PANAMA

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 SAN BLAS              MIRAFLORES-canal                 LAC GATUN                  BALBOA

(cliquez gauche)

ILES SAN BLAS

 COLON

CANAL DE PANAMA

LAS PERLAS

ROSARIO (COLOMBIE) à l’ile MONO

( SAN BLAS-PANAMA) 155 milles CAP 250°

 

 

DIMANCHE 23 JANVIER 2005

Départ manqué à six heures par suite de batterie, cette fois ci, déficiente. Elle a flanché subitement après deux ans et demi de bons services. Fort heureusement nous avons toujours à bord une batterie neuve et sèche (110 Ampères), acide à part, que nous sortons et remplissons pour la mettre en activité immédiate.

7 heures- Démarrage sans problème, juste une heure de retard sur le programme prévu. Nous virons à gauche après les bouées signalant des patates et longeons ROSARIO côté sud, survolant un champ de corail à 4 ou 5 mètres sous nous. Trente six heures de route prévues jusqu’à nos premières îles SAN BLAS.

Nuit sans problème, vent travers, houle supportable, quoique……..dirait la pitaine et son sempiternel mal de mer.

 

Iles SAN BLAS

                 Voici les premières îles, nous avançons cap 205° en laissant sur tribord une barrière de corail très visible et prenons le chenal de la pointe BRAVA, en nous dirigeant vers la côte, il faut contourner par le nord ouest une île allongée qui est en réalité l’île MONO, pour aller mouiller derrière au point :

LAT. 09°16 '492 N        LONG.078°07 '426 W

 

 Les cartes électroniques sont inexactes, l’erreur est de 0.3 mille au moins vers l’ouest,et à chaque mouillage, mais il n’y a pas de problème en plein jour, on voit bien le corail. Le mouillage se trouve juste devant une frange de cocotiers derrière l’île que les cartes placent, à tort, ailleurs.

            Nous mouillons par cinq à six mètres de fond, abri tranquille, décor de cocotiers et de mangroves, protégés du vent et de la houle.

 

 

MARDI 25 JANVIER 2005

LES SAN BLAS : Ile MONO à CABEZA CAYS – 8 milles cap 291° 

Pas d’agitation ni de précipitation, nous n'avons que huit miles à faire et levons l’ancre à 10 heures. PEDRO ou moi même à l’avant pour veiller à parer les « patates » et les hauts fonds.

 Navigation au moteur avec un bout du génois, parmi des îles plus ou moins grandes dont quelques unes sont habitées. L’une d’elle plus que les autres, grosse bourgade avec une église qui détonne sur les toits de chaume.

L’école, sur le continent à faible distance, est reliée par une passerelle qui enjambe un bras d’eau jusqu’à l’île.

Une autre île ronde habitée et bâtie sympathiquement, toits de chaume et petite estacade en rouge, est un hôtel.

Nous rattrapons deux autres voiliers, inconnus de nous, qui cherchent aussi à mouiller aux abords de l’île SNUG Harbour.

Notre ancre descend à 10 mètres de fond, alors que l’on est tout prêt d’un îlot et à toucher un haut fond de corail, presque à l’intersection de deux îlots barrés par une langue de sable.

Notre mouillage : LAT : 9° 19 '724 N    LONG 078°15' 240W

Deux pirogues passent et cherchent à nous vendre un crabe et des petits poissons ; un troisième nous demande si l’on a de la "contrebande".

Un quatrième viendra seul l’après midi dans une pirogue à la rame, avec lui un jeune enfant assis au fond. l’homme édenté et sans grande tenue vestimentaire vient nous taxer des fameux 6 dollars, valable pour un arrêt de trois jours. Pour un dollar de plus il se charge de vous débarrasser de la poubelle. L’étonnement est que nous sommes devant un groupe d’îles inhabitées, l’homme donne un reçu sur une feuille de carnet imprimé sans tampon ni en tête. Il remplit à la main et signe.

Après midi à terre, à faire le tour d’un îlot inhabité, mais belle cocoteraie dont Pedro rapporte une noix que nous avons dépecée, ouverte, puis dégustée le jus et la pulpe avec plaisir.

Durant notre promenade un grain s’est déversé sur nos têtes, le bateau, contrairement à notre habitude, est resté grand ouvert. Retour donc humide, affaires à mettre à sécher.

Le vent a soufflé toute la nuit (20-25 nœuds) mais nous étions bien abrités par un groupe d’îlots plantés de grands cocotiers.

CABEZA CAY à l’Iles du DIABLE – 14 Milles – cap 293°

 MERCREDI 26 JANVIER 2005

8h30- L’ancre est levée à la main en tirant assez fort alternativement, Pedro ou moi, sur un fond de quinze mètres ;

            Moteur et voiles, vent de travers qui vient vite dans le nez avec une houle désagréable n’ayant plus d’îles entre le large et la côte pour nous protéger.

De temps en temps un village sur la côte et de longues plages avec une végétation abondante, collines et montagnes immédiatement en arrière. Les nuages sont nombreux, le ciel est gris. Trois îles se profilent devant nous- Iles du Diable. La première, la plus proche de la côte est couverte de maisons serrées les unes contre les autres.

Paillotes mêlées à d’autres maisons en parpaings. Une petite église dont le clocher bleu dépasse au dessus des toits. Au sud ouest de l’île son extrémité est protégée par deux barrières de corail entre lesquelles nous mouillons, non loin de deux estacades très animées par le départ et l’arrivée de nombreuses barques tandisque des pêcheurs sillonnent alentour sur leur pirogue fragile, ramant d’un seul côté et d’une seule rame.

 MOUILLAGE      LAT. 09°25' 330 N    LONG   078°28' 857 W

La passe d’accès est réputée être très poissonneuse pourtant nous n’avons rien pris à la traîne lors de notre voyage du matin.

            L’après midi, le temps se gâte, ciel noir, accélération du vent, la pluie se met à tomber avec violence, la température a fraîchi, la plage de l’île et les abords sont évacués rapidement, plus un chat dehors, le village s’estompe sous la pluie, juste le vent qui souffle. Le temps est déroutant d’autant plus que nous sommes en pleine saison sèche jusqu’à mi avril. Il fait presque froid, un thé est accepté avec plaisir.

            Le Cacique n’est pas venu pour percevoir sa taxe alors qu’habituellement on le dit rapide à encaisser.

ILES DU DIABLE à CAYOS BANDERO  – 9 milles – cap 305°

 JEUDI 27 JANVIER 2005

 Dans la nuit encore quelques grains, le vent ce matin est tombé, ciel encore couvert, tout est gris, l’éclairage est triste.

            Un avion fait son approche du terrain qui est à proximité, le long de la côte, un petit quai en bois surmonté d’un signal rouge en tissu montre l’accès pour les passagers venant par la mer au terrain.

8 heures- Nous quittons notre mouillage, petit parcours aujourd’hui.

Nous allons vers le groupe d’îles très étendu, réputées plus belles.

 Sûrement réputées en tous cas, puisque entre les trois îles où nous allons neuf voiliers sont ancrés dans un mouchoir de poche, protégés par une longue barrière de corail vers le large qui brise.

 

 

 

 Un cargo est coincé sur les coraux et rouille doucement à cinquante mètres de la passe qu’il a dû rater.

Les eaux sont plus claires, plus de transparence, notre ancre croche dans sept mètres de fond entre des banquettes de coraux, un peu à l’écart de l’escadre d’ailleurs calme.

 Deux pêcheurs dans une pirogue pêchent à la palangrotte, pas de maisons en vue, les îlots proches ne semblent pas habités mais sont couverts de cocotiers.

Nous sommes à l’île BANDERO

mouillage   LAT. 09° 30' 620 N   LONG.078°37' 061 W

 BANDERO à CAYOS HOLLANDES – 11 milles – cap 305°

                                   SAMEDI 29 JANVIER 2005                                           

            Par un vent puissant de nord-est nous décidons de pousser plus loin, rejoindre un groupe plus important d’îles, peut être les 230 iémes sur les 350 des SAN BLAS.

Toujours inhabitées mais plantées en abondance de cocotiers, offrant une bonne protection à la houle, doublée souvent par une longue barrière de corail.

Le temps est toujours curieux, gris, très nuageux et dés que le soleil perce il fait chaud. Nous filons à bonne allure à voiles et au moteur, car vent face, nous n’avons que onze miles à faire.

 L’arrivée dans des eaux transparentes, avec des fonds de sable et d’algues courtes par banquettes, de chaque côté de nous ; plus loin du corail sur lequel nous allons pêcher.

 Beaux fonds variés : gorgones, grosses boules couvertes comme d’hiéroglyphes, feuilles palmées s’agitant dans le courant.

            Trois poissons suffisent pour midi, que Pedro dépèce et prépare pour la cuisson           .

 CAYOS HOLLANDES    LAT. 09°35' 810N. LONG.078°46' 316 W       

 

  Un Cuna vient jusqu’à nous en pirogue avec femme, deux filles et deux garçons, dans l’espoir de nous vendre des Molas : patchworks de couleurs assemblés sur un fond de tissu, représentant des poissons, tortues, coraux, souvent par deux, tête bêche. Le prix se négocie en dollars.

 La mère dans la pirogue nous tourne le dos et montre, de ses deux mains en levant les bras, son travail sous le ricanement de ses garçons. Elle tend une pièce de deux motifs différents à 15 dollars, 30x40 cm, sans vouloir démordre de son prix.

Lorsque nous nous décidons, elle sépare les deux pièces nous en tendant une. Nous crions ensemble au scandale, disant que le prix était fixé pour les deux. Quiproquo ou mal entendu, nous renonçons estimant que c’est un marché de dupes, ils partent sans discuter plus longtemps.

DIMANCHE 30 JANVIER 2005

 

            Beau temps, bien à l’abri. Nos deux voiliers voisins sont partis, la cocoteraie à l’une des extrémités fume à travers les palmes, les hommes nettoient les sous bois et ramassent les cocos tombées à terre en les attachant par deux en détachant sur chacune un peu de bourre pour faire un nœud et les lier ensemble.           Quatre cocos pour un dollar.       

Séance de pêche au milieu de coraux magnifiques.

En me mettant à l’eau, je tombe sur un gros requin, deux mètres cinquante, d’un beau gris souris, le ventre sur le sable, la tête à moitié cachée dans un trou sous un massif de corail, immobile.

 Par prudence je fais lentement marche arrière, partant sur le dos sans quitter le monstre des yeux.

 Je pense que c’était un requin dormeur, inoffensif en réalité mais avec une gueule de vrai requin tout de même.

 

  Cet ensemble d’îles est paradisiaque, reposante et séduisante pour la vue.

CAYOS HOLLANDES à PORVENIR -  11 milles

 MARDI 31 JANVIER 2005

Il faut bien avancer, même au prix de briser les rêves, nous sommes dans la dernière partie des SAN BLAS. L’île de PORVENIR est à 11 miles nous devons nous y rendre ce matin pour faire notre entrée sur le territoire de Panama alors que nous y sommes depuis une semaine.

            Navigation entre îles, îlots et bancs de coraux.

            Après avoir mouillé 65 mètres de chaîne par un fond de 12/ 13 mètres, nous sommes attirés par des gens qui s’agitent en bout de piste, nous faisant signe de dégager, étant dans l’axe de la piste, notre mât pourrait accrocher un appareil. Nous reprenons à la main péniblement ce que nous venons de mettre à l’eau afin de nous mettre un peu plus loin, à l’écart. Deux Kunas, en barque, sont venus aimablement nous aider à tirer notre chaîne.

 

L’île administrative de PORVENIR est minuscule, une piste en dur pour petits avions à hélice qui ne perdent pas un mètre de terrain en se posant dés les premiers centimètres juste au ras de l’eau, côté de notre mouillage.

            A terre pas grand chose. Une maison petite et fermée, à un étage, peinte en jaune : le musée du peuple KUNA, un magasin de Molas, bracelets, sacs, sans énorme intérêt. Un hôtel, en parpaings et toit de chaume, de plein pied. La piste et sa tour de contrôle ; puis le bâtiment administratif : frais, bonne présentation, jardin entretenu et propre, mais l’intérieur des bureaux complètement vétuste, délabré, défraîchi, les panneaux des faux plafonds pendants, sont prêts à tomber, les coffres métalliques de rangement complètement rouillés, tables et coffres de bois dévernis et disparates.

            20 Dollars pour trois personnes

            77 Dollars pour le bateau à partir de onze mètres jusqu’à 20 mètres

              8 Dollars de taxe pour la communauté. 

            Visa d’entrée valable pour trois mois.

  MOUILLAGE PORVENIR  LAT.  09° 33' 600 N.   LONG 078°57' 000 W.

MARDI 01 FEVRIER 2005

             PORVENIR à BAHIA DE ESCRIBANOS – 15 milles – cap 270°

 8h30-Quittons PORVENIR que nous sommes obligés de contourner vers l’est d’abord pour nous diriger ouest ensuite à cause des barrières de corail qui l’entourent. Un vent puissant soulève sur les hauts fonds une mer forte avec des creux de 3 à 4 mètres qui nous bousculent de temps à autre.

Quinze milles avant de rejoindre une baie qui s’abrite juste derrière une chicane de corail de part et d’autre de l’entrée. A terre, à tribord de l’entrée, des restes en ciment, d’une construction longue, parfaitement visibles.

Le passage n’est pas trop compliqué, il suffit d’être attentif sur l’avant et bien repérer les bancs de corail en quinconce, sur lesquels cela déferle.

Pour les quillards ne pas trop s’avancer, les fonds en bordure de la terre avoisinent deux mètres, l’abri est bon, l’endroit sauvage, la terre tout autour est boisée, de beaux arbres dont certains géants.

MOUILLAGE BAIE ESCRIBANOS  LAT.  09°33' 218 N. LONG 079° 09 '151W

 

 

JEUDI 03 FEVRIER 2005

 vers L'ILE LINTON ou Port GAROTTE - 25 MILLES-CAP 270°

 

8heures-Sortie D'ESCRIBANOS, un peu délicate, passage d’une langue de sable et d’algues sur notre droite ; à gauche barrière de corail déferlant à perte de vue laissant au milieu un couloir dont nous sommes heureux d’en voir la fin. Vent de travers N.E.un bon 25 nœuds.

 Avec deux ris et génois à moitié déroulé, SAIL ROVER file à plus de 7 nœuds. La côte se transforme, devient plus rocheuse moins plate, plus découpée, petits caps, côte plus abrupte, mais toujours arbres et verdure, une forêt en continue. Par contre des maisons pieds dans l’eau, plus modernes apparaissent fréquemment.

 Quatre heures de bonne navigation musclée par vent de travers, dans une houle parfois agressive et toujours bien formée. A l'approche la côte est escarpée et défendue par des îles rocheuses couvertes de verdure autour desquelles la mer déferle avec violence et forme des couronnes d’écume blanche. Nous arrondissons avec prudence en direction de la côte, sorte de fjord évasé qui la pénètre,  tout en cherchant des yeux un groupe d’écueils, bien signalés sur la carte, qui doivent affleurés dangereusement. L’arrivée est magnifique, à pleine vitesse sous voiles.

           

Sur les bords de mer pentus s’accrochent des résidences secondaires multicolores.

 Le passage se rétrécit tellement que l’on finit par faire un « S »serré entre des plaques de corail qui affleurent, marquées par une multitude de piquets plantés dans l’eau indiquant le manque d’eau.

 

12h30- Débouchons dans une vaste étendue d’eau fermée par des îles, des coraux et la terre.

 Nous jetons l’ancre au milieu d’une flotte de voiliers moitié habités, moitié non occupés. Une bonne vingtaine en tout qui se balancent tranquillement au bout de leur chaîne en évitant à droite puis à gauche sous l’effet des poussées du vent qui souffle très fort par à coups puis retombe.

MOUILLAGE LINTON- PORT GAROTTE   

LAT.  09° 36 887 N. LONG.079° 35 102 W.

                                                                                          

LINTON

            VENDREDI 04 FEVRIER 2005 

            Nuit au mouillage très ventée, des rafales de vent ont soufflé avec violence, le sifflement dans la mâture qui monte rapidement et retombe, SAIL ROVER tire sur sa chaîne, part à droite et revient à gauche suivant des angles impressionnants mais l’ancre ne cède pas d'un pouce.

 Le mouillage si calme par ailleurs, est houleux ce matin au lever du jour. L’aller en annexe jusqu’à Port GAROTTE nous recouvre d’embruns.

 Nous sommes partis à pied par la route goudronnée étroite et sinueuse, montante et descendante suivant de petites collines, bordée au départ de jardins et villas bien entretenues et cossues. Finalement sur notre droite une belle route en terre, en pleine nature, quatre kilomètres pour aller jusqu’à la marina de Jean-Paul et Sylvie, couple de français sympathiques qui ont crée PANAMARINA.

Les voiliers bien abrités par un îlot, une barrière de corail et une haie de mangrove, sont bien amarrés entre quatre solides poteaux enfoncés sur le fond. Cette marina récente se développe rapidement, bientôt les bateaux pourront être mis au sec et gardiennés hors de l’eau avec toutes possibilités de réparations. L’endroit est magnifique au milieu d’une végétation luxuriante peuplée de paresseux, de singes capucins et de nombreux oiseaux.

L’arrivée depuis la mer se fait entre le village de CACIQUE visible de la mer et un îlot situé sur la gauche, il faut se présenter bien à droite de tous les mâts au mouillage. JEAN-PAUL a balisé en vert et rouge le passage. Si vous avez des hésitations appelez le sur canal 72, il viendra vous guider.     E.MAIL : panamarina@hotmail.com

PANAMARINA

JEAN-PAUL et SYLVIE ORLANDO  -  COSTA ATLANTICA DE COLON -CARRETERA DE CACIQUE

APARTADO (B.P) 4353 SABANITAS, COLON. REP. De PANAMA  -  CELULAR : (507) 687-7747                                       

Nous avons fait le voyage de retour sur l’eau avec l’annexe d’Olivier, sympathique canadien de Montréal. Il nous a fait passer par un canal étonnant au milieu de la mangrove, sous une voûte continue de verdure au milieu des racines mélangées comme un entre méli-mélo de doigts longs de bois,dans une eau claire et peu profonde, de temps en temps s’envolaient depuis les branches des aigrettes bleues. 

SAMEDI 5 FEVRIER 2005

PORT LINTON VERS PORTO BELO -10 MILLES

            La nuit a été calme, le vent est tombé, la houle s’est effacée.

8heures- Nous sommes entre le corail et les roches d’un îlot, sortant pour rejoindre PORTOBELO à 10 miles d’ici. Suivant la côte découpée, toute en collines et montagnes en arrière plan, verdoyante d’un bout à l’autre. Cherchant le banc de roches qui affleure à 0,5 mille de la côte dont la bouée de signalisation n’existe plus.

Il faut virer entre la pointe DRAKE et ce banc pour rentrer dans une baie large et bien protégée au fond de laquelle se blottit PORTOBELO.

Les collines, à droite et à gauche sont semées de petits forts cernés par des murs de fortification avec de place en place des échauguettes pour la défense.

Place forte de DRAKE, flibustier Anglais et aussi place de stockage de l’or et de l’argent avant d’être expédiés vers l’Espagne par Galion.

 

 

            Le petit bourg lui même, à part l’église et le grand bâtiment ancien de la douane est défiguré par des constructions récentes de petites maisons en ciment entourées de terre battue, sans fleurs ni arbustes, souvent semée d’un bric à brac. Un marché couvert abrite des femmes KUNAS en costume traditionnel qui y exposent un grand nombre de Molas et de colliers.

            A l’intérieur de l’église un christ noir habillé d’une aube, porte une lourde croix, exposé dans une alcôve, éclairé et protégé des ardeurs des croyants par une grande vitre.

            MOUILLAGE PORTOBELO 

 LAT.  09°33'620 N.  LONG 079°39'890W

                                                                      

HAUT DE PAGE

                                                                                                                 

LUNDI 7 FEVRIER 2005 vers COLON (entrée du canal de Panama Atlantique)

COLON

MOUILLAGE DE COLON    LAT.  09°20' 212 N.        LONG. 079° 54'408 W.

Quinze miles à faire pour aller jusqu’à Colon, prendre rang pour le passage du canal.

 Le vent est mou presque absent au départ, nous avançons au moteur pour finir uniquement à la voile.

 Les cargos se font nombreux et les feux d’entrée pour les deux grandes digues d’accès au canal, au port, et à notre mouillage, apparaissent à l’horizon.

            Les voiliers sont mouillés à l’intérieur, près de la côte, d’une aire limitée par des bouées jaunes ; certains pour le passage ont déjà leurs 10 pneus pour la protection de leur coque, que l’on achète 3 dollars aux chauffeurs de taxi.

A la sortie vous repayez un dollar par unité pour vous en débarrasser à moins que l’idée ne vous vienne de les balancer par dessus bord pour vous éviter : embarras et frais.

 

            Un déjeuner rapide et nous allons avec l’annexe à terre, contournement d’un long pétrolier à quai ainsi que d’une grosse barge à moteur avant d’atteindre le ponton du Panama club plein à craquer.

Une impression de vétusté et de mauvais entretien.  

 Nous prenons un taxi pour découvrir la ville et chercher les renseignements pour le transit.

 Une avenue principale bordée de petits immeubles à deux étages qui, dans les rues parallèles plus étroites, ont l’air de zone à l’abandon, où traînent des gens inoccupés. Les rues sont sales, les murs crasseux, les portes défoncées.

Une impression de laisser aller, un manque d’entretien évident.

Où est la ville de COLON si pimpante et bien entretenue du temps des américains.

 Les boutiques principales, les banques, les bureaux de téléphone, supermarchés et autres sont gardés en permanence à l’intérieur et à l’extérieur par des hommes en arme, qui vous ouvrent les portes d’entrée d’une main, tenant leur fusil de l’autre.

  Il est certain que nous sortons toujours avec notre artillerie dans toutes les villes inquiétantes, c’est une petite bombe d’autodéfense dégoupillée que nous tenons à la main, chacun la sienne, achetée en Afrique du sud ayant subi là, une agression par trois jeunes africains.

 

RECAPITULATION DES FORMALITES POUR LE PASSAGE DU CANAL DE PANAMA

- douane et immigration

- permis de navigation : aux autorités Maritimes de Panama. 78 dollars le permis pour un voilier de 12 m.

- le mesureur : vient à bord vérifier longueur et largeur, s'informe de notre vitesse (conseillée 8 noeuds -nous, on ne les fait pas, peut être avec les voiles et encore-  sinon la caution est 50% plus chère), d'une corne de brume à pression, d'un bac noir pour les toilettes(!), remplissage des 8 formulaires et visite obligatoire à la CITY-BANK.

- paiement du passage : 600 dollars et 850 dollars de caution remboursée normalement.                                 

Seulement après le règlement, la date du passage est fixée. Il faudra attendre 10 jours.

- les aussières : 4 de 38 mètres de long et 19 mm diamètre, ou location 15 dollars l'une.

- les pneus : 10 pare battages ou achat de 1O pneus usagés à 3 dollars l'un.

- les équipiers supplémentaires : il faut être 5 à bord, dont 4 qui s'occuperont des aussières. Entraide entre voiliers sinon location de gens locaux entre 55 et 100 dollars la personne. On ne comprend pas bien l'utilité des 5 personnes par bateau car les voiliers passent à couple ou triple dans les écluses.

  JEUDI 11 FEVRIER 2005        

   COLON

Nuit très venteuse, 25 -30 nœuds.

A deux heures du matin l’ancre avait légèrement chassée, à trois heures, alerte générale, elle ratisse carrément le fond, nous dérapons vers un catamaran ancré derrière nous.

 Moteur en marche, MARIE ANGE à la barre, j’empoigne la chaîne, 55 mètres à remonter à la force des bras, le guindeau mécanique étant trop lent. Il est difficile de maintenir l’étrave dans la ligne du vent, le bateau part sur tribord et n’évite un voilier allemand que de justesse grâce à une rapide marche arrière.

Il pleut des cordes, nous sommes transits mais confiants dans la manœuvre.3 heures du matin, le cap est en pleine forme malgré cet énorme poids à remonter, il dit même que l’absence de guindeau entretient les muscles. 

Le mouillage de COLON est pénible.

 Le fond est de très mauvaise tenue, les vents presque continuels et relativement forts, les bateaux nombreux. Nous sommes une cinquantaine actuellement laissant peu de champ pour l’évitage ou pour les dérapages.

Notre date est fixée, nous passerons le canal le 25 Février soit dans quinze jours. 2 voiliers seulement transitent par jour.

En attendant depuis notre pont, au milieu des 47 voiliers en transit, nous regardons passer les PANAMAX (énormes cargos adaptés au canal) véritables monstres qui peuvent porter 4500 containers, ainsi que des paquebots de 11 étages au dessus de l’eau, illuminés.

 Il y en a 40 par jour qui traversent Atlantique- Pacifique dans les deux sens 24 heures sur 24.

Chacun des navires payant de 100 à 125.000 dollars. On comprend l'importance de leur priorité.

 

 Cette nuit les rafales se succèdent encore, violentes. Le sommeil n’est pas profond, ni continue. Je guette les bruits de l’eau sur la coque, le miaulement du vent dans les haubans qui monte avec force et s’apaise quelques secondes pour reprendre avec plus de force.

 J’imagine notre bateau dérapant à nouveau, venant se jeter contre les voisins qui ont voulu malgré tout se serrer contre nous. D’heure en heure je me lève pour faire une inspection circulaire. Les vides se sont formés autour, certains ont du glisser dans la nuit, ont été refoulés en arrière.

 Hier matin un bateau Espagnol, que j’avais prévenu pourtant se battait avec son mouillage, l’homme s’esquintait avec sa chaîne, s’éreintant à essayer de la remonter pour changer de place.

Il balayait derrière nous les mouillages, évitant de justesse à chaque fois, au moteur, les uns et les autres qui horrifiés par sa ballade incontrôlée, l’engueulaient dés qu’il s’approchait dangereusement.

 Nous avons mis notre annexe à l’eau, et je me suis précipité à son aide, appelant au passage notre voisin Alphonso. Deux heures à se battre pour l’aider, lutte pour relever son mouillage, s’apercevoir que ses ancres, trop petites, étaient mal montées, en paquet couplé en bout de chaîne.

J’ai fini par aller sur SAIL ROVER chercher notre seconde ancre à poste, conséquente, large et pesante que nous lui avons prêtée afin qu’il se stabilise enfin et soit en sécurité.

            Cette nuit les mêmes bruits, les mêmes vents, les mêmes craintes. La nuit blanchit, le jour se lève, de gros nuages noirs traînent dans le ciel ; le vent s’est apaisé, il faut se lever.

 

            L’autre problème dans ce périmètre d’attente est le dépôt constant de fumée noire, de suie, de poussière et autre sur le pont, les tauds, la capote et sur nous mêmes.

Nous sommes à cent mètres du quai des hydrocarbures où viennent accoster tous les trois jours un nouveau pétrolier.

Sous le vent des cheminées qui crachent une fumée épaisse, et que son émission obscurcit tout l’environnement au point de nous voiler à deux cents mètres le paysage.

Nous en sommes recouverts, barbouillés, on en prend plein les narines, nous respirons une odeur de soufre qui dénote un mauvais réglage de leur moteur, à cela s’ajoute les fumées des deux gros remorqueurs qui viennent les assister pour l’accostage et ensuite pour leur départ.

 

Notre départ vient de nous être avancé, nous transitons mercredi 23 février.

 

CANAL DE PANAMA

 

 

 

MERCREDI 23 FEVRIER 2005

 

 

PASSAGE DU CANAL DE PANAMA

 

 

 

 Le grand jour est arrivé. Aujourd’hui nous allons traverser les Amériques par le canal de Panama. Par téléphone le rendez vous a été confirmé, après avoir été prévu d’abord pour le 25 Février.

            Le pilote doit venir nous chercher à 17h30. Nous devons être impérativement cinq à bord. Les trois équipiers complémentaires sont ; Brandon : Australo Irlandais, que nous connaissons depuis Fortaleza au Brésil ; il est arrivé peu après nous à Colon avec son bateau et en famille. Carlos et José sont deux Espagnols que j’avais aidé l’autre jour en leur prêtant notre deuxième ancre ; pour embarquer à l’heure ils ont sacrifié la dernière partie du match de football : BARCELONE CHELSEA.

18 heures le pilote n’est pas encore là, les trois autres voiliers qui passent en même temps que nous sont déjà partis depuis longtemps. Le doute commence à nous gagner. L’inquiétude aussi à cause du temps que nous mettrons à parcourir la distance jusqu’à la première écluse pour rejoindre les autres.

 Le moteur sera obligatoirement sollicité, les nombres de tours de celui ci poussés, ce que nous redoutons.

            Ce sera d’ailleurs l’angoisse constante durant les 10 heures du passage, tenir une vitesse correcte pour arriver dans les temps prévus par le service du canal, sinon la caution de 850 dollars peut être perdue. En fait : c’est une erreur de déclarer une vitesse de 8 noeuds lors du passage du mesureur.

Chacun le fait pensant que, sinon la caution ne sera pas restituée ; en fait les bateaux plus petits, déclarent 5 nœuds, le canal en tient alors compte en les faisant partir en avance sur les autres ; inutile de risquer de crever son moteur stupidement.

           

 Enfin à 18h30 le pilote est à notre bord avec une heure de retard.

 

Immédiatement je m’active à remonter l’ancre que les vents forts des quinze jours précédents ont planté très profondément dans la boue du fond. La chaîne est gluante, glisse dans les mains et sur les gants. Encore trente mètres, les difficultés augmentent mais, grâce à l’aide de Brandon et de Carlos nous l’arrachons.

 Pour gagner du temps, Marie-Ange à la barre, coupe et prend une route plus directe, pour faire les trois milles qui nous séparent des premières portes du canal

 Nous retrouvons le chenal des cargos, les écluses sont illuminées au loin droit devant nous, la nuit est tombée, mais le vent arrière reste fort.

            Juste devant nous un cargo blanc croise un autre gros Panamax gris, terrifiant d’aspect, de 300 m sur 32 m qui vient sur nous.

 Il ne nous voit sûrement pas : nos dix sept mètres de mât n’arrivent même pas à mi hauteur de sa coque, surmontée de ses 4500 containers transportés.

 Une véritable muraille qui passe à 20 mètres de notre tribord, une ouverture rectangulaire sur son côté où l’échelle du pilote est prête à être déroulée, là un homme veille et nous regarde passer, tranquillement assis, jambes pendantes face à nous.

 Le chenal est très étroit, nous passons à trois entre les bouées rouge et verte dont nous rasons la dernière à 3 mètres.  

  Je suis à l’avant, avec Brandon, nous cramponnant, tandis que  Sail Rover fait des bonds sur le relief des vagues d’étrave. Marie-Ange a du mal à maîtriser la barre pour ne pas se laisser aspirer par les remous crées par le passage du monstre.

            Un cargo blanc est devant nous, c’est celui avec lequel nous devons entrer dans le sas.

            Le pilote nous demande de le dépasser.

 Le moteur poussé à 3000 tours nous serre les « tripes ».Il faut faire 8 Nœuds, mais il ne peut pas, au maximum 6.5 nœud et commence à fumer. Cela dure 30 minutes, quelle tension.

 Une fois la manœuvre réussie, notre homme nous demande de nous mettre derrière !

Ordre et contre ordre, stupidité, précipitations pour rien.

Nous sommes devant la première écluse de Gatun. Un voilier canadien attend pour se mettre à couple avec nous. Amarrage sérieux, cordages croisés .

 Ainsi ficelés notre pilote nous demande de faire un demi-tour pour se positionner face à l’entrée de l’écluse. SAIL ROVER en marche arrière, l’autre en marche avant, la manœuvre est ordonnée juste au passage d’un gros remorqueur provoquant une houle formidable.  

Nos pneus le long du bord qui nous unissent et que nous avons chacun en défense, se heurtent, se pressent, se tordent, crissent mais résistent ; par contre nos deux mâts s’entrechoquent au niveau des barres de flèches, en apparence sans dommage, nous avons vraiment évité l’accident à deux doigts, les câbles auraient pû se rompre.

Le cargo blanc s’enfonce doucement dans la première écluse entre les portes grandes ouvertes, bien encastrées dans les murs. Il y a 3 écluses en partant de l’Atlantique.

  La manœuvre se fait au centimètre près. Les cargos utilisant le maximum de la largeur possible et pour les Panamax, en plus le maximum de la longueur. Les voiliers ne peuvent donc passer qu’avec des cargos courts.

Nous nous présentons à notre tour à l’entrée de l’écluse.

Coup de sifflet strident de notre pilote « Attention touline » deux hommes de chaque côté de l’écluse nous balancent deux cordages sur chaque bateau à bâbord sur l’un, à tribord pour l’autre.

 Nous relions un cordage sur chaque touline que les gens du canal récupèrent à la force du poignet, tout en avançant en même temps que les voiliers, nous rapprochant de l’arrière de notre cargo.

 Cordages amarrés en haut des quais et fixés sur nos taquets, nous reprenons le plus vite possible l’amarrage, pour nous maintenir au centre de l’écluse.

            Nous sommes au fond d’une véritable fosse, sans couvercle, entre des portes immenses. Le vent y est nul, et la poupe du cargo devant nous effrayante et gigantesque. Atmosphère féerique dans les lumières artificielles de l’écluse.

Grand calme après les sifflements du vent, les ordres criés et l’agitation des manœuvres. On attend la montée des eaux, dans un curieux silence.

  Ces portes datent de l’époque de la construction du canal. Elles sont démontées tous les dix ou quinze ans pour entretien ou réparation. Le but, est d’élever et faire descendre de 26 mètres, les navires.

Altitude à laquelle se trouve situé le lac de GATUN, lac d’eau douce. Les écluses sont alimentées exclusivement par l’eau du lac, afin de préserver au maximum son environnement et sa végétation, mieux conserver également les mécanismes.

            Les écluses mesurent 294,13 mètres de long pour une largeur de 32,31 mètres.

  Derrière le mur énorme du cargo qui se trouve devant, nous avons l’air d’une puce qu’il ne peut voir, notre mât ne dépasse même pas son bastingage. Eux même sont assistés lors de leur passage dans les écluses, par des locomotives électriques de halage auxquelles ils sont reliés par des câbles.

 Ces locomotives travaillent par paire et se déplacent sur des rails situés sur les quais latéraux et centraux des écluses. Elles servent au remorquage des navires et également à les maintenir dans l’axe.

 Suivant la taille du bâtiment, elles sont de quatre à huit.

Attention l’eau arrive, elle pénètre par le fond des écluses par gravité depuis l’amont vers l’aval, créant en surface des cercles de bouillonnement.  

 

Il faut vite reprendre les cordages dont la tension se relâche lors de la montée des eaux et ne pas laisser les voiliers se déplacer au grès des tourbillons, ni se faire chahuter par les brassements d’eau de l’hélice du cargo.

            La première écluse est sans doute la plus difficile, non pas du point de vue technique, ni manuelle, mais psychiquement puisque c’est la première et la première fois pour nous.

 On s’est imaginé, un tas d’éventualités qui n’arrivent pas car nous sommes encadrés par des personnes compétentes et bien entraînées à nous faire transiter.

Le passage dans la deuxième et troisième écluse se fait sans mal, le métier commence à rentrer, l’émotion n’est plus aussi intense, les gestes sont appris, les réactions attendues.

            Ce premier passage franchit nous nous désattelons du bateau canadien. Nous sommes sur le lac de GATUN à 26 mètres au-dessus du niveau du Pacifique et de l’Atlantique.

La nuit est très noire après les illuminations des écluses et des dizaines de bouées rouges et vertes clignotent au loin. Guidés par notre pilote, nous effectuons les trois miles pour rejoindre les autres voiliers.

Nous nous amarrons sur une grosse tonne en plastique sur laquelle se trouve déjà un voilier finlandais qui nous accueille avec amitié. Les pilotes quittent les voiliers pour la nuit.

Les eaux du lac sont calmes, le temps semble plus frais ainsi que la température et le vent absent.

Un bord de terre est proche, très éclairée, pelouse verte bien tondue. Il est 21 heures, nous allons dîner.

Carlos, notre coéquipier d’un soir, bien surexcité en est à sa huitième bière depuis dix sept heures, alternant bière et cigarettes.

 Nous qui n’avons embarqués juste qu’une douzaine de canettes, heureusement que lui même prudent, connaissant notre réputation de buveurs d’eau, en avait apportées autant de son côté.

 MOUILLAGE LAC DE GATUN

 LAT.  009° 15 749 N. LONG.  079° 54 107 W

JEUDI 24 FEVRIER 2005

Le rendez vous avec le nouveau pilote a été fixé à 7h30

La nuit a été fraîche et calme.  Petit déjeuner dans le cockpit, le regard charmé par les bords verdoyants très boisés. De nombreux petits oiseaux viennent « cuicuiter »gaiement sur nos barres de flèches, tandis que des frégates planent au dessus de nous sur fond de ciel bleu

            De l’un des voiliers, un équipier s’est jeté à l’eau pour faire quelques brasses. Nous qui nous croyons seuls, nous étions sous surveillance, un haut parleur diffuse l’ordre, à notre amateur de baignade, de regagner son bord immédiatement, des crocodiles sont présents dans le lac.

Voyant le temps s’écouler et l’heure du rendez vous étant passée, nous imaginons les conséquences de ce nouveau retard.

27 milles à parcourir avant d’arriver pour 13 heures au but final. Heure imposée paraît il.

Enfin à 8 H 30 les 4 pilotes arrivent sur une pilotine.

 

            Marie-Ange passe un pacte avec les trois autres bateaux afin qu’ils ne dépassent pas les cinq nœuds, dans le but de ne pas avoir à pousser nos moteurs.

Tous donnent leur accord mais deux ne respecteront pas leur parole, trop fiers de pouvoir pousser leur machine, plus la gloriole de dire « j’étais le premier ».

Seul AWEN, d’Olivier et de Carole, autres bretons, avec nous, marcherons à vitesse égale.

Jouant avec notre génois qu’il a fallu enrouler, dérouler, réduire et changer de bord à maintes reprises.

Notre parcours est superbe, zigzagant entre des îles, îlots et presqu’îles enchanteurs.

Un ravissement pour les yeux. Calme et beauté de la végétation. Une détente qui donne envie de s’octroyer le droit de vadrouiller et de rester pour mouiller de ci de là, fugitive impression de notre séjour en Amazonie l'an dernier.

Notre parcours au début, n’est pas celui des cargos, il est plus étroit, plus sinueux, réellement paradisiaque. Par endroits des tribus de singes font des numéros d’habileté tandis que d’autres hurlent en cœur.

 

Un îlot par ci par là avec juste une touffe de palmiers. Des troncs morts qui sortent leur tête, les pieds dans l’eau.

Le niveau du lac ayant été rehaussé depuis cinq ans, la végétation en a forcément souffert ainsi que la nature.

 Nous sommes obligés de quitter l’enchantement de ces îlots de verdure pour rejoindre le grand chenal moins poétique.

 

 

Dépassant une drague et, une suceuse qui refoule, par une longue ligne de tuyaux, sur des flotteurs, leur récolte sous marine, loin des bords navigables.

 Des cargos passent ou nous croisent ; un bateau pousseur nous dépasse avec une grande barge qu’il mène à dix nœuds.

 Douze miles encore avant les dernières écluses.

La passe se resserre et se fraye un passage parmi des collines râpées, rognées, tronçonnées dont les bords, quelques fois, forment comme une sorte de pyramide.

Cette partie est d’ailleurs en travaux pour élargissement du canal et réduction des virages.

Des pelles géantes, des bulldozers et des norias de camions travaillent à arracher plus de terre, plus d’arbres et plus de verdure, au profit du commerce maritime dont les cargos sont toujours plus nombreux, toujours plus hauts, toujours de plus en plus longs et plus larges.

 

 

Il s’agit de la passe GAILLARD, partie la plus étroite du canal, d’une longueur de 12,6 kilomètres.

 Elle aboutit aux écluses de PEDRO MIGUEL puis à celles de MIRAFLORES, les dernières.

 

 

 

 

Apothéose de notre traversée, les derniers quais sont dominés par un bâtiment moderne avec d’énormes terrasses d’où de nombreux visiteurs nous observent et jouissent du spectacle.

            Cette fois ci nous sommes amarrés solidement en avant, contre les portes, côté Pacifique,que l'on aperçoit au loin. Détente de quelques minutes.

 

 Un énorme cargo bleu rentre derrière nous, avance majestueusement, les bords presque contre les murs à les toucher, l’énorme masse vient sur nous.

 Il nous domine, crée des remous violents maltraitant terriblement les mouvements de la barre et s’arrête enfin à 10 mètres de nos poupes, nous sommes sous son étrave, oppressés par sa masse.

 

 

  L’eau de l’écluse redescend, les portes s’ouvrent, c’est fini.   Le Pacifique est droit devant nous.

Nous sortons en tête, nous désaccouplons du voilier de nos amis.  

Maintenant : chacun pour soi, sauve qui peut, le cargo se lance.

 Notre pilote est recueilli par une pilotine juste avant de passer sous le pont des Amériques qui relie le Nord et le Sud.

 

 

 Le yacht club de BALBOA est là, défense de mettre l’ancre, il faut prendre une bouée, rare à trouver, la profusion de voiliers fait que les places sont introuvables.

 Nous finissons par accoster le ponton flottant, qui est l’arrivée du club au bout d’une longue passerelle malgré les gémissements de protestation de Marie-Ange qui hésite, à la barre, tergiverse, prétexte un vent trop fort. Il me faut pousser un grand coup de gueule pour la forcer à aller en douceur s’amarrer et laisser partir nos trois équipiers.

 Il est 16h30, ils vont en quête d’un bus, rejoindre Colon, les bras chargés de nos quatre cordages qu’il faut rendre au chauffeur de taxi.

Merci sincèrement à Brandon, Carlos et José qui ont sacrifié une nuit et un jour pour venir nous aider. Brandon doit passer le canal dans deux jours avec sa famille et son bateau. Carlos et José avaient sorti leur bateau de l’eau, étaient en chantier.

            Le club nous a trouvé une bouée libre.

MOUILLAGE SUR BOUEE A BALBOA

LAT. 08° 56 356N. LONG 079°33 330 W    

A peine y sommes nous arrivés qu’un grand noir, très chic nous tombe dessus;« je suis le Maître du port ». Encore remplir des papiers, répondre à des questions souvent stupides :

- Combien de litres de gas oil à l’heure. 

- Avez vous un container de récupération de vos eaux usées des cabinets ? (Alors qu’ici ils ne sont même pas équipés à terre pour recevoir nos vidanges ; en fait nous non plus ne sommes pas équipés pour ; aussi nous continuons à nourrir les poissons qui se régalent)

            Pour nous présenter finalement une note de 30 dollars. note que l'on aurait pû éviter car nous avions fait nos formalites à PORVENIR aux ILES SAN BLAS, mais cela on l'a appris bien plus tard et les autorités se gardent bien de vous prévenir.

 

 

 VENDREDI 24 février 2005

 Le lendemain matin me met en fureur. Se présente à l’aube, un représentant du ministère de l’agriculture. Encore des feuilles à remplir. 

- Animaux à bord ? Non.......... (A part un gecko, embarqué clandestin, en Colombie depuis 40 jours que nous ne dénonçons pas)

- Plantes à bord ? Non

- Nourriture autre que Panaméenne ? Non......... (ne parlons pas des 50 conserves faites par Marie-Ange, et des boîtes de toutes sortes d’Argentine, Brésiliennes ou Vénézueliennes)

- Votre cabinet a t il une boîte noire ? Oui (Naturellement nous n’allons pas compliquer les choses, ni le contrarier, ni nous « emmerder »)

 Finalement nouvelle note de 15 Dollars

Je deviens fou furieux, je crie au scandale et lui dit que à Panama, c’est un racket perpétuel. C’est pas moi se défend t il, c’est le gouvernement.

Comme je continue, déchaîné à vitupérer, il sort le journal du jour de sa serviette. Une photo du Pape en première page, gros plan en couleurs avec en titre « TRACHEOTOMIE DU PAPE » ; nous montrant en larmoyant son canard, puis profite de la diversion pour filer avec le bateau de service qui vient le sauver du massacre possible.

 FRAIS à la SORTIE CANAL PANAMA :

 - 13 $ par jour pour un voilier de 37 pieds sur bouée.

- 30 $ pour le maître du port.

- 15 $ pour le ministère de l’agriculture.

- 2 $ taxi-ville  ( double de COLON)

- 1 $ l’heure internet (double de COLON)

- 1 $ récupération de chacun des 10 pneus.

 Pour information  : Salaire d’un jeune pilote après 7 années d’études exerçant sur des bateaux inférieurs à 25 m : 3.500 $/mois, en 2005.

 

LUNDI 28 FEVRIER 2005

PANAMA CITY 

         

            Ce matin le vase a débordé, nous sommes descendus à terre avec quatre des vieux pneus qui nous ont servi de défenses lors du passage du canal.

 Nous les avons déposés à l’endroit où ils sont empilés, il y en a des dizaines, au fur et à mesure, avant d’être rapportés à Colon et revendus aux voiliers suivants.

 A peine avions nous mis le pied à terre que le serveur de gas oil, planté à l’arrivée du canot de service qui fait la navette entre les voiliers et le quai, nous réclame quatre dollars. Pour des pneus usagés que nous avons payé trois dollars U.S. chaque et qui, soit disant sont à jeter, nous refusons catégoriquement.

 Gros scandale, voilà que des français refusent de payer, c’est du jamais vu !!

L’homme, par téléphone, prévient le bout de la jetée par où nous devons passer. Un autre employé se précipite ;      "alerte, vous n’avez pas voulu payer » « j’appelle le garde de la sécurité ».

 L’autre, prétexte qu’il faut une facture du bureau, on discute vertement, je m’oppose très fermement, et partons en ville.  Au retour, silence du côté des assaillants, nous faisons de même, nous verrons si suite il y a (il n'y en aura pas....)

 Nos amis Olivier et Carole mouillés au club "le Flamenco", plus loin, nous informent qu’on les taxe pour laisser leur annexe amarrée au ponton du club local, de 5 dollars, et que l’eau est payante.

Ils voulaient également sortir leur bateau pour refaire l’antifouling, on leur demande 500 dollars. Une folie à laquelle ils renoncent.

 Quel contraste entre la ville de Panama et Colon.

            Côté Pacifique la ville est moderne, propre, les routes larges sont bonnes.

 Les artères bien plantées d’arbres magnifiques.

 Héritage Américain bien sûr, mais toujours bien entretenu.

Une impression de sécurité dans tous les quartiers bien habités.

 

 

 

 

 

On peut se promener sans crainte.

Par contre tout y est plus cher. Une impression d’être pressé financièrement partout et pour tout.

 

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