la température chaude et humide.
Naturellement, nous vêtus comme en été en Europe : pantalons longs clairs, chemise, on nous détaille du regard sans que nous puissions passer inaperçus. Près de nous un couple pas tout jeune s’est assis. Lui chapeau à grands bords sur la tête, joue de la guitare pour son plaisir et chante à tue tête sans que cela soit ni gênant ni audible tant le train brinquebale dans un bruit de ferraille qui s’entrechoque.

Nous nous rendons à CABEDELO pour faire nos papiers d’entrée. Chaque fois que l’on arrive dans un port nouveau il faut tout refaire, c’est le côté pénible du Brésil.
Aucun bureau ne se trouve au même endroit et ne sont ouverts aux même heures, nous avons été obligés de revenir deux jours de suite pour obtenir un papier de la Santé, de la Police Fédérale et enfin de la Capitainerie du port. Rien de nouveau en fait ils font des copies de copies, tout cela avec le sourire. 

La route mauvaise se termine dans un endroit désert avec vue splendide sur la mer.

Mais le haut de la plage est bordé de groupes de cabanes genre favelas, hélas entourées de poubelles, détritus, bois, déchets de toutes sortes d’où sortent des jeunes presque nus qui jouent au football sur le sable, se baignent avec force cris.

La bande de sable est large. Nous sommes à marée basse, une ceinture de corail sort de l’eau sur des kilomètres, abritant de la houle du large les mouillages des petits bateaux de pêche.
Retour par le train, envahi par la même foule du matin en maillots mouillés, à peine habillée, les femmes portant des espèces de robes courtes en filet laissant voir les minimum colorés qui les couvrent en dessous. Les gosses dépenaillés torses nus vagabondent sur le quai surveillés de loin par une mère affalée sur le macadam le dos appuyé contre un mur; beaucoup sont assis au bord du quai attendant jambes pendantes côté voie.

Mélange étonnant dans les familles, d'enfants colorés aux cheveux noirs gaufrés et de frères ou soeurs très clairs, cheveux blonds aux yeux bleus. Pas de transistors à la main, pour une fois pas de musique. Pas de sacs à main ni cabas, rien que des poches publicitaires en plastique pour porter l'essentiel. Pas de cris pas de pleurs que des rires ou des appels joyeux.

                                                            Dimanche 10 AOUT 2003

                                                                 le marché de CABEDELO très coloré

 Nous sommes au même mouillage, bien agréable et tranquille, dans l’attente d’une deuxième ancre et, d’un petit axe en inox à refaire servant au relevage de notre dérive arrière, l’ancien étant ovalisé. C’est toujours demain, demain et demain. Enfin nous espérons que ce sera cette semaine.

Nous allons avec le fameux petit train jusqu’à CABEDELO, le petit port à l’entrée de l’estuaire.

Jour de grand marché : légumes, fruits, tas d’ananas (9 pour 1 €) que Marie-Ange stérilise à bord, très utile    lorsque en navigation les fruits frais sont épuisés.
Pas de tracas pour le portage des paquets. On loue une brouette et son pousseur (demi €) vous suit pas à pas et porte ainsi vos achats à travers le marché.
Les gens rient, parlent, sont aimables et vous proposent gratuitement à chaque instant un petit verre de café. Il est vrai que le Brésil est le premier producteur au monde de ce produit, à tel point qu’il est offert presque partout : dans les administrations, les magasins, les grandes surfaces, au restaurant.
De grands thermos sont toujours bien placés à disposition du passant avec des petits verres en plastique, on se sert soi même, le café est toujours bouillant et bon.
 
La surveillance des lieux est assurée partout par la police. Elle est souvent à cheval, ou bien à bicyclette avec des casques de coureur sur la tête. Dans le train également, vigilance sérieuse, des hommes en tenue passent d'un wagon à l'autre, l'air bon enfant.

                                                                       SAMEDI 16 AOUT 2003

 DEPART POUR FORTALEZA (330 milles)

7 heures. Larguons le corps mort, mis à notre disposition par BRYAN. 48 heures auparavant profitant d’une marée nous avions mis le bateau à sec pour un nettoyage de la coque et le rajout d’une couche d’anti-fouling. 

Nous glissons à merveille. La descente du RIO se fait à la voile vent au près bon plein un peu appuyé sur la fin par le moteur pour éviter un long banc de sable et passer les bouées extérieures afin d’éviter le corail alors que nous avons le vent debout.

Toute la journée grains sur grains, temps couvert mais bon vent de travers, cap 350°. Nous filons un bon 7 nœuds atteignant parfois 9, sans doute aidés par des courants portants.
Juste avant la tombée de la nuit Marie-Ange me signale une grosse masse ronde, en surface, à dix mètres de nous : 2mètres de diamètre, c’est une énorme tortue Luth. Nous sommes au cap RISCA DO ZUMBA (Lat.5° 10’ - Long. 035°10’). Un bateau phare, signalant des hauts fonds, est ancré à 5 milles de la côte sur un fond de 5 mètres.
 
                                                               LUNDI 18 AOUT 2003 

Nuit très bonne, ciel dégagé et lune encore grosse nous éclaire fortement.

 Le vent 20/25 nœuds nous pousse avec une moyenne de 7 nœuds sur une mer bien formée, creux de 2 mètres, crêtes qui brisent souvent.

SAIL ROVER s’envole, il est vraiment heureux de glisser si bien. Depuis le virage de la côte Brésilienne vers l’ouest nous faisons un cap 290°, avec vent arrière, voiles en ciseaux, génois tangonné, grande voile avec une bonne retenue. c’est un plaisir de voir la vitesse dépassant souvent 8 nœuds.

 Vers 4 heures du matin en regagnant des fonds de 25/30 mètres nous retrouvons des flottilles de bateaux de pêche.

 Barcasses de 7/8 mètres à moteur qui dansent dans les vagues d’une façon incroyable et toujours deux hommes debout à l’avant pour ramasser les filets et les casiers. 
Le temps reste couvert et très gris, toujours ce vent régulier des Alizés qui nous propulse avec une régularité étonnante. Nous serons au port sans doute vers 16 heures.
A travers les nuages et le gris à 10 milles nous entrevoyons la côte.
Vaste longueur de sable et de dunes sur lesquels le jeu principal est de rouler en buggy. Cela fait partie des distractions, on peut même rouler de cette façon jusqu’à NATAL avec un pilote émérite. Des courses sont organisées.

 

 FORTALEZA

La ville de loin paraît sympathique, quelques hauts immeubles mais rares, des collines agrémentent le relief.

En venant du sud, une longue digue noire enrochée, plantée à l’extrémité de quatre éoliennes géantes.

 Tandis qu’on vogue à vive allure parmi des champs de canne surmontées de drapeaux, la ville, les digues, le port se dessinent.

ARRIVEE A LA MARINA

 Une grosse épave rouillée situe la digue de la marina de l’hôtel du même nom : longue bâtisse blanche en béton.     La manœuvre n’est pas simple pour se mettre l’arrière amarré sur les caissons rouillés et désarticulés formant l’unique ponton :

se mettre à l’ancre et tenter de reculer dans le vent puissant pour aboutir entre deux voiliers.

Sans l ‘aide d’un voilier écossais venu avec son annexe prendre une longue aussière dont un des bouts est tourné sur notre taquet tribord arrière afin de nous faire haler depuis le bord par quatre paires de bras musclés, nous n’aurions pu nous mettre à poste ce soir là.

 

AUTORITES

Notre première préoccupation en arrivant dans un port est de rendre visite aux autorités, enfin pas toujours : Santé, Police Fédérale et Maître du port.

C’est une contrainte pas toujours agréable parce qu’elle peut prendre des heures et même quelques fois plusieurs jours.

Les bureaux sont souvent à des emplacements opposés.

 Il faut arriver aux jours d’ouverture qui sont parfois que des matinées ou des après-midi et que la personne adéquate soit là. Cela représente des kilomètres en bus ou en taxi, des marches par des chaleurs pénibles et des heures d’attente.      

VACCINATION

 Le lendemain nous décidons de nous faire piquer contre la fièvre jaune. L’Amazonie, vers laquelle nous nous dirigeons, ainsi que le Venezuela et Panama étant des zones à gros risques.

Essai dans un hôpital proche de notre marina, au milieu des queues sans fin de malades, des indigents attendant pour une consultation, parmi de vieux brancards sur lesquels sont étendues des visions d’épouvantes entourées de gens en pleurs et d’autres résignés.

 Une infirmière qui nous précède nous fait passer, parmi cette foule qui attend depuis des heures, et accéder jusque dans le bureau d’un médecin en pleine consultation. Nulle rogne, nulle réclamation, notre statut d’étrangers nous donne, sans doute une priorité que nous n’aurions pas osé prendre.

Finalement sur ses conseils, le plus simple est de nous rendre à l’aéroport où cette formalité est journalière. Tout est prêt et organisé pour cela, en quinze minutes nous sommes sortis vaccinés, carnet rempli et tamponné.

MORRO BRANCO  

 Pierre un ami de NICE, retrouvé au Brésil, séduit par MORRO BRANCO  dans la banlieue de FORTALEZA : petit village de pêcheur, côte sablonneuse avec des kilomètres de plages, est venu nous chercher avec sa voiture pour quelques jours de dépaysement.

Le souffle est permanent sous l’alizé, bien ventilé nuit et jour, chaleur sans humidité.

 Il a déniché une POUSADA belle comme architecture. Finesse, sensibilité et raffinement du décor. Magnifiquement située sur la falaise, dominant la plage, la mer et les paillotes des restaurants. 

Nous y passerons 3 jours merveilleux.

POUSADA IBITU le propriétaire STEPHANE  est suisse, il parle français, anglais, portugais (téléphone (85) 338 7186)

C’est le pays des JANGADAS 

cliquez gauche sur la photo

Bateaux étonnants et rudimentaires à fond plat, grande dérive faite d’une lame de bois.

Autrefois faits de troncs d’arbres liés entre eux, maintenant remplacés par une coque un peu plus élaboré de planches de bois, 30 cm de tirant d'eau.

Ils partent à trois sur cet espace réduit, pour une journée de 9 à 10 heures quelques fois plus, pêcher à la ligne le poisson et la langouste avec  une nasse.

Le départ se fait le matin presque à l'aube, 4h30, juste avant que le soleil ne sorte de l'horizon.

Chapeau de paille à grands bords pour l'équipage retenu sous le menton par un lien.

 Ces pêcheurs sont gais, plein de vie, répondent joyeusement à votre salut vous proposant un embarquement pour la journée. Quel spectacle de rêve, les yeux en sont remplis pour des jours et des jours.

CAVALCADE EN BUGGY

Pierre nous embarque dans son buggy des sables.

 Véhicule à moteur, roues à gros pneus à l'arrière, carrosserie de plastique avec de grosses barres tubulaires à la place du toit pour se cramponner.

 Deux places à l'avant, trois derrière. Assis sur le haut du siège, le buste bien en hauteur, la vue est panoramique.

 Nous roulons le long des vagues, presque dans l'eau.

 Pierre habile chauffeur évite de se mettre en difficulté et accélère juste avant une partie de sable sec et mou, négociant le passage à travers des bras d'eau.

Les émotions deviennent plus fortes à l'assaut des dunes, habiles manœuvres anticipées pour éviter l'enlisement par ensablement.

 Le demi-tour subit sur le haut de la dune, parce que droit devant c'est la pente presque à la verticale.

 Le paysage varie tantôt des grandes dunes de sable à perte de vue, ou cernées par des plans d'eau douce.

 Puis des sortes d'oasis, une rivière qui serpente en bas bordée d'arbres d'un côté, de sable de l'autre.

Il est temps de rejoindre la marina et SAIL ROVER.

          

FORTALEZA vers BELEM en AMAZONIE (677 milles)

MERCREDI 27 AOUT 2003      

   Fortaleza - Luis Correia (200 milles : vent sud-est 15 noeuds)

Alerte madrague

La journée se lève avec un ciel couvert de gros nuages noirs qui nous aspirent le vent. Les voiles faseyent, désorientant le pilote aérien, la vitesse tombe.

Une heure après, tout rentre dans l’ordre.

 Un souffle puissant nous reprend, SAILROVER galope à plus de 7 nœuds.

 Soudain scrutant l’horizon, stupéfaction et angoisse, devant nous, la route est barrée. Des haies serrées de bois sortent de l’eau à la verticale en palissade qui peu à peu en se rapprochent et forment des chenaux de barrières serrées.

 La grande voile est ouverte et retenue par une garde, le génois tangonné. Le temps de tout affaler et nous serons complètement enfermés par ces barrages.

 Impossible de virer sans casser, ou de se mettre à contre. Marie-Ange dort sur la couchette avant, je la réveille avec force de la voix, lui demandant de monter rapidement pour me rejoindre et voir. La chose est étonnante et énorme. Nous sommes à 8 milles de la côte, par chance, il est 11 heures, nous sommes en plein jour.

Ce que nous voyons s’étale depuis la côte jusqu’à 2 ou 3 milles encore plus au large. Nous approchons prêts à tout, même à foncer au travers des palissades si aucune autre manœuvre n’est possible.

 Nous nous apercevons qu’il s’agit de plusieurs unités séparées entre elles, que nous pouvons éviter de justesse en zigzagant. En fait ce sont des madragues en apparence, sur des hauts fonds de sable de 3 mètres. Cela me fait penser aux thonaires de SIDI DAOUD en TUNISIE. L’émotion et le danger passés nous reprenons notre course sur des eaux d’une belle couleur vert tendre.

            15 heures. Nous virons vers la terre et nous dirigeons vers l’estuaire RIO PARNAIBA. Nous cherchons des yeux une grande digue sur forme d’enrochement. A 5 milles de la côte elle reste invisible, rien que des dunes de sable, une forte houle dans une mer jaune, pas plus de 5 mètres de fond.

Arrivée à LUIS CORREIA

  A 3 milles, seulement, nous commençons à deviner une longue ligne noire sur laquelle la mer brise. Le point G.P.S. ne peut nous tromper ainsi que la carte visionnée sur l’ordinateur. Le schéma de l’entrée n’est pas conforme à celui que nous avions à bord sur papier. Un enrochement nouveau a prolongé une autre digue de protection vers la plage.

  Nous contournons jusque vers la plage et virons pour revenir dans l’estuaire en suivant la digue principale sous sa protection.

 A tribord une ile basse dont les bords sont occupés par des gens qui pêchent dans un courant assez fort, de l’eau jusqu’au genoux. Sur la digue que nous longeons pour avoir du fond, un homme à bicyclette roule dans le même sens que nous et à même vitesse. Nous le questionnons par geste, il nous donne des indications de même tout en pédalant.

Des petites plages, quelques rares maisons, un grand coude du RIO large comme quatre fois la Seine.

 Le grand bâtiment blanc un peu plus loin est le point signalé pour mouiller l’ancre ; des maisons basses se groupent autour, des bateaux de pêche colorés, une plage étroite qui sert de cale pour réparer ou gratter les coques.

LUIS CORREIA : LAT. 02°52'667 S. LONG.041°40’054 W.

Tout autour des îlots couverts de mangrove. Pas de ville en vue, que la nature, l’endroit rêvé pour nous. Sous les yeux de quelques pêcheurs, nous mouillons par 3.5 m  d’eau. 30 mètres de chaînes pour ne pas nous laisser surprendre par le courant fort qui sort du fleuve.

            Des enfants viennent, à la nage soutenus par des plaques de polystyrène, s’égayer autour du bateau. Quelques uns plus entreprenants veulent monter sur la plage arrière sans demander notre autorisation. Nous devons gendarmer un peu, malheureusement obligés d’être méfiants. A 20 heures, sous la veille de notre flash bleu allumé à l'arrière, nous nous endormons pour une nuit calme et bienfaisante

LUIS CORREIA est situé sur un estuaire qui rentre profondément dans les terres par un bras du delta du RIO PARANAIBA. On peut emprunter les voies fluviales de circulation et ressortir 40 milles plus au nord-ouest par la baie de TUTOIA, ce que nous avions bien l’intention de faire. Malheureusement la voie est barrée en arrivant à la ville de PARANAIBA par une ligne à haute tension très basse, et ensuite par un pont en dos d’âne trop bas pour notre mât.

A terre

            Nous débarquons avec notre annexe sur les berges en terre presque à l’aplomb de notre mouillage sur une petite estacade en bois où sont amarrés deux bateaux de pêche dont les occupants nous regardent comme si nous étions des martiens arrivant chez eux.

 Notre chaleureux « BONGIR » ne reçoit que de timides réponses. Les maisons basses couvertes de tuiles rouges ont l’air décrépi ou pas fini, impression de fourbi tout autour. Courtes vérandas sous lesquelles sont accrochés des hamacs, une cage avec son perroquet vert, des gens sont assis ou adossés contre les murs suivant la ligne d’ombre.

LUIS CORREIA

  Un minibus nous prend en charge et nous conduit à la ville voisine de PARNAIBA à 10 kilomètres pour faire prolonger notre visa auprès la police fédérale.

 Nous sommes largués dans un faubourg de la ville de PARANAIBA qui ressemble à la rase campagne. Le chauffeur nous indique la direction du bras : tout droit au bout. La chaleur est écrasante. Une route pavée grossièrement de cailloux larges, longe des murs défoncés. De temps en temps un petit commerce, quelques croisements à angles droits, presque personne dehors, quelques bicyclettes passent, de minuscules carrioles tirées par de petits chevaux.

 Nous désespérons d’arriver lorsque enfin sur un grand mur blanc l’inscription en lettres énormes POLICE FEDERALE, un genre de villa simple en béton, des hampes avec différents drapeaux : c’est là.

l'administration, pas toujours simple

 Une employée d’un certain âge nous reçoit derrière une vitre en verre fumée qui nous empêche de voir au-delà ; un rond dans le panneau pour parler, une fente pour glisser le passeport.

Il est 11 heures, au bout d’une demi-heure la personne me tend un papier : il faut aller au centre ville payer à la banque du brésil 22,80 réal et revenir mais, pas avant 14 heures car la personne qui s’occupe des formalités n’est là que l’après midi.

 Nous sommes un peu désemparés dans cet endroit perdu et désert. Un croisement de route  dans un quartier nommé SAN SEBASTIAN. Le garde de service à l’entrée nous accompagne sur le bord du trottoir, scrutant à droite, à gauche, devant ; d’un coup de sifflet strident il fait venir : une, puis peu après deux motos taxi qui viennent stopper à nos pieds avec mission de nous conduire à la banque.

Nous nous coiffons d’un casque tendu par nos chauffeurs, en croupe l’un derrière l’autre nous filons très tranquillement, habilement avec précaution vers un centre ville ; pour un demi EURO chacun nous sommes rendus au pied de l’édifice sans avoir eu chaud, sans chercher et en un temps minime.

 Par une porte à tambour muni d’un détecteur de métal nous accédons à un premier étage. Pièce unique, énorme, semée de bureaux numérotés devant lesquels deux queues géantes de personnes attendent dans le silence et le calme l'accès au comptoir qu’ils convoitent.

 Une heure et demi d’attente à piétiner, à maugréer pour ma part, heureusement dans une ambiance climatisée, avec au-dessus de ma tête un poste couleurs de télévision qui diffuse bruyamment une émission pour débiles heureux. 

Et puis, nous errons à travers la place centrale à la recherche d’un centre Internet où nous ne pourrons jamais obtenir la connexion malgré trois récidives en deux heures de temps. Nous terminons sur la berge du port fluvial, style colonial réhabilité, pour déjeuner dans un restaurant qui semble sympathique, bien décoré et attirant, attendre assis l’heure de retourner à la police.

30 AOUT 2003

Luis Correia vers île de LENCOIS

(220 milles - vent sud-est 15 nds)

Vent de travers jusqu’à notre destination avec une moyenne de 6 nœuds. La navigation habituelle : à guetter les bateaux de pêche, leurs filets et leurs perches. La nuit est tombée, éclairée par un quart de lune montante.

        

bateaux de pêche brésiliens

4 h. Après la nuit de veille, nous sommes engourdis par l’absence d’un vrai sommeil, aspirant à ne rien faire, espérant ne plus veiller, allongé sur un des bancs du cockpit je pense à l’escale suivante dans 24 heures.

Avarie du bas hauban

Tout à coup « PAN » un claquement sec se fait entendre vers l’avant. Le bruit de quelque chose bien tendu qui vient de se rompre. Marie-Ange qui dormait à l’intérieur a aussi entendu et se précipite à l’extérieur.

Torche en main je pars en exploration vers l’avant. C’est le bas hauban tribord, que nous n'avions jamais remplacé, 20ans d'âge. Il avait été jugé sain à CAPE TOWN.

La pièce en forme de « T » qui le raccorde au mât sous la première barre de flèche a cassé net.

 J’ai le câble dans les mains et regarde le sertissage, la pièce en inox de 15 m/m de diamètre montre deux pailles sur la section brisée avec une infiltration de rouille bien formée. C’est souvent le cas pour l’inox, lorsque un point de faiblesse se crée il peut se briser comme du verre. Le vent est toujours aussi fort, avant que notre mat ne flambe, il faut l’étayer.

 J’escalade à l’aide des marches, un bout me ceinturant en même temps que le mât pour m’assurer. Moteur en route, perpendiculaire à la houle, on descend les voiles pour soulager le mât. 

 Alors que le sommet du mât décrit des huit dans l’air en faisant des à coups monstrueux  je m’accroche d’un bras, de l’autre je noue solidement autour des barres de flèche mon cordage qui pend sur le pont, sans que celui ci puisse gêner le passage des coulisseaux de la grande voile.

 En bas nous amenons le chariot de l’écoute du génois et son yo-yo tribord le faisant coulisser sur son rail extérieur à la hauteur de la position initiale du bas hauban que nous mettons sous tension à l’aide d’un des puissants winchs du cockpit.

Réparation de fortune qui nous permet de continuer à voguer légèrement toilée et de monter ensuite un ancien câble inox que nous mettons à la bonne longueur à l’aide de deux serres câbles et mise en tension à l’aide d’un tire fort pour raidir le tout.

On repart un peu inquiet, observant comment se comporte le tout, cela va-t-il résister ? Un peu de génois au début, plus tard la grande voile avec quatre ris, petit à petit on s’enhardit. La vitesse est moins bonne parce que nous sommes moins toilés mais nos 4 à 5 nœuds restent honnêtes. Nous pouvons reprendre nos places, nos forces et avaler un café au lait chaud avec du pain et du beurre salé en boîte. Il est 7 heures.

Atterrissage à LENCOIS

 L’île de LENCOIS est devant nous certainement, elle doit être plate car nous ne distinguons même pas le phare sur l’île voisine. Un reflet plus jaune à l’horizon, un coup de soleil sur des dunes, elle est là, à 4 milles devant nous.

 Nous arrivons côté vent. Bientôt nous tournons le bout sud de l’île dont la pointe est formée d’une dune sur laquelle sont plantées quatre ou cinq paillotes sur pilotis, trois bateaux de pêcheurs sont à l’ancre et bien abrités.

Nous avançons un peu plus et mouillons par 3,50 mètres de fond. Nous sommes à mi-marée, elle descendra encore de 2,50 mètres sans nous poser vraiment à marée basse.

 Après la dune, une mangrove la borde en continue d’où sortent une multitude d’oiseaux, pour la plupart des échassiers. Vision extraordinaire, on ne cesse de voir des vols d’ibis rouges qui se détachent sur le vert des palétuviers et de nous réjouir la vue.

 Le bruit de la mer très loin derrière la dune, un peu celui du vent mais surtout les cris des oiseaux qui jaillissent des arbres. L’endroit est un mouillage de rêve, paisible et beau à la fois.

LAT.1°20'134 S. LONG. 044° 53'507 W.

 Quelques bateaux de pêche passent à nous raser, nous sommes la curiosité, peut être de l’année, nous saluons à chaque fois du bras, les réponses sont mitigées : ou bien enthousiastes ou réservées. A la nuit tombée nous restons longtemps dans le cockpit à savourer ces instants rares si riches de beauté, de bruits et de décors.

VENDREDI 6 SEPTEMBRE 2003

 ILE LENCOIS   vers   ILE URUMARU (5 milles)

La nuit a été si bonne. Je veux voir l’aube se lever. A 5h30 l’air est encore frais, la mer est basse, la rive de notre dune est découverte, laissant une vasière humide que des ibis rouges parcourent en fouillant la vase de leur bec.

Quel beauté ce rouge qui tranche sur le sombre de la vase mouillée, quel régal pour les yeux et les oreilles avec les cris d’appel des oiseaux dans le silence du petit matin.

 Trois pêcheurs dans une barque grossière s’approchent du bord. Au fond d’un panier quelques poissons mêlés à de grosses crevettes « camerons » dont j’achète 800 gr pour rien.

Sur les bords un homme marche avec de l’eau à mi-cuisses et lance de place en place son épervier pour capturer : un ou deux poissons à chaque fois, rude effort pour un maigre résultat.

LENCOIS : mini Amazone

 11 heures. 2 heures avant la pleine mer, nous levons l’ancre pour aller vers le Nord-Est de l’Ile de Lençois, à 5 milles de notre mouillage.

Navigation entre des îles basses uniquement boisées de mangrove, des chenaux de verdure qui nous réjouissent, navigation de rêve suivant les méandres de ces bras d’eau cernés par une forêt de palétuviers dont les fûts serrés montent droit.

 Presque tout le trajet à la voile. Malgré notre silence, s’enfuient à notre passage des centaines d’oiseaux qui s’envolent en criant. Nous croisons des portions de bras d’eau sans issue qui sont fermés par des perches alignées dans l’eau.

 Au cours de notre navigation les points les plus bas sont signalés de la même façon ainsi que certains bancs qui se trouvent en plein milieu du courant.

 A notre étonnement, par deux fois nous trouvons des carbets dont les piliers sont plantés presque en plein milieu de l’eau sur notre passage et toujours situés à un croisement.

Lignes droites méandres, virages à angle droit se succèdent pour finalement aboutir à l’opposé de LENCOIS vers le nord-ouest face au large.

 Nous nous mettons à l’abri entre deux îles dans un nouveau bras d’eau. Des maisons baraques, des paillotes mi cabanes sont groupées là, un village de pêcheurs s’est construit.

Nous mouillons devant une berge sauvage juste après 3 ou 4 petits bateaux de pêche à moteur, soignés dont les superstructures sont ornées de balustre de bois ou de curieuses découpes.

 Des vaches traînent sur les bords parmi les habitations y arrachant leur nourriture.

 Des groupes d’hommes assis sans rien faire ni dire nous regardent en silence.

 

 

DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2003

ILE URUMARU

 Le village

 

  île de URUMARU     LAT.  1° 194 698 S. LONG. 044°59'523 W.

 Les maisons ont poussé totalement au hasard des bosses sur le sable, pas de plan, pas de tracé, une anarchie totale. Nous avons découvert une épicerie bourrée de sacs de riz et de farine de maïs, des œufs. Pas de pain, pas de fruits, pas de légumes. Les propriétaires : ridés, tassés, petits, souriants, attendent le rare client, assis.

 Une baraque basse peinte en bleue : le Temple de Dieu. Un abri téléphonique sous forme de casque, antenne et panneau solaire planté au milieu de rien.

 Chaque maison semble avoir un puits rudimentaire creusé dans le sable, étayé par des bouts de planches et de ferraille, fermé par une sorte de caisse dont on rabat le couvercle. Quelques enfants se cachent à l’intérieur des maisons et nous regardent furtivement par l’encadrement d’une ouverture dont le volet est ouvert sur un trou sombre.

 Je cherche en vain une carte téléphonique Internationale, personne ici n’a affaire avec l’étranger. On demande une douzaine d’œufs que la femme essuie un par un avec un chiffon douteux.

parmi les ibis

 

LUNDI 8 DECEMBRE 2003

 ILE REITA (URUBARU)

Départ et demi tour

Il faut partir à marée haute ou montante car elles sont particulièrement fortes (5,50 m). Nous avons décidé de reprendre la mer à 13 h. Nous naviguons vers ce qui doit être le large

A notre droite des madragues, le long d’une île plate toute de sable. A notre gauche et devant nous, qui se prolonge à perte de vue, une barre continue formée par des rouleaux qui brisent en permanence.

Notre carte est imprécise, les bancs sans cesse en déplacement sont grossièrement notés. Nous décidons par sécurité de revenir à notre mouillage afin de questionner les pêcheurs sur la bonne voie pour gagner le large. 

Echouage involontaire 

 Maintenant la mer baisse, à l’approche d’une conjonction d’îles, à un virage marqué pourtant par des piquets, nous n’arrivons pas assez rapidement à modifier notre route et allons nous flanquer sur un banc de 0,60 centimètres de fond et restons bloqués par la partie arrière du bateau. Je sondais pourtant, avec un plomb, en permanence, ce fut la surprise. Moteur coupé, génois au vent impossible de le faire avancer ou changer de position.

 Le courant montant nous entraîne au milieu et à travers des piquets, je mets l’ancre et quelques mètres de chaîne. Il n’y a plus qu’à attendre que le flot monte.

             Le bateau entraîné par un courant de renverse, flotte à nouveau et repasse seul la zone des piquets nous permettant, au moteur, de revenir mouiller devant le village que nous avions quitté peu avant.

            Descente à terre pour aller glaner nos renseignements. Un premier capitaine de bateau : figure simplette, dents devant cassées nous à tout de suite fait comprendre qu’il ne savait interpréter une carte et ne pouvait rien nous expliquer. Un autre stop, à la porte d’une maison en planches devant laquelle nous avons crée un attroupement de tout le village : femmes, enfants, hommes….tous étaient là et voulaient connaître notre problème.

 L’habitant du lieu a sorti deux fauteuils plastiques avec des coussins faits maison. Nous étions sur le sable, carte sur les genoux. Finalement le fils de la maison propriétaire d’un bateau de pêche du nom de « MISSIONARIO » nous a donné rendez vous pour le lendemain matin 8 heures, nous n’aurions plus qu’à le suivre.

 

MARDI 9 SEPTEMBRE 2003

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Guidés jusqu’à la sortie

 8 h. « MISSIONARIO » a démarré et pétarade gaillardement comme tous ceux d’ici. Promenade par des canaux assez larges bordés de palétuviers, forêt inextricable et marécageuse, quelques croisements. Nous cheminons l’un derrière l’autre.

 Notre ami qui se laisse barré est allongé, sur le toit surélevé du poste de pilotage, coiffé d’un chapeau de paille. Il part à la pêche, ses filets installés sur l’avant. Il va les étendre à marée descendante sur des piquets bien alignés que nous découvrons alors que le canal s’évase.

 Une langue de sable part à l’infini sur la droite. Au début de celle ci, un village de paillotes serrées sous des cocotiers. A gauche même chose une langue immense de sable se refermant devant nous, nous laissant deviner les rouleaux de la barre et derrière la haute mer.

 Il nous fait signe de suivre la côte en infléchissant sur la droite et ensuite, après avoir évité les rouleaux, de partir à gauche pour se trouver au large. Indications parfaites et grâce auxquelles nous sommes sortis sans encombre.

 Le reste de la journée : voiles en ciseaux, 6 à 7 nœuds, merveilleuse navigation. 

vers   BELEM  et l'Amazonie (257milles)