SUVAROV

 

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vues atoll de SUVAROV (plein écran : cliquer gauche)

 

 

JEUDI 3 AOUT 2006    

MAUPIHAA  vers SUVAROV   - iles COOK -   560 MILLES

A l’extérieur petit vent  Est 15 nds de travers et houle du sud ouest. On se traîne à 4 nœuds tout la journée baratté par les vagues. Mauvaise nuit : déluges de pluie, grains avec vent violent. Feu devant nous.

40 Milles sur notre route : les îles Scilly, atoll sans passe où vit une famille. Nous guettons dans la nuit noire, la lune pourtant presque pleine reste cachée par de sombres nuages..

Samedi 5 AOUT 2006

La mer se forme et la double houle souvent pénible du Pacifique est là. Les Alizés sont installés suffisamment musclés : Deux ris dans la grande voile, génois à moitié enroulé, nous filons 6,5 à 8 nœuds. Failli me faire arracher l’annulaire gauche par la garde de retenue de bôme que j’essayais de déplacer. juste une entaille.

Toujours pas de poissons à la traîne, les vivres fraîches sont terminées, les œufs compris, restent encore des bananes noircies. Conserves, conserves. Depuis trois jours nous naviguons avec le même voilier inconnu en parallèle, presque à vue, signalé la nuit par son feu de mât.

8 heures  12 heures  17 heures  écoute-radio avec « STEPHILANN » et « LEVE-RAMES »échanges d’indications précieuses sur la météo et présence amicale. Viennent de temps en temps se greffer à la conversation un bateau ami depuis Maupiti et « BERNICK » à Bora Bora. Voix réconfortantes dans notre solitude.

Notre problème est d’arriver de jour à SUVAROV. Nous ne voulons pas tenter une arrivée de nuit ou d’avoir à attendre une douzaine d’heures à la cape. Prenons la décision de ralentir. De 6 nœuds, il faut passer à 3,5 de moyenne : difficile. Quatre ris dans la grande voile, génois enroulé, SAIL ROVER part comme une flèche et finit par se calmer.

Toute la nuit de Dimanche et Lundi, le bateau reste bâillonné. Nous roulons péniblement bord sur bord. Le temps est beau , ciel bleu, quelques nuages à la tombée du jour donnant des accélérations.

LUNDI 7 AOUT 2006

13 heures « STEPHILANN » est arrivé à SUVAROV. Nous y serons au lever du jour demain. La journée reste belle, vent toujours 15 à 20 nds Est Sud-Est.

 

ATTERRISSAGE A L’ATOLL DE SUVAROV

MARDI 8 AOUT 2006

7h30 , approchons de Suvarov dont la ceinture de corail brise à 3 milles devant nous.

 On commence tout juste à apercevoir les cocotiers sur l’île principale au ras de l’eau. La passe est large (0.180 mille), entre une haie de brisants  juste au nord-est , sans complication aucune.

Il faut contourner l’île par le sud-est et surveiller les cailloux sous l’eau qui à un moment donné offrent un passage plus court pour rejoindre le mouillage avec 3m40 d’eau. Possibilité d’y rentrer à la voile,vent soutenu entre 15 et 20 noeuds.

« Stephilann » seul au mouillage avec un autre, en cours de manœuvre, entré juste avant nous. Et une semaine plus tard 19 voiliers.!!

Magnifique atoll sous le soleil éclatant, enfin plaisir des yeux et repos du corps. Les couleurs turquoises du lagon rivalisent avec le bleu du ciel et le vert des cocotiers.

 

MOUILLAGE à SUVAROV   LAT : 13° 14'824 S    LONG :163° 06'467 W.

 

 

Au matin suivant bien reposés, partons en exploration.

 Le tour de l’île, à pied, n’est pas long, plus facile à marée basse, le marnage varie de 0,70 à 0,80 mètres.

L’intérieur est une jungle de cocotiers serrés, d’arbustes et de pandanus qui nous donnerons bien du mal à la recherche des crabes de cocotiers.

Les autres îlots sont défendus par des patates de corail et de toutes façons interdits.

 

Le tout est une réserve des Cook sous la garde de JOHN , VERONICA et leurs quatre enfants. Ils y demeurent de Mai à Novembre, livrés à eux-mêmes, sans nouveau ravitaillement durant six mois. Contributions des voiliers pour leur bien-être.

 L’ambiance est bonne, cette famille agréable, très sociable. Ils en assurent l’administration qui est vite expédiée sur un livre commun à tous les voiliers arrivés là ces 2 dernières années. Frais de séjour pour 2 semaines : 50 US$.

TONY pèche à l’arrière de SAIL ROVER, par amusement d’abord, pour le ravitaillement ensuite, et nous fournit en poissons. Il s’amuse en même temps à taquiner les requins qui abondent. Souvent il remonte simplement une tête, le reste a été tranché net par une pointe noire dans la seconde où le poisson avale l’appât . Il remonte même sur la plage arrière un petit squale d’un mètre cinquante.

  

VENDREDI 18 AOUT 2006  

  tempête à SUVAROV

Après ces journées et nuits de vent "fou", quel splendide fin d’après midi. Le soleil couchant baigne l’île et ses cocotiers d’une lumière magnifique. Les eaux sont transparentes d’un bleu vert superbe, pas une ride, le fond de sable semé de petites patates est fascinant.

La plus belle journée que nous ayons connue ici. Le vent très faible venant de l’ouest finit sa rotation et tend à retrouver le S.E. Les cartes météorologiques reçues à bord sur nos ordinateurs concordent toutes ; que ce soit des américaines, Néo Zélandaises ou Australiennes.

Demain le vent favorable pour le départ vers l'Ouest, sera rétabli : TONGA pour les uns, SAMOA OUEST pour nous. Joie et bonne humeur pour les 10 voiliers en partance autour de la table sur laquelle VERONICA enregistre et distribue les « clearances » .

Départ demain matin 7 heures pour STEPHILANN et nous. Les bateaux sont prêts, les annexes remontées. Une bonne nuit de sommeil devant nous avant de reprendre la mer. Mais...

23 heures des cris, des appels à l’aide, un remue ménage affolé sur le mouillage. Les voiliers dansent fortement au bout de leur chaîne. Tous sont éclairés. Le vent s’est levé brutalement venant du Sud Ouest nous laissant sans protection ; apportant une forte houle et nous bouscule.

Les coques décrivent des arcs de cercle, se frôlent, passent et repassent. Tous dans les cockpits scrutent avec angoisse son voisin et les mouvements des autres, tout en faisant des allées et venues de la poupe à la proue pour observer le comportement de son propre mouillage.

Le bruit du vent monte et hurle dans tous les haubans, il faut crier pour se comprendre entre Marie-Ange et moi. Elle restera toute la nuit dans le cockpit à guetter la moindre anomalie ; entre deux observations je me recouche sur la couchette à l’avant faisant des bonds sur le matelas.

Les heures défilent sans changement. Un des voiliers ne cesse de tourner en rond, dans la nuit noire, au moteur, tout près de nous. Nous apprendrons plus tard, au matin que son annexe avec son moteur hors bord a été arrachés de son arrière en même temps qu’il perdait son ancre, sa chaîne s’étant brisée dans un rappel brutal.

Un deuxième tourne en rond loin de nous, vient s’approcher de notre avant, et dérive sur les patates de corail dont nous marquons la limite. Au dernier moment il part en marche arrière avant de reprendre sa ronde infernale. Lui aussi a cassé son mouillage.

Le vent ne cesse de souffler : 25 à 33 nœuds soulevant une mauvaise houle  pour nous tous. La nuit n’en finit pas. Au lever du jour, la houle s’apaise, le vent finit sa rotation soufflant du S.E. à nouveau nous venons sous la protection de l’île. La météo est incertaine., la zone de convergence est très haute cette année, beaucoup trop près de l’équateur nous apportant pluie et vent violent. Rien n’est plus comme avant, encore une année exceptionnelle disent les anciens.

MARDI 22 AOUT 2006

VERS SAMOA OUEST  516 MILLES - vent Nord-Est 10 noeuds

Les 10 voiliers en partance ont tous retardé leur départ : repos et réparations après cette nuit infernale. Attendons deux à trois jours. Départ possible demain. Dernière réunion à terre pour une partie à l’américaine.

14 heures – Chacun un plat de résistance pour la communauté et sa boisson personnelle. John a été à la pêche , sa femme fait griller en papillotes. L’un sort une guitare, l’autre un  harmonica, le folklore américain est là..

Au réveil le mouillage est calme, le soleil présent. Nous espérons que le vent sera aussi au rendez vous à l’extérieur, car pour l'instant il est bien calme.

Dès l’abri de l’île, perdu, la situation change. La passe est tourbillonnante, très houleuse. 8 bateaux à la queue leu leu dansent, piquent du nez, véritable chevaux à bascule. Le vent est faible mais permet de nous éloigner sous voile de ce maelström. Des commentaires s’échangent à la V.H.F. Les directions divergent. Nous les Français partons les SAMOA OUEST, ceux de langue anglaise vers les TONGA.

SUVAROV vers SAMOA-OUEST-512 milles

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