PANAMA

 

                           LES ILES LAS PERLAS

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LAS PERLAS   (cliquez gauche)

 

PANAMA-Iles LAS PERLAS :  Ile CONTADORA  (37 milles-cap 140°)  

3 MARS 2005

7heures 30, nous nous amarrons sur le ponton du club pour faire le plein de gas oil et d’eau. L’employé ne nous reconnaît pas, ou du moins pas tout de suite ; c’était le premier avec qui nous nous étions accrochés pour les pneus l’autre jour.

 

sous le pont des Amériques.

Adieu PANAMA , dans le chenal on croise nos derniers paquebots.

La météo avait annoncé un vent du Nord, faible mais existant. Nous avons du Sud Ouest tranquille avec un courant contre de 1 nœud. Deux voiliers nous suivent, des petits caboteurs locaux nous dépassent péniblement, des vedettes de pêche au gros plus aisément. Nous voguons parmi une quinzaine de cargos qui attendent à l’ancre leur passage par le canal.

Après la pointe de l’île FLAMENCO, reliée à la terre par une longue digue promenade, nous apercevons le groupe des gratte ciel de Panama city, un petit Manhattan, survolé par les avions à réaction qui convergent vers le terrain international. Nos lignes à la traîne ne donnent toujours rien, nous avons remplacé les grands Rapalas par de petits leurres en forme de poulpes. Pas d’appétit sous l’eau.

ile CANTADORA en vue

Les deux premières îles se précisent, inhabitées, arides, flancs abruptes, coupés au couteau avec des dégradés de terrain dont des couches très blanches .Les îles avec des plages sont un peu plus loin, juste derrière, boisées.

Les arbres de notre côté semblent gris, comme lors d’un changement de saison. CONTADORA est sous nos yeux, plus grande que les premières et plus découpée .

Successions de plages en pointillées avec autour de chacune et serrés : des hôtels et de vastes résidences de grand luxe, mitoyennes, se rassemblant autour d’une piste pour les petits avions à hélice.

 Un débarcadère en bois, des corps morts auxquels attendent des vedettes et petits yachts.

Quel malaise d’aller si loin, à l’écart des villes, de venir pour s’entasser à nouveau les uns sur les autres.

Empilage de classe bien sûr. C’est un concours du plus beau, du plus grand, du plus luxueux.

 Un concours d’architecture : depuis la maison spacieuse type maison de star américaine, chalets démultipliés genre suisse, un ensemble arabe saoudien, le genre maison hôtel. Elles semblent sans vie, juste animées par un personnel d’entretien qui peint, ratisse, manie le faubert ; préparant le débarquement du week end prochain alimenté par une noria de petits avions.

 MOUILLAGE CONTADORA

 

LAT.  08°37' 483 N. LONG. 079° 02' 075 W.

 4 MARS 2005

 de CONTADORA à CASAYA 7milles

Temps gris ce matin. Au réveil ciel couvert, vent presque inexistant nord. Après avoir levé l’ancre nous partons, nous traînant doucement,vent arrière. Calme et silence nous font plaisir surtout que la distance à couvrir est faible, peu importe si nous mettons deux ou trois heures pour faire notre route.

Notre but est de trouver un endroit peu profond sur fond de sable si possible afin de changer notre anode d’hélice qui est arrivée en fin de carrière.

Nous virons de petits îlots, cernés par des blocs de rochers polis, qui prolongent leurs bords, des perches habillées d’une flamme marquent certains écueils.

Nous passons devant une petite plage tentante dont les abords montrent de gros dos ronds de roches.

 La baie à côté est largement ouverte, de nombreux oiseaux s’y prélassent, pas de plages, pas d’endroits propices, une suite de mangroves où nichent de nombreux oiseaux.

Nous revenons sur nos pas et progressons avec précaution vers la petite plage précédente de l’île AMPON en slalomant entre les rochers sous marins que l’on arrive à discerner à l’œil.

 

 

MOUILLAGE CARENAGE ILE AMPON  

 

 LAT. 08° 30'822 N.

LONG. 079° 01' 22W

 

 

L’ancre dans deux mètres d’eau, je me mets à l’œuvre en apnée. La marée descend. Equipé d’une ceinture de plomb, je commence en touchant le sable de la pointe des pieds, je termine à genou accoudé sur la poutre de protection du safran et de l’hélice.

Nous n’avions pas de table des marées pour cet endroit, nous nous sommes basés sur la marée de BALBOA.

Finalement le bateau se met tranquillement à sec sur du sable, entre de grosses pierres.

MARIE ANGE ponce la coque et repasse une couche d’anti fooling en allongeant au diluant le fond d’un pot de Jotun qui nous reste de Trinidad et introuvable dans la région.

A cinq heures nous flottons, et profitons pour nous dégager, à tour d’hélice et par des détours.

 Nous quittons avec regret, la plage sauvage si belle, semée de coquillages et de bois blanchi par l’eau salée.

 Les abords de terre qui s’effondrent sur la plage, découvrent des racines torturées, des amoncellements de gros rochers lisses, arrondis par la mer. Sur les arbustes qui bordent le sable, des oiseaux chantent, de minuscules colibris font des vols stationnaires pour aspirer de leur long bec un peu courbe, le nectar des fleurs rencontrées.

Dégagé des hauts fonds, nous pénétrons dans la baie formée par l’île de CASAYA que nous avions explorée ce matin.

 Enfin seuls, aucun ne s’y trouve, le soir tombe, les oiseaux se regroupent.

 Vols de cormorans en V, comme des canards, qui montent au dessus de la surface des eaux calmes puis redescendent, formant une ligne qui ondule dans l’air avec un ensemble étonnant et gracieux.

 Au nord de cette baie, l’endroit semble propice pour passer la nuit.

Les bords verdoyants sont tapissés d’oiseaux. Les pélicans songeurs se laissent flotter. Des grues blanches tapissent tout un coin.

 L’ancre est lâchée, surprise il n’y a pas deux mètres d’eau. Il faut s’éloigner, mais entre temps nous avons touché le fond ; nous relevons complètement la dérive arrière .

 Rien, personne, ni voisin, ni groupe électrique, nuit noire. Nous entendrons toute la nuit l’appel des oiseaux qui à l’aube deviendra un véritable concert, tandis que les pélicans commencent leurs piqués lourds. Leur mauvaise vue fait qu’ils doivent plonger souvent avant de réussir à saisir une proie que viennent aussitôt leur disputer des mouettes culottées qui grimpent sur leurs têtes et leurs dos en piaillant fort.

MOUILLAGE POUR DERIVEUR EXCLUSIVEMENT

CASAYA  LAT.08° 30 747 N LONG. 079° 01 675 W.

A marée basse nous nous posons sur un fond noir, les eaux ne sont pas claires. Pas beaucoup de fond dans cette baie merveilleuse, impossible d’accès aux quillards, ce qui explique que nous soyons seuls. Pas une ride, pas de houle, bien protégés du vent. Nous sommes restés là à rêver 48 heures durant.

DIMANCHE 6 MARS 2005

 CASAYA vers ILE de SAN JOSE-17 MILLES

Il faut bien avancer, aussi nous filons vers notre dernière escale des îles PERLAS.

Evénement. Nous étrennons le deuxième étai que nous avions fait poser en Afrique du Sud à CAPE TOWN sur lequel nous avons endraillé notre booster, en sac depuis des années.

 Cette voile est une explosion de bandes de tissu multicolore qui bombe en avant du bateau et le tire, par ce petit vent léger, à cinq nœuds. Bien à plat sur l’eau, Sail Rover se barre seul, pratiquement sans notre intervention, le rêve.

Une navigation au milieu d’îlots rocheux, cernés de petites plages, prolongées par des pointes de cailloux qui émergent agressifs un peu partout. Une ombre allongée qui affleure, un bloc encore immergé. Je veille à l’avant essayant de distinguer les écueils cachés, émotions et joies en même temps de cette navigation par beau temps dans un magnifique décor.

 Entre deux îlots notre ligne bâbord se tend, la pince à linge placée pour prévenir d’une touche, saute et permet de ferrer, en même temps.

Marie Ange voit un poisson argenté, grand comme deux mains, qui traîne au bout de notre ligne. Parfait de taille pour nous deux. En remontant la ligne, le repas n’est plus au bout. L’hameçon double qui semble en inox a cassé net au point de pliage entre les deux. Pas de chance de plus cela faisait longtemps que nous n’avions rien pêché.

L’île SAN JOSE est devant nous, découpée, de petites falaises rongées par les eaux, infiltrées par une multitude de grottes.  Des îlots détachés et boisés sortent de l’eau droits et ronds à 20 mètres en hauteur.

Une grande plage vers laquelle nous hésitons et continuons vers des groupes de rochers en mer aux abords de l’île, dont l’un curieux nous fait penser à une statue de l’île de Pâques.

Finalement nous jetons l’ancre dans huit mètres d’eau, non loin d’un bord semé de petites plages très boisées.

 Une grande bâtisse entourée par des bungalows sur pilotis se fond dans le décor très agréablement sans nuire à notre vue.

 A l’extrémité gauche de la plage, coule clair un ru d’eau douce qui vient en léchant la roche noire se jeter dans la mer.

La petite plage voisine est cernée de blocs de pierre noire, empilés par la nature.

La végétation très luxuriante déborde tout autour.

Nous serions bien restés là quelques jours, à rêvasser, mais le mouillage face au Sud, promet, hélas d'être plutôt rouleur.

 

 

MOUILLAGE SAN JOSE

LAT. 08° 13 486 N

LONG.079°06 461W

 

 

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