ARGENTINE 

 

                                BAHIA BLANCA vers PENINSULE VALDES Nord (265 milles)

                                                             

 

 

 

Valdes : le ciel         Valdes : la dune           Les pingouins                       sail rover

 

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VENDREDI 06 DECEMBRE 2002

Nuit relativement tranquille au moteur avec une grande voile très déportée sur tribord, jusqu’au lever du jour, les premières lueurs apparaissent à 4 heures. Un horizon complètement orangé.

A nouveau vent de face,  j’enroule le bout de génois sorti, toujours moteur pour maintenir le cap, vitesse 4 nœuds.

Il faut nous mettre à l’abri dans la baie de VALDES avant demain où un Sud   vigoureux est annoncé. Le vent forcit déjà au près. Prendre des ris, manœuvrer, essayer de louvoyer, difficile avec ce type de bateau .

9h30. Décidons de changer de cap, et naviguer vers la baie de SAN JOSE située dans la péninsule de VALDES mais au nord par rapport à MADRYN qui est situé au sud.

Dés lors un bon vent de travers nous pousse vers le repos abrité. Malheureusement GOLFO NUEVO, la baie des baleines est hors d’atteinte pour nous actuellement.

23h30 nous sommes par le travers de la pointe NORTE. Nuit noire, juste une petite clarté qui vient des étoiles.

La côte nous apparaît comme un trait noir qui nous semble à portée de main. La mer est plus plate, nous avançons plus confortablement.

L’ordinateur en route, nous suivons notre progression sur l’écran, bateau et trajet schématisé puisque couplé à notre G.P.S.

 Notre radar est également allumé nous permettant de localiser, sans erreur, l’entrée de la baie.

 

SAMEDI 7 DECEMBRE 2002

VALDES NORD : BAIE de SAN JOSE

Coincés dans la passe toute la nuit

Une chose nous inquiète: l’heure de la marée, montante actuellement, sera pleine à 1h30 du matin. Si nous arrivons après la renverse. Il nous sera impossible de rentrer dans la baie dont l’ouverture est pourtant de 4 milles de large,  les courants sortants ou entrants sont de deux à six nœuds.

Se tenir à bonne distance du CAP NORTE est impératif, car sur la carte sont signalés des hauts fonds, des courants de 8 nœuds, accompagnés de perturbations importantes en surface.

Des bandes d'otaries  curieuses nous accompagnent.

Nous sommes épuisés, avons envie de dormir, attendons avec délivrance de pouvoir mettre l’ancre.

Malheureusement nous arrivons juste à la renverse, nous nous lançons avec la vitesse de nos 5 nœuds dans la passe, ce ne sont que bouillonnements et tourbillons.

déporté par le courant, il faut sans cesse remettre SAIL ROVER au bon cap. Une impression d’être dans un torrent de montagne, un bruit de cascade, des crêtes partout, nous avançons à la vitesse de 0,03 nœud et quelques fois rien. 

 3 heures du matin. fatigués, pilote électrique sur la barre et moteur, nous dormons une demi-heure. Au réveil position toujours inchangée. Les troisièmes et quatrièmes heures de la marée suivent, les plus fortes auxquelles s’additionne la poussée du vent du sud-ouest.

4 heures toujours pareil, le jour se lève, nous permettant de mieux juger la situation et surtout de découvrir notre cadre. Vaste baie de 20 milles de long, cernée par des plages grisâtres dominée par de petits escarpements.

 Rien à espérer avant la renverse à 7 heures 30. A marée montante changement totale et instantané, toutes les perturbations de surfaces disparaissent.

Le vent lui-même est tombé, nous glissons sur un lac, avançant à 5 nœuds comme si rien n avait été.

En route une bande de dauphins dynamiques viennent faire le tour du bateau : grands, le ventre blanc, le dos gris noir ; beaucoup d’oiseaux.

 Personne à terre pas une maison, pas une culture, terre désolée, sans grande végétation. L’ancre au fond suivie de trente mètres de chaîne. Une envie d’aller se coucher mais on ne sait jamais : Vidange de l’huile moteur, changement de son filtre, complément de gas oil.

14h30 : Le vent se lève et vient de l’est, notre mouillage choisi pour un vent sud-ouest ne convient plus, nous décidons de filer en face pour nous abriter des vents du nord et de l’est.

VALDES Nord-baie de SAN JOSE : LAT.42°14'826 S. LONG.064°17'214 W.

Nouveau mouillage à l’opposé de l’endroit où nous étions ce matin: terre aride, fond de sable  

A terre, étranges sculptures ou abris en tonneaux métalliques limités par deux mâts, cinq guanacos traînent sur la pente.

Nous mouillons 70 mètres de chaîne qu’il faudra relever à la main à 23 heures trente car nous sommes limite pour la marée basse comme hauteur d’eau.

 Passons une superbe nuit à l’abri, dans un lit, à dormir de nos deux oreilles, sans que l’esprit travail trop.

DIMANCHE 8 DECEMBRE 20002 :  BAIE SAN JOSE 

Le vent du Nord. Nous nous apprêtons, au début de l’après midi, à laisser notre mouillage pour profiter des 3 bons jours annoncés en combinaison horaire avec la marée descendante.

14 heures. Levons l’ancre. Calcul des marées, 16 h sera la bonne heure  Les météorologistes nous promettent du vent nord ouest. La sortie de la baie s’effectue facilement.

Désillusion : à l’extérieur le vent n’est plus Nord Ouest mais est Nord Est 30 nœuds. Nous devons tirer bords sur bords pour essayer de progresser contre le vent et contre le courant. Notre cap n’est pas bon, la dérive forte, « SAIL ROVER » est un excellent bateau de voyage mais pas un régatier, le prés n’est pas son fort.

6heures après notre départ nous n’avançons que de 7 milles dans la bonne direction.Il nous reste 23 milles avant de pouvoir virer sud. Manœuvres harassantes et décourageantes : mouliner, reprendre, grande voile à bâbord puis à tribord, à nouveau recommencer.

Plutôt que de passer la nuit à nous épuiser, nous décidons de revenir au mouillage.

Le brassage de l’eau, à la sortie de la baie, est si fort que la couleur est nettement tranchée en deux tons, un bleu vert profond et un ocre soutenu, comme si cette masse d’eau était faite de deux parties bien distinctes l’une de l’autre. Lors de notre retour, un vent puissant freinait la marée descendante créant une sorte de mascaret entre les deux pointes.

MARDI 10 DECEMBRE 2002

VALDES-BAIE DE SAN JOSE : paysage désolé

Paresseux nous sommes, sans envie d’avoir à tirer de longs bords avant de pouvoir passer le cap NORTE et pouvoir virer la péninsule de VALDES.

 Nous décidons d’essayer, avec notre annexe, à force de rames d’aller nous dégourdir les jambes.

Bien équipés pour ramer contre le vent, pantalon et veste de ciré, nous avons gagné la plage de sable grisâtre et fortement en pente.

 Arrivés sur le sable, la marée étant descendante nous avons hissé en haletant notre plate jusqu’au niveau supérieur.

 La vue couvre un terrain qui s’étend à perte de vue, sol sablonneux ou de terre compactée que l’on dirait morte.

 De larges espaces permettent de cheminer à travers des buissons serrés, épineux, aux branches sèches, tordues, nouées qui se terminent par une sorte de verdure piquante semée de quelques fleurs jaune vif.

Nous nous dirigeons vers une balise lumineuse qui domine   vers la haute mer, escaladons des dunes de sable impressionnantes, sans autre marque que les vagues ou nappes de sable dessinées par le vent.

 Aucune trace d’humidité, de points d’eau ou autres.

 Dans ce bush désertique fuient devant nous quelques moutons grisâtres à l’air dépeigné, des génisses et jeunes taurillons à l’état sauvage, livrés à eux–mêmes.

 

 

La balise est située sur la hauteur d’une falaise coupée au couteau qui tombe à la verticale dans l’eau, à marée haute. Deux panneaux solaires, deux batteries, une lampe derrière des lentilles sur une petite tour dont la porte de bois est déglinguée.

Retour au bateau par un autre chemin pour rejoindre le bord de mer côté de notre baie en nous guidant sur le haut de notre mât que nous apercevons loin devant derrière une petite dune. .                                             

 

vers Magellan