Nouvelle

Zelande

le sud n1

le nord

 


 

     
CHRISTCHURCH           SEAL POINT            TIMARU             FORTROSE              AKAROA-lac               otarie

vues de LA NOUVELLE ZELANDE   (plein écran : cliquer gauche sur une  photo)
 
   

 

NOUVELLE CALEDONIE – NOUVELLE ZELANDE par avion

Voyage et péripéties en Camping car - Mercredi 9 MAI 2007

5h30. TONTOUTA aéroport international de Nouméa.

Peu de passagers. Nous survolons la ville de Nouméa : les découpes des baies, des îles, une ceinture de corail, trouée de passes avec des hauts fonds de coraux, puis plus rien, que l’océan. La mer est agitée et brise, une couverture de nuages cache  la vue.
Un vol tranquille coupé par un breakfast déjà anglo saxon : omelette avec saucisse. Nous abordons par la côte est de Nouvelle Zélande, la pointe nord très découpée.

 Nous perdons de l’altitude pour nous poser à AUCKLAND que l’on aperçoit devant nous avec autour des multitudes de petites fermes, la terre bien peignée, très verte : vaches et moutons font des tâches sur les près.

Une foule devant les guichets de l’immigration auxquels nous accédons par des couloirs, limités par des rubans, en zig zag ; finalement nous avançons très vite et filons vers les tapis roulants distribuant les bagages.
 Le numéro de notre vol nous fait identifier le notre. Une douanière tient en laisse un chien qui vient renifler nos valises.
Une dernière inspection, dans l’éventualité ou nous aurions des fruits et légumes frais ou autre foie gras.

Le tunnel radiographiant nos bagages détecte mes chaussures de montagne. Que veulent ils ? J’ai déjà dû abandonner, au départ de Nouméa, ma bombe à raser.
 Les semelles les intéressent, sont elle propres ? Par chance, tellement usées qu’elles sont lisses pratiquement et ne peuvent retenir : ni terre, ni graines, ni brins de végétaux. Je suis soulagé et peux les récupérer.
Nous partons au pas de course poussant un chariot lesté de nos bagages. Envol pour Christchurch, capitale de l'ile du sud et départ de notre tour de cet immense pays. Nous allons rouler quelques 5.000 km.
 

VOL POUR CHRISTCHURCH : contrôles sérieux

Il faut passer de l’aéroport international au national par des trottoirs extérieurs. Le tracé est parfaitement indiqué, il suffit de suivre la ligne de peinture blanche.
Nous filons, espérant prendre un avion pour CHRISTCHURCH plus tôt que celui prévu à 14h30 ; afin d’arriver avant la nuit,  prendre en main notre camping car et se familiariser avec la conduite à gauche.
Nous accédons, au comptoir général, pour prendre nos billets. Il est 13h10, l’avion décolle à 13h30. Encore un contrôle des bagages par tunnel.
 Le bagage cabine de Marie-Ange est complètement vidé et « désossé » ; les pots de crème inspectés, reniflés, les tubes pressés,la pharmacie suspectée ; shampoing après shampoing secoués, écoutés ; tandis que les appels urgents nous concernant se renouvellent. 
 Finalement un « sorry » soufflé du bout des lèvres nous laisse devant un sac vide, son contenu éparpillé sur le dessus d’une table. Ce qui avait été rentré méticuleusement ne peut plus être remis en place facilement, nous terminons sans tirer la fermeture éclair, l’ouverture béante nous partons, à la course, par un couloir interminable vers le contrôle d’embarquement.
 Nous sommes les derniers à entrer dans l’appareil, on ferme la porte derrière nous, les passagers nous jettent des regards interrogateurs et curieux.

VISITE DE L'ILE DU SUD n1 : CHRISTCHURCH à BLUFF

NZ DU SUD n2 : TE ANAO - MILFORD - QUEENSTOWN  - WANAKA
NZ DU SUD n3 :  FRANZ GLACIER à PICTON
NZ DU NORD n1 : WELLINGTON - Lac TAUPO - ROTORUA - WHANGAREI
NZ DU NORD n2 : CAP REINGA - OPONONI - AUCKLAND

aires de camping : www.doc.govt.nz

 

 

 

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CHRISTCHURCH : ’île du Sud, départ de notre séjour.

  prise en main de notre camping car

Un appel téléphonique « vert » pour prévenir notre loueur CAMPER KIWI de venir nous chercher à l'aéroport.
 Un circuit impossible à mémoriser nous amène en pleine campagne au dépôt.
Formulaire à remplir, à signer, explications, enregistrement, paiement.

Une surprise de taille nous attend. Notre camping-car retenu n’est point là.
Mais "pas de problèmes pour le même prix, nous vous offrons le modèle au-dessus" . Nous y gagnons : un
véhicule plus grand avec : douche et petit coin que nous n’avions pas réservés.
 Il y a « un mais », l’assurance n’est plus de 10 dollars par jour mais de 20, une façon de refaire leur manque à gagner.
Nous prenons un air très contrarié, nous laissant choir sur un canapé en moleskine, refusant catégoriquement cette imposition que nous n’avons pas négociée.
« Je vais voir mon boss » dit le préposé qui file derrière 2 containers, où j’ai vu plus tard qu’il n’y avait, rien d’autre,
qu’un w.c. et une vieille machine à laver.
 De retour avec le sourire « Le Boss a dit O.K pour laisser l’assurance à 10$». En plus nous avions opté pour un moteur à essence, seul existant dans le modèle de notre choix, nous nous retrouvons avec une alimentation au gasoil, donc moins cher au litre.
 Normalement la consommation de gas oïl est pénalisée de 3$ n.z. tous les cents kilomètres, il n’en est plus question : la société de location les prend à sa charge.

Location du 9 mai au 20 juin 2007 hors saison - 1 nz$ = 0.56€ 

Location Ford transit
43 jours x 32.00$ = 1.376.00$

Assurance obligatoire
43 j x 10.00$ = 430.00$

Dépense location   
1.806.00$ = 1.011.00€

Consommation : 12l/100km
 1 litre gasoil=1.559$ = 0.87€

Avons parcouru
6.000km

Dépense carburant
1.122$ = 630€

Nous avons mis en concurrence par mail deux loueurs choisis pour leur efficacité : ezy-car (www.ezy.co.nz) et KIWI (www.nzcampers.com) et discuter âprement les tarifs. Kiwi a remporté notre choix en nous offrant le ferry pour rejoindre l’île du nord (économie de 170 €). Mais on constate que l'année suivante les prix ont flambé.

 
                          

CHRISTCHURCH

 

La prise en main n’est pas si difficile, malgré la conduite à gauche, le siège à droite et le levier de vitesse à main gauche.
Nous partons à la nuit tombante, errant dans la ville, croyant être où nous ne sommes pas, emportés par le flot de la circulation.
Nous essayons de rejoindre le bord de mer.
Après maints détours, nous roulons dans une large avenue résidentielle déserte. Marie-Ange flanque la frousse en interpellant, par nuit noire, une conductrice qui sort de chez elle en voiture pour lui demander notre chemin.
Finalement, nuit noire, nous atterrissons dans un parking, en plein air, agréable en bord de plage, en compagnie d’un autre camping car et de deux autres voitures.
 Passé 19 heures nous nous apercevons qu’il n’y a plus aucun véhicule, et que nous sommes seuls.
Ce parking est fermé par un gardien à partir de 19 heures, impossible donc de nous en évader.


Nous apprécions les commodités de notre home : l’eau brûlante nous surprend en risquant de nous ébouillanter, le four à micro ondes, lui, ne peut servir qu’avec un branchement extérieur, mais sera utile comme placard.
La climatisation est inutile en cette saison, nous sommes en hiver austral par 43° sud.
Au matin la température intérieure est de 15°. Nous sommes passés de 25° la nuit à 15° sans savoir combien il fait à l’extérieur, le petit réfrigérateur ne sera pas utile non plus.
Le plus étonnant est que nous n’en souffrons pas, l’adaptation est rapide.

 

La nuit sera calme et bonne sous la double couette, bercés par le bruit des vagues qui roulent jusqu’à la plage avec au petit matin le cri des mouettes, massées en cercle sur le sable, à côté des tas de laminaires larges et épaisses, échouées par la marée.

Promenade sur la jetée, qui s’avance en mer, à regarder à son extrémité, à côté de la pancarte "défense de pêcher" une dizaine d’hommes, canne en main, le fil dans l’eau.

 L’un d’eux remonte un petit squale faisant la joie d’un jeune couple de touristes Japonais qui immortalisent la scène sur leur appareil numérique, confié à un tiers pour l’occasion.
 


CHRISTCHURCH - AKAROA : 80 km 

Nous roulons vers la presqu’île d’AKAROA premier point de colonisation des Français en Nouvelle Zélande qui sous la pression des autorités britanniques ont été obligés de revendre les terrains acquis. Certains sont restés et s’y sont implantés.

Nous roulons en terrain plat et sinueux suivant un long moment le contour du lac ELLESMERE dont les bords peu profonds et semés de végétation abritent de nombreuses compagnies de canards à col vert.

Des petites fermes d’élevage : vaches, moutons et quelques chevaux qui portent des manteaux de tissu pour les protéger du froid de la nuit.
 La route aborde une chaîne de monts coupés de vallons, virages serrés, pentes sérieuses.

Les fermes sont de coquettes maisons souvent de bois, pimpantes, colorées, entourées de jardins riches en fleurs et en arbres.

 Du sommet d’un col nous plongeons sur la grande échancrure faite par la mer qui pénètre profondément à l’intérieur des terres avec la vision, au fond et de l’autre côté de la baie, le village que nous cherchons.
La vue est si belle que nous y faisons arrêt pour le déjeuner.

AKAROA est un village joli, plein de charme, au bord de l’eau.

Maisons soignées, typiquement anglaises qui portent des noms Français.
 Le restaurant « bon appétit », le bar « ça bouge »…etc.
 Beaucoup de façades arborent le drapeau Français.
 Bourg touristique qui l’été quadruple sa population et, dont les activités sont tournées vers la mer.
 Promenades en bateau, nager avec les dauphins, observer les pingouins et  phoques. Des clubs nautiques anciens, construits en bois sur pilotis.
Après une promenade à pied nous cherchons une place où rester pour la nuit avec notre véhicule.
 Les belles places, au bord de l’eau, sont toutes interdites de stationnement pour la nuit.
 En longeant la mer après le phare,
la route qui est une impasse, sur une aire de retournement, nous trouvons le bon endroit : calme avec vue sur la baie.
 

AKAROA - TIMARU : 180 km  
LUNDI 11 JUIN 2007

Au petit matin, le temps est gris et 10° à l'intérieur, 11°à l’extérieur. La double couette nous a bien servi. Le soleil sort de derrière la montagne et réchauffe l’atmosphère nous avons bientôt 20°.
La route reprise à l’envers, nous rebroussons chemin. Route sinueuse qui grimpe bordée d’arbres divers dont certains ont des feuilles avec des teintes d’automne : des jaunes et des rouges qui tombent doucement sur la route ; des chênes, séquoias énormes, hauts et troncs massifs à la base.
 Prenons la route qui descend vers le sud, et roulons au milieu de grandes plaines barrées au fond sur notre droite par les Alpes new zélandaises.

Prairies bien limitées par des haies de grillages derrière lesquelles paissent des troupeaux de vaches ou de moutons.

De temps en temps de grandes pièces de terre labourées et bien roulées.
Escale à TIMARU pour nous munir en cartes et dépliants et, filons plein sud par l’unique route bien goudronnée et signalée ; avant chaque virage des panonceaux indiquent la vitesse pour l’aborder.
 Longues lignes droites.
Avant la tombée de la nuit nous cherchons une transversale pour rejoindre la mer qui est parallèle à nous.
Après plusieurs essais qui ne sont que des accès privés nous aboutissons par un chemin de terre près d’une immense plage de galets longée par une réserve de chasse.
 

MARDI 12 JUIN 2007


La nuit est noire, nous somme loin de fermes isolées. Pas un bruit, pas une voiture. Le calme et repos complet.
 Réveil au petit jour. Le thermomètre accuse 6° à l’intérieur. Un petit coup de chauffe au gaz pour faire monter le thermomètre jusqu’à 15° pour prendre plus confortablement notre petit déjeuner.
Promenade à pied sur la plage et retour par un chemin, en contre bas, dans l’herbe à travers ajoncs en fleurs et marécage, sur le côté opposé à la mer.
Une carcasse d’otarie avec trois belles dents sur la mâchoire, une masse de plumes appartenant à un grand oiseau, mort à côté, les ailes dépliées. Un wallaby s'enfuit juste sous nos yeux.
 Nous reprenons la route et déjeunons sur le bord de mer à l’endroit où l’on espérait voir une colonie des plus petits pingouins existants.
 Pas un seul animal, pourtant une grande tribune en béton est dressée, à leur intention, en bord de mer comme pour assister à un spectacle.
 


TIMARU - DUNEDIN-OTAGO: 200 km   

L’après midi est consacrée à rouler pour rejoindre DUNEDIN, nous suivons une superbe route côtière, les champs bien peignés descendent jusqu’à nous. Nous zigzaguons tranquillement de petits caps en petits caps par de légères ondulations.
La campagne est si propre, si bien tondue, si verte que la Nouvelle Zélande ressemble ici à un immense club de golf.

La traversée de la ville se fait facilement car bien balisée, nous suivons le fléchage pour arriver à l’extrémité de la pointe OTAGO à la tombée de la nuit, le guide papier nous promet à cette heure, d’admirer une colonie d’otaries, des albatros et des pingouins.
Cette route est superbe sillonnant véritablement au bord de l’eau, extrêmement étroite. Conduite à gauche, volant à droite, Marie-Ange s’imagine maintes fois, prenant un bain forcé, alors que de mon côté j’ai l’impression de frôler ceux qui nous croisent.

 Le phare juché sur une falaise domine la mer d’une cinquantaine de mètres mais l’accès à celle-ci est impossible, grillages, barbelés et surplomb.
 On ne voit rien que des cormorans nichés dans  des creux sur l’à-pic de la falaise, en bas la mer brasse une chevelure épaisse de «  kelp » qui s’accroche aux rochers. Ce soir-là pas  d'otaries ni de pingouins.

Revenant du point de vue vers notre véhicule, risible consolation, un lapin sort d’une touffe d’herbe juste devant nous. Pour la nuit nous trouverons une place avec vue splendide sur le golfe dans une ancienne boucle désaffectée de la route côtière, la mer est à deux mètres sous nos yeux.

MERCREDI 13.05.07  PRESQU’ILE OTAGO  
 

Le vent a soufflé en rafales toute la nuit.
Spectacle splendide sous nos yeux, la mer frissonne fort dans cette baie très fermée, le dessus de la houle commence à s’écrêter.
Après notre petit déjeuner nous filons vers Porto Bello et prenons HIGHCLIFF ROAD pour rejoindre SEAL.
La route étroite monte rudement et déroule devant nous des paysages à couper le souffle ; en corniche elle domine des vallons très pentus où paissent calmement des moutons.
 Des bouquets de grands arbres s’agitent sous le vent.


La route qui mène à SEAL POINT est en terre et graviers.

Elle descend jusqu’au bout d’une falaise qui domine la mer dont les rouleaux puissants viennent jusqu’à la plage.

Des laminaires arrachées au fond, restent emmêlées sur le sable comme des tas de gros cordages derrière lesquels s’abritent les « oyesterbird » oiseaux noirs à pattes et long bec rouges qui partent lentement tête baissée à notre approche.

Le sable poussé par le vent remonte la pente vers l’intérieur en une immense dune.
Finalement c’est ici le meilleur endroit pour observer les lions de mer.

Deux  couples sont là. L’un sur la plage, l’autre dans les rochers.

Quant aux pingouins «  œil jaune » ils étaient partis pêcher et vont jusqu’à 25 miles où ils restent la journée et même plusieurs jours.

"Très peureux" signale la pancarte.
Des abris ont été érigés sur la falaise pour les observer, de fortes jumelles sont nécessaires ; il faut être, dit on, à la tombée ou au lever du jour pour risquer de les voir.


 
OTAGO-INVERCARGILL : 252 km

Retour obligé par DUNEDIN où nous faisons le plein d’eau et de gas oïl pour rouler vers INVERCARGILL.
Longue route nationale, virages, montées, descentes…un véritable toboggan au milieu de pâtures et de milliers de moutons.
Nous essayons une route secondaire qui se coule dans une vallée étroite dont le goudron est absent très souvent.
Route de graviers annoncent les panneaux. Les fermes à gauche et à droite se succèdent. Elevage, essentiellement élevage. Vaches, moutons, et biches.

 Impossible de trouver un seul point pour y stationner la nuit. Que des entrées de fermes ou de champs que nous ne pouvons bloquer.

 Nous poussons jusqu’à OWAKA et passons la nuit sur une aire forestière à l’entrée des chemins d’accès aux chutes de PARAKANUI que nous irons découvrir demain. 

Jeudi 14 MAI 2007

Le ciel est maussade sans pluie. Nous atteignons   une belle cascade très romantique, par un chemin bien balisé, avec des panneaux explicatifs pour les arbres et les plantes.
Vaut la promenade mais pas le détour. Nous repartons par une route secondaire non goudronnée.
 Traversons CATLIN FOREST ; des kilomètres de plantation récente d’eucalyptus et de pins. Route de campagne vallonné
e à l’extrême avec de petits courants d’eau. Pâtures d’élevage plus pauvres, plus humides semées de joncs et de plantes aquatiques.
 Les moutons sont très craintifs et s’enfuient à notre approche.

 Nous dirigeant vers INVERCARGILL,nous prenons une route vers la côte pour passer par CURIO BAY où le vent est violent.
 La mer que nous avons retrouvée roule et brise loin avant la plage soulevant des paquets d’écume dans les airs.
 Ce doit être un « spot » pour surfeurs, quatre ou cinq sont dans l’eau et attendent «  la belle ». Nous croisons l’un d’eux en combinaison, frigorifié, planche cassée en deux morceaux sous le bras.
Après les maisons un site de forêt pétrifiée et, au bout du cap, une vue magnifique sur la mer déchaînée qui se jette à l’assaut des rochers avec de superbes envolées de vagues, que nous admirons depuis l’intérieur de notre véhicule, tout en déjeunant, bien à l'abri.

Nous repartons sous une pluie battante et des rafales de vent.

Le temps est si épouvantable que nous décidons de nous arrêter à FORT ROSE jusqu’au lendemain. Une baie, bien protégée, commence à trois mètres de nos vitres.

Le vent est si violent venant de notre ¾ arrière que le camping car est secoué avec violence ; à l’intérieur nous avons l’impression d’être en bateau, jour de tempête.

Nous remarquons que nos portes arrière ne sont ni étanches à l’air ni à l’eau, de même pour les côtés vitrés. L’ennui est que la température extérieure varie entre 5° et 10°, pas étonnant qu’au réveil, le matin, le thermomètre intérieur soit si bas et qu’en sortant nous n’ayons pas une impression de froid.
Le lendemain, la plage à perte de vue, est jonchée de grosses souches échouées et de bois poussé par le flot et le vent.

VENDREDI 15 MAI 2007

Nous nous habituons à la température fraîche au lever. Longue promenade sur la plage descendant vers l’estuaire dont l’entrée est barrée par un mascaret qui a l’air infranchissable. Les oiseaux, mangeurs d’huîtres, noirs : pattes et long bec rouges nous fuient l’air contrit, baissant la tête et poussant une sorte de sifflement aigu.

 La route vers INVERCARGILL est  très agréable. Suite de fermes d’élevage et de terres plus pauvres et humides semées de touffes de joncs. INVERCARGILL est une ville de moyenne importance avec des constructions vieillottes par endroits.  
Halte obligatoire dans un supermarché.  Ahurissement demandant, un renseignement à propos de viande de mouton, à une jeune femme qui s’occupe d’un rayon, je m’entends répondre en notre langue. A la suite de quoi Michèle téléphone à ses parents qui sont français, bretons de surcroît. Nous sommes invités à prendre le thé, il est midi.

Cécile et Roger Kergozou de Buéssonnière. Elle, est native de Pirru près de Guingamp ; lui, est de Quimper, élevé à Jersey, parlant breton et français.


 Ils sont en Nouvelle Zélande depuis 50 ans : partis jeunes mariés, ont commencé par cueillir des fruits, puis s’occuper d’élevage dans une ferme au nord de l’île, pour finalement acquérir des terres ici et élever des moutons à Invercargill où ils sont depuis 42 ans.

 Un grand jardin : gazon et fleurs, une grande maison de plein pied, réaménagée et agrandie par les mains de Roger.
Travaillant sur les terres le jour et, une partie de la nuit agrandissant la maison. Surprise de découvrir sur les rayons d’un vaisselier tout un service de pur quimper avec des sentences peintes à la main.

 Quelle chaleur dans l’accueil de ces immigrés de longue date, heureux de nous expliquer leur vie, de parler de leurs enfants, montrer l’album de photos familial.

Visite, avant de partir, des champs où sont parqués 500 mérinos, bêtes de 100 kilos chacune venant à l’appel de leur maître, jusqu’à la clôture, pour manger des tranches de pain de mie que nous leurs tendons.

Si chaleureux est l’accueil que nous sommes invités à revenir dîner demain soir, gigot de mouton oblige.



 

BLUFF : Tempête

Profitons, de l’après midi, pour aller jusqu’au bout de la presqu’île de Bluff (46°36’ latitude sud), qui nous mène jusqu’à son port de pêche et à l’embarcadère du ferry pour l’île STEWART.

 Départ à 9h30, retour à 15 heures, une heure de traversée. Nous jugeons le prix excessif pour faire un aller et retour dans la journée qui nous laisse peu d’heures de visite (47 euros aller-retour).
 Le temps se gâte.
A l’abri de deux garages fermés d’un club nautique, sur les quais du port de pêche, nous sommes secoués par les rafales de vent, la mer fume dans le bassin, le vent souffle déjà à 40 nœuds.
Demain ce sera pire : température plus basse, vent plus fort. Nous venons de faire un tour sur des estacades de bois menant aux bateaux, le vent est si violent que l’on manque d’être jetés contre les rambardes et même d’être renversés. Nous rentrons vite nous mettre à l’abri et nous faire un thé bien chaud.

La nuit a été agitée. La carrosserie de notre véhicule fait des bonds, sur ses amortisseurs, sous les coups de boutoir violents du vent, avec des grains cinglants.
 A tel point qu’un peu d’eau rentre par les jointures des portes arrières.
Mon oreiller et le haut du matelas sont trempés. Le vent a forci, les bateaux fortement retenus par de grosses amarres, avant et arrière, dansent et sont malmenés, la mer fume sous l’effet du vent, un bon 60 nœuds ce matin.
 Nous sommes si fortement secoués que j’ai du mal à écrire et Marie-Ange craint que sa casserole glisse hors du feu.

Le départ du ferry est annulé  pour cause de tempête. Nous remplaçons l’excursion par une longue ballade depuis le sommet de BLUFF HILL MOTOPOHUE. 
Magnifique promenade où les vagues déferlent et partent à l’assaut des rochers. La mer est blanche jusqu’à l’horizon.
On aperçoit juste sous nous, à la verticale, des otaries qui se laissent bercer par le ressac, une nageoire latérale levée, hors de l’eau, comme une voile sortant de temps à autre la tête pour jeter un œil plus loin.
Sous le couvert des arbres des oiseaux noirs à collerette et bec blancs nous régalent de sons inconnus pour nous, mi métallique et rauque.

Arrivés à mi parcours à LOOKOUT point, vent de face et  pluie qui cingle le visage comme des aiguilles, obligés de mettre les mains sur les joues pour atténuer la douleur.
Les rafales sont si violentes que nous avons beaucoup de mal à progresser debout.
 Penchés en avant, Marie-Ange s’abrite derrière moi qui lui sert de coupe vent.

Nous virons sur notre droite pour attaquer la montée vers le sommet de BLUFF HILL, en terrain découvert au départ, vent dans le dos nous volons. La pluie nous trempe le dos, nous arrivons, dégoulinant après deux heures et demi de marche, à notre véhicule. Engloutissons un copieux déjeuner avant de regagner Invercargill.

La recherche d’un poste Internet nous occupe un moment. Un demi Euro pour 15 minutes, mais bonne moisson de courriels que nous allons tranquillement à bord, prendre le temps de les lire et répondre sur notre portable, avant de rejoindre Cécile et Roger Kergozou qui nous accueillent chaleureusement dans  une maison  très confortable, moquette profonde et douillette de partout : dans le salon, l’escalier et les chambres.
Une vaste pièce de réception pas moins de cent mètres carrés.

La table est dressée : grand plat de viande de mouton et plat de légumes alléchants. Un verre de vin rouge du pays excellent. Le dessert est une spécialité de New Zélande. Enorme gâteau de crème et de meringue avec une couche de tranches de kiwi dont la couleur ressort sur la chantilly, fait par Michèle qui est là avec son fils Nicholas âgé de onze ans.

Tellement de choses à dire, à voir. Leur parcours d’immigrants partis en bateau depuis l’Ecosse il y a cinquante ans. Leurs différents emplois à l’arrivée : travaux dans une ferme avec un dimanche de liberté par mois, cueillette des fruits, emploi dans un centre de tonte des moutons, bûcherons…avant de pouvoir acheter la propriété d’aujourd’hui.
Quel parcours de labeur acharné et d’épargne. Leur générosité et leur délicatesse est si grande qu’ils n’acceptent pas que nous dormions cette nuit par si mauvais temps, dans notre froidure. Notre chambre est prête. Les lits jumeaux tenus chauds par un couvre matelas chauffant. Nous dormons comme des loirs.
Huit heures au jour à peine levé, comme convenu, nous nous retrouvons dans la grande salle du bas pour un copieux petit déjeuner. Mélange de céréales, raisins secs, framboises dans du lait.
 Michèle arrive avec des croissants chauds, achetés en ville pour nous faire une surprise. Difficile de s’arracher à cette ambiance si chaude, à cette chaleureuse amitié.

 Finalement nous décidons d’emmener avec nous Cécile et Nicholas jusqu’à RIVERTON, en bord de mer, petit bourg balnéaire où Michèle nous rejoindra pour un déjeuner à notre bord.

La côte et la mer, en furie, sont belles, gros rochers que la mer recouvre et heurte en gerbes d’eau écumante qui montent haut et sèment leur mousse au vent. En début d’après midi nous nous séparons, après des adieux émouvants.


Vers TE ANAU



Pacifique : SOMMAIRE