ARGENTINE

BUENOS AIRES vers MAR DEL PLATA (265 milles)

 

 

 

 

 

Buenos-aires            Mar del plata :      les lions                  le port             Quequen : le port

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MAR DEL PLATA

QUEQUEN

 12 NOVEMBRE 2002

BUENOS AIRES

sortie du RIO DE LA PLATA : slalome entre les bouées

9 heures,  prévisions météorologiques sur 3 jours vent Nord Est 18-20 noeuds, nous décidons de partir pour Mar del Plata. Métro jusqu’à l’hypermarché retour en taxi, démarches de sortie : yacht club + Préfecture navale.

A mon retour Marie Ange avait tout préparé sur le bateau : Niveau d’huile moteur, plein d’eau, niveau huile sail drive, déjeuner…….etc.

14H30 Merveille des merveilles, le moteur démarre au quart de tour, comme toujours depuis son remplacement, quelle tranquillité d’esprit.

Nous larguons les amarres et laissons le yacht club derrière nous. Les Canadiens de Carpe Diem sur leur gros catamaran absents, le trimaran Osmose de Nanou et Guy fermé également, nous partons sans adieux. Peter et Shirley sur China Moon ont quitté la Marina ce matin.

La sortie du port de Buenos-Aires est vite franchie, vent de travers très agréable. La reprise avec la mer s'établit rapidement. La petite pensée ou l'angoisse de savoir ce qui nous attend s’efface vite.

Sail Rover glisse sur l’eau à plus de 6 nœuds. Les eaux du Rio de la Plata sont toujours aussi boueuses. Bon vent jusqu’à la nuit, atteignons quelques fois 7,5 nds, vitesse supplémentaire due sans doute à un courant porteur.

 Les cargos se succèdent sur notre bâbord. Nous leurs laissons le « rail » balisé par des bouées. Nous nous sommes positionnés juste en dehors d’eux, et naviguons sur des fonds qui varient de 5 à 10 mètres. 

Marie Ange, étudiant la route avec minutie, veille à bien décompter les bouées qui sont en nombre énorme, plus celles balisant les épaves et autres bifurcations de chenaux. Devant le Port de la Plata, 15 cargos sont mouillés en attente des ordres ou de pouvoir entrer dans le port, d’autres sortent et entrent, un mouvement incessant sur lequel nous devons avoir un œil vigilant.

 20 heures La nuit est tombée apportant les angoisses qu’elle peut provoquer. Où sont nos bouées ? 0ù sont les « wrecks » ? Que devient le ciel ? Que nous réserve t il ? Et le vent ?

Dans ces latitudes, et plus nous descendrons vers le sud, plus vite le temps change, une prévision de 48 heures peut être acceptable, au –delà, non.

Il faut avoir l’œil sur le baromètre, ses chutes impressionnantes ne sont pas vraiment mauvaises, le pire vient lorsqu’il commence à remonter, actuellement il est stable à 999 mb.

Il faut guetter le ciel, ses nuages, faire attention à ceux en forme de « cigare » : le fameux PAMPERO.

Ils sont si violents ceux là qu’ils arrachent une grande voile  en deux minutes. Notre tactique est de tout  baisser et bien saisir tout ce qui peut être arraché. En général le mauvais coup passe très vite.

Cette nuit, le vent s’échappe et revient faiblement, moteur. Sommes envahis de papillons de nuit.

 13 Novembre 2002  

Bouée à la dérive!!

 5 h. Le vent est passé de Nord Est à Nord-Ouest pendant la nuit, mais si faible que l’on garde le moteur en appui, nous devons parcourir 160 Milles et ne pouvons  nous attarder, toujours à cause de la météorologie si changeante. 

Les eaux deviennent moins boueuses au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l’Atlantique. 10heures  Toujours une masse de papillons, en reprenant le livre de bord j’en trouve logés dans la spirale du cahier.

10h30 : Je lève le nez de mes écritures et stupéfaction de voir défiler à 5 mètres de nous une grosse bouée égarée, évitée de justesse…. Et si un bout de ferraille dépasse un peu trop haut ……. ?,  avec l’extrémité de la bôme on aurait pu accrocher la bouée. Que fait elle ici ? Rien sur les cartes.

 15 heures  Le Cabo San Antonio est là sous nos yeux à 10 milles, nous nous tenons prudemment à distance car les haut- fonds pullulent, 2 mètres et moins.

 14 Novembre 2002 

Arrivée à Mar del Plata : vent contraire

5 heures. Le G.P.S. indique que nous sommes à 73 milles de MAR DEL PLATA.

Comment 73 milles ? C’est ce qu’il indiquait à 1 heure du matin. En le regardant de près je m’aperçois qu’il ne fixe pas la position. Toutes les données sont bloquées. Heureusement la défaillance ne dure qu'un temps et la position est rectifiée : 52 milles, c’est beaucoup mieux. Je confirme par un point sur la carte papier.

Le vent  Ouest, vent de travers pour nous, le bon effet se fait aussitôt sentir : 7,2 nds.

Mais à 7 milles de l’arrivée un fort vent de face se lève. Il faut ramasser toutes les voiles et finir au moteur, interminablement. Vent, vagues et courant dans le nez .

Notre vitesse descend à 1 noeud et moins, la digue sud abri du port vient à nous très très doucement, c’est si pénible que nous avons songé à prendre la cape pour la nuit, renonçant à atteindre le port de Mar del Plata ce soir.

2 heures de lutte, le bateau pique du nez dans les vagues, le pont est lessivé en permanence, à la troisième heure l’espoir renaît, nous progressons en tirant de petits bords, le vent semble mollir. 

L'abri entre les digues du port est enfin atteint. Nous trouvons l'entrée du bassin du yacht club, un homme de permanence nous aide à manœuvrer, contre le vent, à l’aide d’un zodiac à moteur pour  éviter de dériver sur les autres voiliers à poste sur les pontons.  

YACHT CLUB  de MAR DEL PLATA : LAT. 38°O2’497 S.LONG 57°32W 

 

  15 NOVEMBRE 2002

MAR DEL PLATA : Colonie de lions de mer

21 heures Bien amarré, les lumières du carré à peine allumées, c’est un envahissement, à nouveau par les papillons.

Ils sortent de tous les recoins les plus inattendus. Une heure trente à lutter pour les mettre dehors, toussant, la gorge irritée par la poudre de leurs ailes répandue dans l’air sous l’effet de notre chasse active. Nuit très calme de repos.

9 heures. Nous partons en quête de la préfecture navale pour faire notre entrée, puis un tour en ville à la recherche d’une ancre.

 L’après midi, promenade vers la grande jetée Nord passant par les bassins du port de pêche.

Des bateaux par centaines : oranges pour la petite pêche côtière, rouges pour la grande pêche au large. Une multitude de petites grues d’un autre âge déchargent les caisses de poissons des entrailles des bateaux.

En continuant le long de la jetée nous rencontrons nos premiers lions de mer.

Masses énormes de graisse, une large tête à longues moustaches, sans cou, museau court de chien saint Bernard, des bouts d’oreilles presque inexistantes.

 Une crinière qui part sur le dessus de la tête jusqu’à la hauteur des membres avants pour les mâles ; les femelles en sont dépourvus, quatre fois moins grosses et plus réduites en taille, corps fins et souples.

Les mâles se tiennent souvent affalés sur leur arrière train, dressés sur leurs membres postérieurs, nageoires écartées et molle, la tête levée, la gueule vers le ciel.  

 Sur un espace qu’ils se sont appropriés et que l’on a grillagé, il y en a une bonne centaine qui se reposent et se chauffent au soleil.

 Ceux qui sortent de l’eau et escaladent avec grande peine la dénivellation rocheuse, en arrivant enfin sur la plate forme où se trouve la colonie en ordre si serré qu’ils sont à tout touche.

Passent sur les corps, les rasent, les bousculent un peu créant un tollé de la part des mâles qui doivent penser que les intrus viennent chasser au milieu de leur harem.

Affrontements, rugissements, prises de gueules, les dents s’entrechoquent.

L’ensemble dégage une puante odeur, qui vous prend aux narines, d’ammoniac. Ils urinent et défèquent sous eux, au milieu de tous, se roulant dans ce lisier nauséabond.

Une femelle aux yeux enamourés lève la tête et les yeux vers celle de son lion qui lui répond par des caresses de museau à museau avec une douceur qui étonne, venant de cette grosse masse.                                                     

La jetée continue loin en avant, 2 km, rempart de béton et de rochers énormes.

Protection contre les vents et tempêtes du sud, se terminant par un promontoire sur lequel se trouve une statue du Christ en robe et cheveux longs, bras écartés. Au pied duquel des pêcheurs en rangs serrés, canne en main , espèrent et papotent.

La ville de Mar del Plata est une agglomération au tracé rectiligne comme dans tous pays jeunes. Les rues sont longues, la numérotation d’une seule voie peut atteindre 5000 numéros et plus. 

 Un petit marché couvert réunissant plusieurs commerces nous attire. Une boucherie où l’on achète un filet de bœuf pour 1,5 Euro, beaucoup moins cher qu’à Buenos Aires : les prix y sont 3fois inférieurs, fruits, légumes, etc.……l’essence et le gas oil 30% plus bas. 

Hier deux bateaux français sont arrivés d’Uruguay dont l’un que nous attendions et avions perdu de vue depuis Rio de Janeiro. Nos amis Anglais sur CHINA MOON sont arrivés cette nuit. 

 

SAMEDI 23 NOVEMBRE 2002

MAR DEL PLATA  : manoeuvres laborieuses

8heures. Ce matin, nous nous déplaçons, la place occupée appartient à un membre du club dont le bateau est remis à l’eau après carénage.

La manœuvre n’est pas simple, les emplacements sont étroits, les virages à angles droits, les couloirs de circulation peu larges, le nombre des bateaux au grand complet et surtout un vent déjà bien établi.

Nous sommes dériveur intégral, les manœuvres de port sont plus compliquées, plus délicates, le bateau est plus long à réagir à la barre.

Un bateau de service du club veut nous aider. Mais l’homme malaisé nous entraîne dangereusement vers des zones où nous ne pouvons plus manœuvrer. Marie-Ange à la barre joue du moteur : avant-arrière, je gueule des ordres au canot, un voisin nous tient en laisse par un cordage tourné sur un de nos taquets.

Finalement nous nous en sortons sans dégâts.

Depuis la semaine dernière des Icebergs de tailles non négligeables remontent du sud et sont par le travers de Mar del Plata mais à 100 milles des côtes. Le premier a 700 M de long, 50 mètres de haut. Aussitôt repérés, signalés, répertoriés par des services de la marine nationale.

DIMANCHE 24 NOVEMBRE 2002

 MAR DEL PLATA  vers QUEQUEN (65 milles)

 Le temps annoncé étant beau pour au moins  48 heures et le vent autre que sud nous décidons de partir dans l’après midi pour QUEQUEN, petit port fluvial à 65 miles plus sud.

 15 heures. Sortie du port par un vent de travers vigoureux, mer houleuse, SAIL ROVER  file presque 7 nœuds.

A cette vitesse, nous arriverons de nuit, vers 2 heures du matin à Quequen qui est situé dans un estuaire de la rivière du même nom.

Nous préférons réduire pour arriver au lever du jour avec la marée haute afin de pouvoir accéder jusqu’au petit club nautique VITOS DUMAS

 Nous entrons dans le port de QUEQUEN  au petit jour. Remontons la rivière du même nom en prenant soin de rester bien en son milieu, la marée commence à  descendre, un fort courant de 5 nœuds se fait sentir.

Les berges nous révèlent d'anciennes scènes de catastrophes du temps d’EL NINIO et aussi 20 ans plus en arrière. Inondations exceptionnelles emportant les ponts, gros chalutiers coulés.

 On peut apercevoir un cargo dont l’avant repose sur une pilier de pont. Spectacle effrayant qui laisse stupéfait devant la force des éléments naturels.

Quelques jours seront utiles pour attendre un vent portant.         

Nos papiers de sortie à la Préfecture, on a toujours l’impression d’atterrir sur la lune. Notre autorisation de sortie précédente est lue, relue, retournée, décortiquée, on a  l’impression que c’est la première fois qu’une telle démarche est faite.

Grâce à un Agent maritime présent à ce moment là, à son aide auprès des autorités nous obtenons notre cachet .

  Nous avons fixé notre départ dés que le vent tournera au nord  comme les prévisions l’annoncent, sans doute cette nuit.

La sortie du port s’est faite facilement. Dehors le vent du nord était faible mais dans le bon sens pour nous. 

 

 club VITOS DUMAS  LAT.38°34'143 S.LONG 058°42'822 W

 

VERS BAHIA BLANCA