TRINIDAD

RETOUR ACCUEIL

 

 

 

Chaguaramas chantier Peak          scotland-bay        Chaguaramas:power-boat            pélican                  

(cliquer gauche sur photo ou titre)

Navigation vers CHAGUARAMAS

Escale technique

VENDREDI 9 JUILLET 2004

 GUYANE vers TRINIDAD (600 milles)

Chevauchée parmi les plates-formes  

  Il nous a été conseillé de faire le tour de l’île de TRINIDAD par l’Est afin d’éviter piraterie et les multitudes de plates formes de pétrole en mer plus au  sud.

 22 heures. A 10 milles du cap Est : GALERIA POINT

 des lumières nombreuses et intenses nous intriguent.

Est ce des pêcheurs avec des longues lignes dont les extrémités sont munis d’un feu clignotant. Faut il passer à gauche ou à droite ?

En nous approchant les feux deviennent aveuglants, très puissants. Trois nouvelles plates formes, une quatrième en construction qui clignote en jaune pour faire un barrage.

Autour de tout cela grosse activité de bateaux, remorqueurs, on travaille avec ardeur nuit et jour. Où faut il passer ? La nuit  noire, donne un air sinistre et angoissant à la situation.

 On se lance, on coupe, on passe, la respiration un peu retenue.

 Un remorqueur chargé de matériel attend calmement que nous ayons traversé la zone. Eblouis par les feux, soulagés d’avoir pu passer, nous continuons à plus de 8 nœuds, notre chevauchée ; longeons la côte nord de l’île jusqu’à la pointe GALERIA, avancée rocheuse et plate qu’il faudra virer, à environ 3 milles de la côte.

 L’activité est grande : cargo, ferry, remorqueur se précipitent dans le virage, nous les suivons de loin, l’endroit est marqué par un feu rouge clignotant doublé au bon moment par un petit feu blanc.

GALERIA POINT 10°52,700N    60°52,700W

            Le jour se lève. Tout la matinée à longer la côte nord (sur plus de 55 milles). L’île de TRINIDAD est surprenante de ce côté, toutes en collines et petits sommets  peu accessibles, couverts de forêts, certains pics sont à 945 mètres dont les pentes viennent tomber à  pic dans l’eau.

La côte nord semble peu habitée,  peu de routes de ce côté ci. Des bateaux, à moteur, de plaisance sillonnent les bords à la queue leu leu.

 DIMANCHE 11 JUILLET 2004

           SCOTLAND BAY 

  Notre route pour rejoindre CHAGUARAMAS juste avant PORT OF SPAIN passe entre la côte et l’île MONO formant à cet endroit comme un fjord.

Nous nous enfilons dans SCOTLAND BAY où nous trouvons 9 voiliers mouillés là dans le calme et la verdure au milieu du caquetage des perroquets.

 Nous remontons la file et fort de notre qualité de dériveur intégral,  mouillons pratiquement au bord de la crique.

C’est un véritable paradis de verdure, de calme et de sécurité.

 Nous avons décidé de rester ici jusqu’à lundi, nous y reposer avant d'affronter la civilisation et les bureaux administratifs.

 MOUILLAGE  LAT. 10°42'292 N. LONG. 61° 39’ 735 W.

            LUNDI 12 JUILLET 2004

CHAGUARAMAS

Il nous semblait bien que nous avions reculé d’un fuseau horaire vers l’ouest. Nous avons pour le moment gardé notre ancienne heure. Dormis exceptionnellement d’une seule traite 7 heures, quel bienfait, quelle remise en forme, pouvoir étendre ses jambes, bien à plat, sans souci de mer, de voiles, de vent à vous occuper l’esprit.      

 Nous quittons notre mouillage idyllique pour rejoindre la baie de CHAGUARAMAS, qui se trouve juste avant PORT OF SPAIN, baie de tous les voiliers étrangers.

C’est une suite de chantiers de marine de levage, stockage, permettant d’exécuter tous travaux sur des unités des plus petites jusqu’à 70 tonnes, en ce qui concerne le levage.

 

ESCALE TECHNIQUE à CHAGUARAMAS  : LAT 10°40,762N  LONG 61°38,117W

Tous équipées de TRAVEL LIFT ultra moderne. Les bateaux sont sortis, déposés, rangés sur des parkings qui peuvent être enherbés comme les pelouses d’un parc, mais fermés par des grillages.

 Chaque chantier est une petite unité commerciale où viennent se greffer les magasins de certaines marques : un shipchandler, un petit libre service, la poste ou autre restaurant.

 Si bien que l’on peut  en allant de l’un à l’autre trouver absolument tout son bonheur.

Mais,il nous faut quand même courir : pour l’hydraulique de la dérive, le réparateur du pilote électrique, la peinture anti-fouling, le moteur hors bord.

 Le tout se paye, bien même, calculé en DOLLAR U.S.. La monnaie locale étant le T.T. ( titi =0.66 EUROS ) de TRINIDAD et TOBAGO.  

Le reste de la rade est un ensemble de chantiers pour la construction ou la réparation des plates formes de gas ou de pétrole, pour les grosses unités véritables camions des mers qui sillonnent sans cesse les eaux .

Pour nous deux solutions : la marina chère ou le mouillage sur des bouées officielles(25TT= 4euros),par jour. Nous choisissons les bouées, la numéro 18 sera la notre. Annexe à l’eau et partons à la rame faire nos formalités d’entrée.

L’immigration et la douane sont groupées au même endroit ; de bureau en bureau passons de la chaleur humide à la climatisation extrême. Le personnel est noir très noir, de grands gabarits,  très soignés, très anglais, ne parlant que cette langue.

            Un peu intrigués les deux services par notre « sortie » présentée, celle de BELEM faite il y a huit mois puisque nous sommes partis de KOUROU sans déclaration. Les renseignements obtenus au sujet de l’octroi de mer n’étaient pas très clairs. Deux ans peut être mais avant le fin des six mois il fallait faire un « déménagement ».

            Le préposé de l’immigration conclut d’un air sans appel « donc sans clearance »

Parcours épuisant

            Les  jours suivants se passent en aller et retour du bateau à la terre, revenant là où nous étions deux heures auparavant, puis repartant de l’autre côté : V.H.F. irréparable, pour le pilote électrique nous attendons, le vérin hydraulique de la dérive dans deux jours.

            Sortie du bateau, programmé pour lundi 19 juillet, par le chantier PEAKE. Des heures à mettre en pièces le moteur de notre hors bord pour le réparer, le reste à démonter le vérin hydraulique.

Mettre l’annexe à l’eau, la remonter pour la nuit, fermer les hublots avant de quitter le bord en prévision de la pluie.

Revenir trempés, dégoulinants parce qu’une  pluie torrentielle nous a surpris : sauver le pain qui va être détrempé parmi les provisions que nous rapportons à bord.

On exécute. On avance sous la commande de notre cerveau qui nous oblige à continuer. Le corps est lourd, chaque pas coûte, les vêtements collent sur le corps, la peau du crâne sous les cheveux ruisselle de transpiration.

Chaque retour au bateau est apaisant. La douche nous remet momentanément en état tandis que SAIL ROVER roule en permanence à cause des vedettes et petits bateaux de pêche qui sillonnent le mouillage à des allures folles.

            L’ensemble des deux îles TRINIDAD et TOBAGO n’a pas plus de 1.300.000 habitants,  riche en pétrole et en gas. Malgré cela le chômage existe. La radio nous répète tous les jours que la criminalité et le kidnapping sont numéro deux dans le classement mondial, après la Colombie.

Dans les rues de PORT OF SPAIN que nous  sillonnons à pied nous sommes intrigués par des bandes de tissus noir et blanc sur un mètre de longueur, accrochées aux clôtures des maisons, grillages des entreprises, portes, en signe de manifestation protestataire contre le crime.

  Après avoir marché de rue en rue, visité la cathédrale, traversé des pelouses immenses d’un parc fait d’une herbe épaisse et drue, nous poussons jusqu’au zoo. Terrible de voir ces bêtes couchées, indifférentes, logées dans des fosses boueuses, tristes comme celles d’un cimetière.

 Seule gaieté, les allées étaient parcourues par des centaines d’enfants scolaires émerveillés. Nous avons terminé par l’aquarium plus que modeste dont les bacs semblaient mal nettoyés et sans intérêt.

Retour par FRENCH STREET, la dernière partie du parc sous une pluie très forte, à moitié abrités sous de grands arbres à regarder des petits camions chargés de noix de coco, rangés le long du trottoir, que le chauffeur vous décapite à la machette pour vous permettre d’en boire le jus à même la coque.

            Retour par mini bus de dix personnes que l’on arrête le long des voies pour finir au restaurant de la marina PEAKE, assis face à la baie, au premier étage ; déjeunant d’un poisson « flying fish » et de « french potatoes ».

 

            LUNDI 19 JUILLET 2004  

            Sortie du bateau à terre par levage

            9 heures. Nous sommes dans le bassin de marina PEAKE, l’équipe de service est impressionnante ainsi que l’équipement. Tous les chantiers, il y en a au moins 7, proposent tous les mêmes services au même prix soit 5 US Dollars par pied pour le lift.

Nous avons choisi le chantier PEAKE, pour sa verdure exceptionnelle, son extrême compétence et surtout on trouve sur un place le shipchandler le plus achalandé, un restaurant et.......Internet, of course.

 Un plongeur place sous la coque les sangles afin de ne gêner, ni les dérives ni l’hélice.

Nous avons la mauvaise surprise de nous apercevoir que la dérive arrière malgré le vérin hydraulique révisé à grands frais et remise en place hier par nos soins ne tient pas relevée, elle descend assez vite.

Est ce un problème de réglage des boîtes de limiteur de pressions ? Nous verrons au sec par tâtonnements. La coque est plus sale à tribord.

Un puissant carcher est mis en action habilement manié. Ensuite se met au travail une équipe avec de grandes raclettes aluminium qui en un rien de temps vous enlève le plus gros.

 Un drôle de camion porteur munis de coussins avec des bras montés sur des vérins hydrauliques, nous emmène à notre aire de travail. Entre d’autres bateaux, sous l’ombre d’un grand manguier, nous nous mettons à l’oeuvre immédiatement : couteau de vitrier ou raclette en main.

Nous grattons, peaufinons, rasons de très près notre coque. Accroupis, couchés, levés les bras en l’air, nous ponçons jusqu’à ce que tout soit lisse sous les doigts. Nous terminons en final à l’électricité et des disques en papier de verre.

 

Boire, boire sans arrêt boire. Se traîner le soir jusqu’à la douche et se hisser dix fois dans la journée par une échelle pour trouve à notre bord l’outil nécessaire.

Courir jusqu’au magasin du shipchandler pour trouve la vis, l’écrou manquants.. Tomber sur des mesures anglaises qui ne vont pas ; ou sur l’ami Adrien qui est parti dix jours après nous de KOUROU. Ils viennent eux aussi de sortir leur voilier mais chez POWER BOAT, le chantier voisin.

 

MARDI 20 JUILLET 2004 

remise à l'eau

 La première couche d’anti fouling est passée, l’anode bouffée est remplacée. Sail Rover a une belle allure dans sa nouvelle robe rouge brun pour sa partie inférieure. Marie-Ange a fini à la nuit sous les projecteurs mais à la fraîcheur, les bras, les cheveux, les vêtements empeinturlurés.

Notre travail et les soins du bateau sont terminés depuis ce matin, nous sommes bien à temps pour être remis à l’eau à 14 heures comme prévu.

            Juste avant d’être pris en charge par le camion porteur qui emmène SAIL ROVER jusqu’au travel lift, une camionnette chargée d’oranges et de melons arrive au pied du bateau ; deux douzaines font notre bonheur pour les premières. Je me suis laissé avoir par un faux ami ; nos deux melons sont des pastèques.

 Peu importe, arrivés sur notre nouveau mouillage, la bouée 14, nous nous en régalerons d’une moitié bien rouge, bien juteuse, avec de beaux pépins noirs très brillants. 

            Il fait bien meilleur sur l’eau et nous sommes mieux ventilés. La coque est rafraîchie en l’absence de la réflexion de la chaleur venant du sol, couvert de petits graviers, qui la transformait en four-micro onde.

Maintenant, il faut nous armer de patience. La  nouvelle VHF, ainsi que le nouveau boîtier de notre fidèle pilote "autohelm" rebaptisé "rayton", venant des USA, promis en 5 jours, tarde à venir..............................

 

 
   

vers le VENEZUELA

  RETOUR SOMMAIRE