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et LES ANTILLES HOLLANDAISES :

BONAIRE et CURACAO    

          

 

 

   

  

 

LOS TESTIGOS  : De TRINIDAD vers les TESTIGOS (98milles)

            MERCREDI 11 AOUT 2004                       

Attention aux mauvaises rencontres

  14 heures départ. 98 milles nous séparent des TESTIGOS arrivée prévue le lendemain dans la matinée. Estimant une vitesse moyenne de 5 nœuds notre durée de traversée sera de 20 heures.

Le temps est bizarre, les gros grains inhabituels passent nous permettant de compléter le plein d’eau douce avant le départ.    

 Presque à la sortie de SCOTLAND BAY nous coupons notre engin et voguons à vitesse raisonnable mais une heure après nous nous traînons lamentablement, à la hauteur de l’avant dernière ile de TRINIDAD qui abritait autrefois des lépreux. Le ferry qui joint PORT OF SPAIN à TOBAGO sort du gris de la pluie et passe loin derrière nous.

 La presqu’île vénézuelienne de PUNTA MEJILLONES est à notre perpendiculaire, très rapidement, je trouve que notre cap est bien trop tangent à cette terre dont il faut se méfier des actes de piraterie, notre route s’en éloignera petit à petit.

 Pour éviter toutes mauvaises rencontres nous avons décidés de ne pas allumer nos feux cette nuit.

Nous fonçons au moteur, qu’il a bien fallu solliciter car le vent refuse, devient travers, arrière et termine de face.

Nous réduisons notre vitesse à 1800 tours/mn pour arriver au lever du jour, ayant un fort courant avec nous.

Le loch monte jusqu’à 8,8 nœuds, il faut absolument freiner. A 5 heures du matin par une nuit encore noire, nous sommes à 2 milles de l’ile des TESTIGOS.

Nous devons tourner en rond pendant une heure, attendre les premières lueurs du jour et rejoindre le mouillage que nous avons choisi.

 

MOUILLAGE plage CHON CHON

problème d'anode    

 LAT. 11°23 084 N. LONG 063°08.830W. 

Le lieu est hérissé de mâts : 20 bateaux, l’endroit sauvage n’est plus, mais les odeurs sont là très méditerranéennes, l’impression de sentir le thym, et toutes les herbes de provence.

La végétation est similaire, très courte, maigre, sur un sol sec. Une grande plage en arc de cercle, sable blanc, eau transparente en bordure. Les gardes côtes passent en barque je les sollicite pour signaler notre arrivée, on me répond « pas de problème, demain »

Nous avons mouillé à la fin de la plage, là où commencent les rochers par 12 mètres de fond.

C’est le coin de rassemblement des pêcheurs de langoustes qui viennent se regrouper là pour la nuit et repartent le lendemain dés cinq heures.

 Nous avons remarqué un bruit de roulement sourd bizarre venant de l’hélice.

Notre anode sur le SAIL DRIVE doit être entrain de se dévisser et de tourner autour du mini arbre, pourtant   bloquée ferme.

Pas de marée dans cette région ou vraiment insuffisante pour nous mettre au sec.

 Un bateau le plus avancé vers la plage vient de partir, après avoir été reconnaître le fond avec notre annexe, nous déménageons et prenons sa place.

2 mètres sous la coque, eau claire, sable blanc, le maximum que nous ayons pour entreprendre l’opération de démontage de l’hélice sous l’eau avec le plus de chance possible de récupérer une pièce si elle nous échappe des doigts.

Masque sur les yeux, l’outillage à porté de mains sur notre jupe arrière, en apnée je commence le démontage pièce après pièce, sortie de l’eau une par une. L’hélice est extraite de l’arbre, j’accède à l’anode dont les 2 vis sont à moitié sorties ; le blocage n’a pas tenu, le produit est trop ancien sans doute. J’essaye un freinage avec un ruban téflon d’électricien. Remontage dans l’autre sens, bloquant de toutes mes forces.

  balade à terre

Nous ne sommes pas seuls, les annexes des 20 bateaux du mouillage sont là presque au complet, des chiens, des enfants, des adultes.

 Ils sont réunis sous une cabane en toile et sirotent une bière tout en racontant « leurs exploits » ; nous sommes devant le restaurant EROTICA TE. Le propriétaire des lieux CHON CHON vient de tuer, sur le mamelon du dessus, une chèvre demie sauvage qu’il dépèce pour en faire le plat unique de ce midi.

Nous nous écartons de ce lieu de foule et faisons le tour par la côte.

 Un chemin de sable, trois cocotiers, des arbustes feuillus, des rochers au delà de la plage, nous retombons sur une petite anse avec une plage, quelques maisons simple, sans doute celles des pêcheurs et attaquons la montée de la colline à travers des groupes de cactus cierges.

 Le tout pousse au milieu de masses rocheuses creusées par les eaux de pluie.

 Au sommet un petit troupeau de chèvres dont deux très noires nous observent de loin perchées sur un rocher comme des chamois et s’enfuient à notre approche.

 

 

 Nous redescendons parmi les épineux, tombant sur des touffes de plantes ressemblant à des plants de pomme de terre, fleurs banches mais feuilles hérissées par en dessous de piquants.

 Nous tombons sur le rivage en haut de la plage qui est une bande nous séparant du large, semée en abondance de gorgones arrachées et entassées par la mer.

Notre sortie se termine par un bain entre la plage et le bateau, le sable sous nos pieds.

 J’ai vu un serpent jaune et noire, confortablement installé au fond en zig zag sur le sable, une tête triangulaire, un bon mètre de long, deux mètres d’eau, il est sous mes pieds, par une prudente marche arrière, je me défile sans afficher de précipitation.

    DIMANCHE 15 AOUT 2004    

AVIS DE TEMPETE

Le temps est bizarre, ciel gris couvert de nuages noirs chargés de pluie.

 Il pleut et nous engrangeons 100 litres pour compléter notre plein.

Nous voulons explorer l’autre côté de la plage, les collines donnant vers le sud, le temps n’est vraiment pas encourageant.

Le vent a cessé et nous nous sommes retournés vers la plage, notre dérive arrière à moitié sortie talonne sur le sable, nous sommes dans un mètre d’eau, donc trop près du bord. Les alizés nous ont lâché.

 Une ambiance curieuse sur le mouillage, les bateaux lèvent l’ancre les uns après les autres pour se réfugier ailleurs, trouver une autre orientation au vent.

 Nous enrageons de ne rien capter : ni à la radio, ni sur notre ICOM ; notre B.L.U. ne capte plus rien dans cette zone depuis un mois.

 MARIE-ANGE prudente va aux nouvelles sur un bateau voisin Rien de particulier, une dépression tropicale est passée sur nous, tout revient dans l’ordre.

Mais les bateaux continuent à fuir, sur vingt nous sommes six à être restés. Le voisin vient nous prévenir que le vent va forcir, s’inverser en tournant à l’ouest, rendant à l’avenir notre position malaisée et houleuse. Nous levons à notre tour l’ancre pour nous regrouper à 21 voiliers dans une anse protégée de l’ouest.

   ILE DE IGUANA

LAT. 11° 21 870 N. LONG 063°07 734W

 Dans l’après midi le vent reprend ses habitudes et revient plein sud et nous nous retrouvons en pleine houle, stupidement et inconfortablement ballottés.

 La V.H.F  reste allumée en permanence afin de guetter des bribes d’informations.

La dépression se transforme en ouragan, le vent devrait souffler de l’ouest à 45 nœuds d’abord, et passant à 65 nœuds deux heures après.

 L’ouragan devrait passer dans la nuit, à deux heures du matin sur les TESTIGOS.

 A la tombée de la nuit, il s’est déplacé, n’est plus annoncé que pour le lendemain matin 8 heures, les vents seraient EST SUD EST, changement de mouillage à nouveau et précipitation de tous pour trouver une nouvelle planque.

Nous sommes repartis en face, remouiller, préparer une seconde ancre avec 100 mètres de cordage. Quelques navigateurs s’énervent, s’invectivent par VHF  interposée en disant des mots grossiers.  Nous écoutons tout, étant à la recherche d’information sur l’évolution de la situation.

 Tous s’appelle sur le canal 16, l’officiel en se donnant rendez vous sur le canal de leur choix ; nous suivons aussitôt, l’heure est si préoccupante.

« Hélène pour Geneviève »  « Hélène pour Geneviève »…appel répété à plusieurs reprises d’une voix pressée. Puis… »Geneviève j’écoute »  …dégageons canal 14 dit elle. Nous suivons: enfin des informations sur le cyclone en Français. ….. » Mais ce ne fut que   :  « Geneviève as tu du parmesan pour les pâtes ce soir »   « Oui, j’apporterai » .....

Nous sommes parés, relativement bien placés, bien ancrés, les tauds de protection contre le soleil repliés. Finalement à 21 heures, une conversation en français nous apprend que l’ouragan avance plus vite que prévu et qu’il passe  à 70 miles plus au nord de notre position. La nuit ne serait donc pas si mauvaise malgré un vent continue assez fort qui nous tient aux aguets tout de même.

Aujourd’hui tout est redevenu normal, nous restons dans notre coin, avec cinq bateaux autour ne nous, les autres sont retournés à la plage où nous étions hier.

MARDI 17 AOUT 2004   

EMPOISONNEMENT  

LAT. 11°22'215 N.  LONG.063°O7’171 W

Dans la matinée nous allons à terre, vers une petite baie bordée par une belle plage de sable blanc. Un ponton en bois.

Quelques maisons en planches, des bateaux de pêche hissés hors de l’eau sur le sable, dont l’un est en plein entretien de peinture par un couple sympathique entre deux âges « BUENOS DIAS »

Des casiers à langoustes énormes 2,5 m x 2 m. faits de grillage à poules tendu sur des bois. Des cocotiers, un arbre presque les pieds dans l’eau sous lequel somnole un homme suspendu dans son hamac.

Une terrasse non fermée mais couverte, avec une gouttière pour récupérer l’ eau de pluie, sur celle ci une longue table, dont deux grosses poutres de bois servent de bancs, d’autres tables plus petites en plastique.Une cuisine de plein air avec un mur pour poser les plats.

C’est le restaurant de la fille de CHON CHON.

Nous nous inscrivons pour midi ; nous serons les pieds dans l’eau au bord de la plage.

 Nous reprenons notre annexe pour aller un peu plus loin afin de voir et d’escalader la dune qui est une des gloires touristiques de l’île. 

 La dune descend jusqu’à l’eau par une coulée étroite qui monte très raide, ombragé dans le bas grâce à de petits arbres très touffus, produisant un fruit comme une petite pomme genre Golden miniature.

J’en ramasse une sur le sable, séduisante, à point, et la mords. Une chaire croquante avec un goût pas désagréable, mais laissant dans la bouche une sensation fortement épicée, brûlant la langue et donnant une forte envie de boire, aussi le quart me suffit.

 La dune est assez haute et retombe de l’autre côté sur une grande plage déserte battue par les vents et les vagues, où les tortues ont l’habitude de venir pour y pondre.

 Après une longue marche et un bain, là où nous avions laissé notre canot, nous rentrons en nous dirigeant vers le restaurant.

 Maria, française et parente de notre cuisinière de ce jour, auprès de qui je me renseigne sur le nom de l’arbre et du fruit que j’avais goûté me demande angoissée si j’en avais mangé.

 C’est un MANCENILLIER (ARBRE DE MORT : son suc, caustique, est très vénéneux), bien connu dans les Caraïbes, son fruit est un poison violent, s’attaquant rapidement au système cardiaque, il ne faut surtout pas en manger ni rester sous l’arbre lorsqu’il pleut.

 Les symptômes sont : transpiration intense, tremblements et arrêt cardiaque rapide.

 Tous me regardent et s’inquiètent, l’accident arrive au plus tard dans les vingt quatre heures. Il faut donc attendre.

 Nous déjeunons d’une grosse tranche grillée d’un bon poisson, accompagnée de riz et rentrons à bord pour attendre la crise.

Résultat une colique bien installée toute l’après midi, le palais et la langue comme brûlés, devenus presque insensible durant 48 heures mais rien côté cœur. Nous voulions partir pour MARGARITA (47 milles) et par sagesse attendons le surlendemain que mon rétablissement soit total.   

 

MARGARITA

MERCREDI 25 AOUT 2004   

PORLAMAR  

   MOUILLAGE LAT. 10° 57'092 N.  LONG. 063°49,691 W.

L’arrivée en bateau à PORLAMAR est étonnante.

Juste à la côte, tout près du mouillage, nous zigzaguons entre des chaluts flottants, soutenus par leurs bouées, fermés et encerclant une masse de poissons, trop lourds sans doute pour être remontés à bord et qui jouent le rôle de viviers ayant été remorqués jusque là, ancrés sous la surveillance de barques.

 Ces bassins sont animés par la masse des poissons qui s’y trouvent enfermés, mais surtout par la multitude de pélicans qui squattent les lieux, y plongent, y nagent, et les survolent sans arrêt y trouvant une nourriture abondante qui leur est offerte sans effort.

Le mouillage est une rade qui s’étend en arc de cercle, elle borde une longue plage meublée tout au long par des buildings modernes mais sans beauté ou ordonnance.

Les fonds remontent en douceur jusqu’à la côte, fond de sable. Nous sommes mouillés dans 3 mètres d’eau face à des constructions basses, imitations de paillote, qui sont des bars, restaurants, location de scooter de mer, barques et petits dériveurs.

 A notre gauche une mini marina qui abrite surtout des bateaux de charter à moteur. Plus à gauche, bien détaché un ponton de bois qui se termine en T où viennent s’amarrer les annexes des voiliers de passage.

C’est la marina de JUAN BARO , une construction basse, le bureau bazar de JUAN, l’homme polyvalent qui connaît tout, s’occupe de tout : formalités d’entrée, blanchisserie, vous met en rapport avec les corps de métier dont vous avez besoin. Il parle couramment : le français, l’anglais et l’espagnol.

Tous les jours, à l’exception du dimanche, est organisé par lui, un service de transport gratuit aller et retour vers, alternativement, deux grandes surfaces. Bien pratique pour faire ses provisions : Départ vers 9h30, retour à 13h30.

Pour aller au cœur de la ville, annexe jusqu’au restaurant des pêcheurs plus à gauche sur la plage, une petite plantation de cocotiers dont l’un d’eux vous permet de cadenasser votre canot.

Les tables et les chaises de bois sont là, à côté, posés sur le sable.

 

Au retour de la ville, on peut déjeuner de poissons et de riz, les pieds quasiment dans l’eau, se désaltérant d’un vrai jus de fruit pressé sous vos yeux.

 

 Le spectacle est devant nous : des enfants se baignent, jouent sur le bord, les uns pêchent la crevette avec un tissu tendu entre deux.

Les barques colorées des pêcheurs se dandinent un peu plus loin avec leurs bords couverts de pélicans sérieux, leur long bec replié contre leurs plumes, songeur mais l’œil aux aguets.

 

            

           

 MARDI 07 SEPTEMBRE 2004 

LE CYCLONE IVAN

Voici plusieurs jours que nous attendons et surveillons IVAN.

 Ivan est un cyclone qui se déplace calmement depuis l’Atlantique de 16 nœuds à l’heure et dont la vitesse du vent est actuellement de 110 nœuds. Il est sur notre latitude mais encore à plus de 600 milles à l’Est.

Normalement tous les natifs de l’île disent qu’il n’y a pas de problème pour nous, il n’y a pas eu de Hurricane ici depuis 12 ans.

La trajectoire prévue d’Ivan doit remonter vers le nord tout en gagnant l’ouest. L’inquiétude vient du fait que depuis deux, trois jours, il ne monte pas, il se déplace plein ouest, directement dans notre direction.

Hier matin il est même descendu un peu avant de remonter très légèrement. Les 60 voiliers du mouillage commencent à jaser entre eux. La VHF va bon train à travers le canal 72 d’abord, canal d’appel de la marina.

Les uns parlent d’aller à l’hôtel et d’abandonner leur bateau à son mouillage, les autres essayent de tempérer cette panique en parlant de qu’ils ont observé sur des sites météo via Internet, et aussi tenant compte des avis des locaux.

            JUAN le responsable du ponton et du bureau de la marina, lance un appel général

 « ne bougez pas » «  restez ici » «  allongez votre mouillage, retirez vos tauds, assurez vous que personne ne vous gêne autour de vous ».

Des voiliers lèvent l’ancre et partent plus sud vers la baie de CUMANA sur le continent, se mettre à l’abri. Les conversations par V.H.F. sont incessantes. Chacun veut connaître la position d’Ivan, sa vitesse de déplacement, les prévisions.

Il sera impossible d’avoir des renseignements justes, excepté à 20 heures : d’une source par Iridium et, à 0 heure : source images satellites ; ces renseignements communiqués par des particuliers.

            Les premiers coups de vent étaient prévus pour 18 heures.

            Personnellement nous avions mis 50 mètres de chaîne, nous étions dans 3,50 mètres d’eau.

La baie n’est qu’une vaste zone d’un haut fond de sable. Nous étions proche d’une plage avec en face de nous une avancée dangereuse d’un épi de roches rapportées, mini digue de protection pour une minuscule marina dont les bateaux en fuyaient d’ailleurs l’intérieur étant amarrés à tout touche.

            Notre taud de soleil enlevé, celui de la bome fermé et ficelé en plus. Une deuxième ancre de 25 kilos préparée avec 100 mètres de cordage

            L’annexe montée à notre bord et bien saisie sur notre avant.

            18 heures- Les bateaux sont éparpillés à perte de vue, chacun guette le ciel à son bord, depuis son cockpit. 6 bateaux sont scandaleusement abandonnés à leur mouillage, les familles, au grand complet, sont allées se réfugier à l’hôtel qui borde le rivage.

           Rien encore ; juste  une violente pluie, un fort vent sous un gros nuage noir. A la suite de quoi deux bateaux signalent leur dérapage. Un troisième ayant cassé son mouillage, se rapproche au moteur, lance des appels pour en retrouver un autre de toute urgence.

            Ivan avait pris du retard mais une forte houle, tournant la pointe qui doit nous protéger un temps, commence à rentrer de 2 mètres d’amplitude, très pénible lorsque nous sommes pris par le travers

            Les appels VHF continuent incessants : des voiliers signalent qu’ils chassaient sur leur ancre, d’autres réclament de l’aide ou un second mouillage.

            La danse a vraiment commencé à partir de 20 heures, nuit noire, à l’intérieur de notre bateau des objets se déplacent, des chutes de couverts, des portes qui claquent.

 Descendre dans le carré est un risque de se faire projeter avec violence contre un meuble ou un angle quelconque. L’eau gerbe et monte à l’assaut de SAIL ROVER. Le vent force et vient du Sud Ouest et nous oriente dans l’autre sens, en plein vers la plage et la jetée de pierres qui nous fait si peur. Nous en sommes très proches maintenant,  2 mètres d’eau sous la coque, les ruades sont infernales.

            Minuit. Nous reprenons espoir puisque les prévisions et la météo de ce matin ont situé  le phénomène à cette heure ci à notre verticale à 60 milles au nord avec des vents de 130 nœuds, lorsqu’une voix  à la VHF d'une autre Marina  nous avertit avoir reçu une carte satellite à l’instant montrant que nous allons entrer dans la partie la plus dure avec une accélération des vents.

Juste à ce moment, devant nous, un bateau battant pavillon hollandais, part à la dérive vers la côte, son mouillage venant de se casser.

 Le temps de mettre son moteur en marche, sa quille talonne malgré son hélice lancée à fond.

Malheureusement,il ne peut éviter d’aller s’échouer  : couché, poussé et finalement quille ensablée, jeté à la plage. Des lames immenses le recouvrent sans cesse.

            Nous avons décidé à ce moment de lever l’ancre, pour échapper à la côte trop proche, aller plus au large, à l’écart, remouiller beaucoup plus loin.

 Marie-Ange à la barre, moi installé à l’avant, notre moteur obligé d’être poussé à 3000 tours pour vaincre le vent. Je remonte  à la main, le guindeau manuel n'étant pas assez rapide les 50 mètres de mouillage. Le bateau pique du nez dans la houle davantage levée et déferlante là où nous sommes.

Je plonge sous l’eau avec l’étrave me cramponnant à la chaîne ; nous avançons et l’ancre peut être relevée sans mal excessif et grâce à l’habile pilotage de Marie-Ange qui a du mal à se maintenir dans l’alignement de la chaîne en évitant les bateaux autour de nous.

 Nous nous dégageons de tous et gagnons vers l’extérieur lorsque Marie-Ange  venue à la hâte jusqu’à moi me dit de mouiller tout de suite qu'il y a un problème de bruits saccadés dans le moteur ou du côté de l’hélice.

 L’endroit n’est pas le meilleur mais l’obligation d’urgence fait que nous n’avons pas le choix. La première ancre à l’eau, j’ assure en rajoutant notre seconde. La situation s'est stabilisée, nous ne dérapons pas.

Tous deux, fatigués nous guettons, trempés jusqu’aux os, assis dans le cockpit. 

 Nous observons avec tristesse le ketch hollandais dont les mâts battent encore à droite et à gauche, secoué, projeté, agressé par les rouleaux qui montent en jaillissant sur son flanc tribord.

Toute la nuit dans ces rafales insupportables, la VHF hurle ses appels au secour.

            A 4 h 30 du matin, le ciel se déchire enfin. Une partie de lune est apparue, j’ai vu une étoile, c’est bon signe, les nuages s’éclaircissent : Ivan est passé, le vent commence à tomber. Nous sommes rentrés à l’intérieur pour dormir un peu.

            Le  8 septembre 2004

Ile MARGARITA

            6h30.  spectacle de désolation. Le hollandais  couché sur le sable quille enterrée. Les paillotes des restaurants et guinguettes de la plage, les intérieurs ensablés, les toits arrachés, les gens s’affairant déjà à panser leurs plaies.

Sur l’autre partie de la baie à notre gauche : trois bateaux  aussi à la côte, quilles bien plantées. Tout le long du rivage un amoncellement d’algues, de vieux cordages, de sable sur une largeur de dix mètres. Les cocotiers racines arrachées ou mises à nue du côté mer.

            Dégâts importants et pourtant le vent n’avait pas été plus fort que 50 nœuds mais la forte houle avait été dévastatrice.

            La mer est sale, jaune, encombrée d’algues, d’herbiers flottants.

            Je plonge sous la coque pour nous rassurer. Le bruit entendu cette nuit provient encore de l’anode que je n’arrive pas à fixer valablement sans produit efficace. Elle est encore desserrée, opération en apnée à refaire plus tard, dans des eaux calmes et à nouveau claires.

HAUT DE PAGE

 DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2004 

ILE MARGARITA vers CUBAGUA : 25 milles

            9heures. Nous levons l’ancre pour  rejoindre l’île de CUBAGUA à 25 miles de là. Grand beau temps, mer plate, petit vent 10 nœuds qui nous pousse par l’arrière, voiles en ciseaux, presque à 5 nœuds.

            Nous longeons l’île de MARGARITA : bande plate, désespérément sèche et aride, terriblement torride à terre.

          CUBAGUA                    Peu après 13 heures nous arrivons à la pointe ouest de notre nouvelle île. Un phare, annelé rouge et blanc sur sa tour ; une grosse épave rouillée pointe largement son nez hors de l’eau juste sous le phare.

3 voiliers au mouillage, nous nous régalons de faire la manœuvre à la voile pour mettre l’ancre par 5 mètres de fond dans une eau claire.

 Protégés du vent par une langue basse de sable envahie de cactus candélabres, une douzaine de maisons en bois à façades colorées avec des auvents garnis de toiles légères et flottantes pour se cacher des rayons du soleil. 

 MOUILLAGE CUBAGUA  LAT. 10°50.181 N.LONG.064°09. 522 W.

             

MARDI 21 SEPTEMBRE 20004

ILE CUBAGUA vers POINTE BUCA DEL FOZO

(ouest MARGARITA: 20 MILLES

Le vent  fort et régulier depuis que nous sommes arrivés, est tombé ce matin. Je relève la chaîne à la main, nous faisons un départ à la voile vers l’ouest. Les derniers voiliers du mouillage sont partis depuis deux heures, nous sommes seuls.

 Toujours vent arrière, voiles en ciseaux, 20 milles.

 Un temps pour demoiselle, notre vitesse oscille autour de 3 nœuds, soleil, mer bleue.

 Un ferry croise notre route à petite distance. On écoute des bateaux amis par radio, on dialogue un peu avec eux, les uns sont à TORTUGA, BLANQUILLA, PUERTO LACRUZ, ou aux ROQUES ; repos, lecture, calme.

Le vent tombe de plus en plus et tourne carrément de 180°, d’arrière nous l’avons dans le nez et terminons la dernière heure au moteur en longeant une longue plage, station balnéaire naissante séparée par une avancée sablonneuse, de notre futur mouillage.

MOUILLAGE ROBLEDAR    LAT. 11° 01 633 N. LONG.064°22.732 W.

Celui ci est une vaste baie, bordée de maisons basses avec un arrière pays montagneux. Ce relief doit accrocher les nuages de pluie car le sol est beaucoup plus verdoyant.

            C’est un bourg de pêcheurs, une trentaine de bateaux de bonne taille et une multitude de barques, une estacade et rien d’autre.

Les fonds sont faibles loin du bord encore, dont nous essayons de nous rapprocher, nous relevons 2mètres d’eau avec notre plomb de sonde qui nous oblige, par prudence, à revenir en arrière.

L’eau est calme mais trouble. Les bruits et les odeurs de la terre viennent fortement jusqu’à nous. Un air nostalgique s’échappe d’un bar. Des odeurs indéfinissables d’herbes épicées ou de plantes mélangées à des odeurs de feux de bois.

On reste dans le cockpit à rêver, à regarder la façade des maisons et les collines en arrière changer de couleurs face au coucher du soleil qui disparaît lentement, dans la mer, sous l’horizon.

 

 

 TORTUGA

JEUDI 23 SEPTEMBRE 2004

De ROBLEDAR vers l’Île DE TORTUGA : 45 MILLES

 Levés à cinq heures il fait encore nuit. Nous sommes réveillés depuis longtemps ; une houle soulève le bateau par le travers, rendant l’intérieur moins confortable.

            Cinq heures trente préparatifs terminés, ancre levée, nous partons plein ouest au moteur, le vent est inexistant, voiles réduites pour éviter le fassayage.

            Dix heures de moteur sur mer calme. Excepté l’inconvénient du bruit, la dépense est minime ; à la pompe et en ville avec un Euro nous pouvons acheter 33 litres de gaz oil pour la valeur du change officiel. 41 litres au change parallèle sur le continent le prix est encore moins cher de 20 %. L’essence est légèrement plus onéreuse, 11% en plus ; pour un Euro 30 litres d’essence au change officiel.

            Nous nous sommes fait livrer au mouillage, 600 litres d’eau, par un gros zodiac équipé d’une citerne contenant 2000 litres d’eau potable. Le prix livré du litre d’eau est exactement le prix d’un litre de gas oil à la pompe.

              2 lignes à la traîne, l’une avec un poulpe artificiel, l’autre avec un rapala, afin de comparer lequel attire mieux que l’autre ; car depuis plusieurs tentatives nous ne prenons rien.

 Nos 2 lignes parallèles derrière nous traînent depuis des heures, maintes fois relevées pour enlever algues ou plastique accrochés au passage.

 L’instant d’après la ligne bâbord claque d’un coup sec en faisant sauter la pince à linge avertisseuse que nous avions placée sur le fil.

On ramène un beau barracuda de 80 centimètres. A peine a t il fini de se débattre, j’arrive avec couteau, planche à découper pour tailler des filets que  l’autre ligne se tend, un second barracuda est remonté de même taille mais moins gros. 

ILE TORTUGA   Pointe DELGADA

  LAT. 10° 57 348 N. LONG.065°13 542 W

 15 heures l’île TORTUGA est enfin en vue alors que nous n’en sommes plus qu’à 5 milles, totalement plate, longue de 14 milles sur 6 milles de large, très  basse sur l’eau.

C’est une accumulation de coraux et de coquillages brisés, à peine 2 m au-dessus du niveau de la mer, ce n’est qu’à 3 milles que nous l’apercevrons réellement bien.

 Nous tournons la pointe DELGADA et rentrons dans une baie large, cernée d’une plage avec quelques abris de pêcheurs. 9 voiliers au mouillage.

Annexe à l’eau, nos premiers coups de rames sont pour aller jusqu’à un bateau à l’instant habité, le plus proche de nous pour leur offrir notre deuxième barracuda,  que nous ne pouvons pas conserver par manque de glace.

 Ensuite direction la plage où nous arrivons à la limite du chavirage à cause d’une grosse houle qui se termine, par de beaux rouleaux.

            Surprise d’entendre et de voir un petit bimoteur faire un tour en rase motte et atterrir sur une piste étroite damée.

Certaines personnes du continent s’offrent de cette façon une journée suivie d’une nuit pour vivre en robinson ou venir à la pêche.

 Une sortie à terre avec nos chaussures afin de marcher sur une végétation rampante clairsemée, courte, un peu épineuse.

Nous longeons le croissant de la baie, les pieds dans l’eau, regardant les abris de pêcheurs inoccupés, bois verticaux surmontés d’un toit, point de murs, tout est ouvert, juste un abri pour l’ombre. 

 

  Un seul arbre, un cocotier planté de mains d’homme, tout petit encore, abrité du vent par deux bouts de tôles rouillées. Plus loin au nord l’épave d’un voilier en plastique, complètement éventré, reste juste la poupe.

            Le long de la côte poussés par le vent sur des kilomètres, une large bande couverte de bidons, bouteilles, récipients d’huiles, morceaux de plastique, vieux cordages. Une immense décharge apportée par la mer sur une île déserte, cernée par de belles couleurs d’eau turquoises.

Quel en sera le paysage dans cinquante ans ou moins ; sans oublier de dire qu’à la limite de l’eau sur le sable des débris de festins de langoustes arrosés de whisky et de bouteilles d’alcool fort dont les cadavres n’ont ni été emportés ni même enfouis, certaines d’entre elles ont même été brisées et les éclats, menaçants, se dressent dangereusement sur le sable.

 Quels sont ces gens de voiles sans imagination, sans égard pour les autres, sans respect pour le paysage ?

            Sur le bateau le temps est un peu pénible car une houle ample tourne la pointe d’entrée et soulève les coques, les malmène. Les moustiques pendant ce temps nous persécutent.

            

DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2004

De POINTE DELGADA à mouillage PALANQUINOS : 7 milles 

 Un ciel bizarre ce matin au lever du jour, le ciel est noir au nord et à L’ouest, des éclairs jaillissent, vers l’ouest il doit pleuvoir. Nous aurons la confirmation plus tard dans la journée qu’un orage violent s’était abattu sur le mouillage d’HERRADURA, petit îlot à 10 milles d’où nous sommes.

La foudre est tombée sur deux voiliers qui ont subi des dommages électriques et électroniques.

Nous attendons que le ciel se dégage un peu et quittons notre mouillage pour rejoindre celui de PALANQUINOS où nous allons faire la connaissance de notre ami radio.

MOUILLAGE PALANQUINOS ILE TORTUGA

LAT. 10°59 256N. LONG. 065°20.165W

Le mouillage de PALANQUINOS est au nord de l’île TORTUGA. Bordée par l’île au sud, par une barrière de corail au nord et au sud qui affleure formant un L.

5 mètres d’eau relativement claire. Jean Luc est là avec son SIOULIK. Jean et Marie-jeanne à bord de leur MARIE-JEANNE 2.

Une partie de l’escadre comme ils disent. Les voiliers se déplacent ici par groupe et se connaissent tous.

Ils tournent depuis des années dans l’arc Caraïbe et entre les îles Vénézueliennes, suivant les saisons, les cyclones, l’insécurité sur le continent et la pêche des langoustes.  

Les bateaux sont presque tous équipés de générateur pour alimenter : les dessalinisateurs, les frigos, congélateurs, radio B.L.U. et Pactor (l’internet à bord),  radar, ordinateur, cuisinière avec four, les lumières, projecteur, guindeau électrique. Très souvent les grandes voiles sont avec enrouleurs. Ils existent de plus en plus des manivelles de winch électriques.

La pêche en plongée occupe une partie de la matinée, le farniente après le déjeuner, réparations et entretien, la bière fraîche au coucher du soleil.

Je suis allé 2 ou 3 fois, avec Jean, chasser avec un fusil sous marin qu’il me prêtait. Mon inexpérience et mon manque d’engouement pour ce sport rendaient mes prises  peu abondantes mais suffisantes pour avoir du poisson à table pour deux.

électricité dans la coque ?

                                                                                                                      

 Ces jours passés ont été angoissants pour notre coque aluminium.

 Notre anode d’hélice posée neuve il y a 2 mois, est bien entamée. Nous pensons à une fuite électrique, une électrolyse donc qui serait funeste pour nous. De multiples sondages avec un voltmètre : positif sur le plus de l’alimentation, le négatif sur la coque nous donne 10 à 12 volts ; c’est plus qu’alarmant.

Note ami Jean-Luc est venu à notre aide, avec patience et ténacité. 4 jours durant nous avons démonté, suivi, sondé, refait des lignes électriques, recommencé pour obtenir toujours le même résultat. Appels par B.L.U. demande d’avis.

Finalement il faut, pour faire une telle recherche, se servir d’un ampèremètre.

 Il faut chercher des ampères et non des volts. Conclusion beaucoup de peur, pas de mal, pas de fuite. Notre anode est de mauvaise qualité sans doute ; la température de l’eau de mer très chaude, près de 30 degrés, doit faire le reste.

LOS ROQUES

JEUDI 7 OCTOBRE 2004

PALANQUINOS vers LES ROQUES : 85 MILLES

15h30. Le vent est presque nul, les prévisions  peu optimistes pour les 3 jours à venir, pas un souffle prévu.

 Nous sommes tout de même partis, établissant génois et grand voile, le vent espéré de travers est en réalité passé au près bon plein. Il est de six à huit nœuds et nous marchons entre 3 et 4 nœuds, nous nous en contentons, appréciant le silence et la navigation à plat.

 Deux voiliers ont quitté le mouillage derrière nous, également pour les ROQUES, ils sont au moteur et nous remontent lentement.

            Nos 2 lignes sont à la traîne derrière nous. Un tout petit oiseau vient voleter autour du bateau, se posant sur une écoute, un rebord, une filière. Tout mignon, boule de plumes, tête ronde, petit bec pointu. La tête dans les ailes, pas farouche. J’ai pu le caresser du doigt.

 La nuit s’installe, un ciel admirable. Les feux de nos amis sont devant nous, tandis que nous voguons toujours de plus en plus lentement. 21 heures, notre vitesse est tombée à 2 nœuds, nous nous décidons à continuer au moteur. 

 La nuit est noire, un cargo ou un gros pétrolier sur notre bâbord avant vient sur nous, plus nous nous rapprochons plus nos routes sont celles de collision, plus il a l’air énorme.

 Ouvrir l'oeil.

 

     Au petit matin, les premiers îlots qui constituent les abords des ROQUES apparaissent ; certains sont couverts de mangroves. Nous surveillons les 2 voiliers amis devant nous, pensant qu’ils nous signaleront la passe d’entrée par le long chenal de corail.

                                                                               

 Ils s’interpellent à la VHF. l’un d’eux, un catamaran a talonné. Ils sont indécis, tournent en rond, une vedette des coast guards leur signale qu’ils ont fait erreur, l’endroit n’est pas le bon, demi tour.

Marie-Ange bien documentée a étudié notre atterrissage avant de partir,et nous dirige directement sur la bonne passe (le premier bras juste après le virage d’entrée).

 Finalement nous arrivons avant les autres au mouillage, à l’abri d’un petit îlot et de la barrière. Le cata s’est fié à ses cartes électroniques sur son ordinateur surfacé à son G.P.S. Tout  étonné de réaliser que les cartes sont souvent fausses. Il est utile de naviguer avec les cartes électroniques mais prudent de veiller à la rigueur du point par rapport à la réalité de la terre.

MOUILLAGE SEBASTOPOL : LAT.11°47 429  N  .LONG.066°34 416 W.

 

 SAMEDI 9 OCTOBRE 2004

Avec notre annexe nous longeons le petit îlot couvert de mangroves dont les racines forment une barrière impénétrable à l’homme.

Des oiseaux chantent, un pélican, d’une grosse branche, plonge sur une proie mais les moustiques partent à notre assaut.

 L’eau est claire, transparente. Equipés de masques et de palmes nous passons de l’autre côté de la barrière. Un véritable aquarium géant s’ouvre sous nos yeux, parmi les coraux de toutes sortes : en boules, en feuilles dont certaines, en fleurs, sont urticants, des espèces de choux laissant sur les doigts une impression gluante.

Les poissons de toutes tailles et couleurs s’affairent au milieu de ce monde varié. Chacun y trouve nourriture et protection. Les minuscules à moitié bleue métallique et à moitié jaune bronze se vautrent parmi les urticants, d’autres croquent les coraux avec facilité.

Des plats en bande, d’un bleu lapis-lazuli passent et repassent ; des bleus très sombres dont les nageoires, de même couleur, sont partagées du corps par une fine ligne blanche nacrée.

 Des corps bruns semés de points rouges, d’autres argentés avec des nageoires jaunes et de yeux ronds cernés de noir. Des lilliputiens avec des couleurs fascinantes. Des oursins noirs aux longues épines se nichent dans tous les creux.

 

LUNDI 11 OCTOBRE 2004

de la bouche SEBASTOPOL à GRAN ROQUE : 12 milles

 Mouillage à GRAN ROQUE   LAT.11°56 783 N  LONG.066°40 673W 

 Nuit et jour les alizés  réguliers et forts mais sous la protection de la ceinture de corail, la houle est inexistante, juste le bruit de la mer qui brise sur la barrière.

            LOS ROQUES sont un ensemble d’îlots ceinturés à l’est et au nord est par une barrière extérieure, l’intérieur est semé de passes, de hauts fonds cernés suivant les endroits de bleu cobalt ou de vert tendre tirant sur le jaune bouton d’or sur les fonds de sable. Les îlots pour la plupart sont couverts de mangroves impénétrables.

           

 L’ancre levée, nous déroulons notre génois et filons 5 à 6 nœuds sur GRAN ROQUE, c’est à dire la capitale, longeant le reef de très près, surveillant les différences de teintes et zigzagant entre elles pour éviter de toucher.

   A la différence des autres îles, elle est plus grande et a une partie élevée qui donne l’impression de collines, le reste est plat.

 

 Une longue plage bordée par des maisons aux façades colorées et aux toits peints de couleurs vives.

Un petit bourg avec des rues tracées dans le sable, éclairage public, restaurants, bars, petites pensions de famille.

 Les pélicans plongent sur une bande de poissons.  Les mouettes les attendent au sortie de l'eau, grimpent sur le corps et leur piétinent la tête pour essayer de voler leur prise.

 En annexe pour trouver de l’eau potable, nous trouvons la dernière bâtisse à l’Est de la baie, l’usine de déssanilisation. Un tuyau fait des boucles sur le sable, il va jusqu’à nos bidons et remplissons 100 litres.   « Plaisir de donner, 100% garantie buvable » nous dit le préposé avec un grand sourire.

De retour au bateau nous sommes stupéfaits de voir le nombre considérable d’avions à hélices qui atterrissent et décollent sans arrêt sous nos yeux, perpendiculaire à la plage.

 Les appareils arrivent en final sous la hauteur des mâts des bateaux au mouillage, passe à toucher au dessus de la plage, et se pose juste au début de la piste.

 L’activité est incessante, elle commence à 7 h le matin, jusqu’à 19 h  passées le soir. Vedettes et cabines cruisers sont autour à attendre leur client ou propriétaires pour les emmener aussitôt sur les îlots.

 

MARDI 12 OCTOBRE 2004

GRAN ROQUE à CARENERO : 10 milles

MOUILLAGE CARENERO   LAT. 11° 53 265 N.  LONG.066°50 630 W.

 Un départ facile à la voile vers l’ouest, toujours sous génois, navigation de rêve le long des îles, nos 2lignes traîneront derrière sans succès.

 Un premier mouillage retenu et manqué à cause de l’imprécision des cartes. Nous aurions pu faire l’effort de revenir un peu en arrière et de pousser juste  plus avant mais le couloir où nous sommes engagés est si beau, que l’on ne fait qu’admirer, en glissant tranquillement entre des bleus, des verts pâles et des fonds de sable sublimes.

 Une mince bande plate défile, de la mangrove coupée de plages blanches, des bandes d’oiseaux tournoient devant nous, virent en rasant les eaux.

            Finalement nous virons vers tribord pour dépasser une langue de sable et venir terminer dans une baie en U parfaitement protégée des vents dominants.

 Un véritable abri entouré de mangroves où les oiseaux foisonnent, les eaux sont claires. Un banc de poissons chassés par des carangues font un bouillonnement intense tandis que les oiseaux s’affairent en piqués rapides et incessants.

 Une impression de calme, de protection, d’être loin de tout dans un décor exceptionnel.           Une nuit sans houle, sans vent.

Ce matin un cabin cruiser s’est mis devant nous à tout touche avec la côte, amarré à un tronc de mangrove devant une petite plage de sable blanc.

Les occupants se sont installés sur le sable avec transats et parasols, à dix mètres d’un tas impressionnant de sacs poubelles pleins de détritus des différents bateaux passés, qui attendent un ramassage incertain, laissant indifférents les candidats au bronzage.

Nous partons en exploration avec masque et tuba au-dessus des coraux dont le spectacle est toujours aussi fascinant.

 Poussant un peu plus loin, prenons pied sur un îlot séparé de nous par un bras de mer. Eau transparente, sable blanc, désertique à l’exception de trois cocotiers si penchés qu’ils donnent l’impression qu’il y a un vent fou à l’instant. 

 JEUDI 14 OCTOBRE 2004

CARENERO vers CAYO DE AGUA : 5 milles

MOUILLAGE CAYO DE AGUA   LAT.  11°49. 411N   LONG.066° 56. 205W.

 5 milles de plus vers l’ouest sous génois, nous naviguons sur des fonds clairs et autres plus sombres.

 Nous jetons l’ancre après avoir vogué sur une barrière de corail dans 3 mètres d’eau. Deux îles en croissant. Nous sommes devant celle au sud dont nous ferons le tour l’après midi par la bande étroite de sable qui la cerne.

 Totalement déserte. Une partie couverte de mangroves, quelques dunes peu élevées, un oasis de dix cocotiers à l’extrême ouest.

 Au sud face au large,  un mur de gros morceaux de coraux à perte de vue, attend d’être transformés en sable.

 Une colonie d’oiseaux grands comme des cormorans, l’un couve un œuf de la taille de celui d’une poule ; nid à peine aménagé dans le cimetière de coraux, un rien de sable, à même le sol, ni protection, ni couverture, rien de douillet.

            Deux bateaux avec qui nous étions partis de TORTUGA nous ont suivi. Pot le soir à bord des uns et des autres pour parler voyage, mouillage, pêche et projet. Ils nous alimenteront à plusieurs reprises en poissons et langoustes, ils en sont saturés.....

 

LOS AVES

DIMANCHE 17 OCTOBRE 2004

LOS ROQUES : CAYO DE AGUA vers LES AVES BARLOVENTO : 31 milles

        MOUILLAGE BARLOVENTO   LAT.11°56.751N  LONG. 067°26.277W.

 Nous levons l’ancre à 7 heures par beau temps et eaux transparentes. Vent d’est, donc toujours une navigation rêvée, vent arrière voile en ciseaux. Une houle du Sud Est nous donne une allure de canard, nous nous dandinons.

 Vers 14 heures à l’approche du premier groupe des AVES, la mer bouillonne comme si nous traversions un ras, les fonds se relèvent subitement, un courant se crée.

L’échafaudage métallique du phare bien distinct, se dresse au début d’une lagune de terre qui se présente comme ne longue jetée naturelle prolongeant l’île.

 Des mangroves géantes sont groupés, bouquets énormes qui montent à 20 mètres et dont les branches forment des pentes évasées jusqu’à l’eau.

 Des îles de verdure qui semblent flotter en enfermant un lac intérieur. Une plage de sable sur notre droite dont émergent des grands troncs aux branches mortes.

L’ensemble forme une baie bien abritée avec une profondeur largement suffisante pour être proche du bord. Nous mouillons 70 mètres de chaîne par 6 mètres de fond, non pour la sécurité mais pour qu’elle se nettoie en raguant sur le fond de sable.

            Un catamaran français déjà vu à MARGARITA et aux ROQUES, plus deux voiliers allemands et une LANCHA paisiblement à l’ancre qui est là pour collecter le poisson.

            Le lendemain au lever du soleil, les arbres sont plein  de vie. Des milliers de fous qui nichent dans leur feuillage   s’envolent, virent et rasent l’eau, jacassant bruyamment, et commencent à pêcher.

 Des bancs de petits poissons argentés sont repérés. Ils sautent hors de l’eau comme exécutant un ballet ou une sinusoïde, pourchassés par des plus gros dans l’eau et dans les airs,  par les fous et pélicans qui plongent sans relâche sur eux.

  En annexe et à la rame nous glissons sans bruit au ras des feuillages, regardant avec émerveillement les jeunes oisillons, sur leur nid grossier en suspension sur des branches.

Boules duveteuses blanches et bec noir qui s’ébrouent, ouvrent le bec à notre approche pensant que nous venons leurs donner la becquée.

Un adulte est toujours posé au-dessus ou à côté en surveillance.

 Pattes palmées orange, bec bleu, plumage tirant sur le blanc pour les uns sur le marron pour les autres.

Pas craintifs ici ces oiseaux, pas peur de l’homme, nous nous approchons presque à les toucher.

Sur des branches dénudées se rassemblent des adultes, en grappe, en compagnie d’un ou deux pélicans.

 

Un grand échassier genre héron s’envole le premier ; tandis que qu’un petit modèle de héron au long bec, au ras de l’eau sur une branche morte guette sa pitance.

 C’est vraiment le paradis des oiseaux à cet endroit, avec la joie en plus de n’être assaillis par aucun moustique.

 

 

 

MERCREDI 20 OCTOBRE 2004

             Des AVES BARLOVENTO vers les AVES SOTAVENTO : 15 milles

MOUILLAGE AVES SOTAVENTO :  LAT. 11° 58. 794 N LONG. 067° 39.457 W.

Avalons notre chaîne et levons l'ancre, nous partons vers les AVES SOTAVENTO : 15 milles à courir toujours vers l’Ouest donc toujours vent dans le dos. Les alizés n’étant pas encore établis, nous avons, tout de même, un petit vent mais très régulier. Le moteur est sollicité : un peu au départ, un peu plus à l’arrivée. 

            4 heures de navigation facile par mer belle et temps superbe. Nous longeons la partie ouest au Sud des AVES. Partie extrême Ouest du territoire maritime vénézuelien. Sans doute pour cette raison un poste de coast guards est installé là sur une langue désertique de sable et de coraux compactés.

Nous doublons cette pointe après laquelle commence une vaste plage en croissant qui se prolonge par des terres occupées par de la mangrove basse qui n’a rien à voir avec celle vu hier.

 D’ailleurs presque plus d’oiseaux, apparemment peu de vie ou d’animation dans ces feuillages rabougris. Par contre une ceinture longue de corail qui forment un grand cercle, s’avançant loin sous nos yeux. Deux épaves visibles y sont plantées.

            Nous nous décidons pour nous abriter du vent à mouiller dans la Baie des mangroves. Bien nommée, calme, petit bassin. Bien protégé par un petit îlot soudé à la terre. Nous sommes seuls, l’endroit semble rêvé, mais au crépuscule c’est devenu un enfer.

Nous sommes envahis et dévorés par les moustiques de petites tailles mais très virulents. Nous nous battons à coups de bombe anti « mosquitos » avec « accion instantanea », de serpentins envahissant l’air d’une fumée âcre.  

LES ANTILLES HOLLANDAISES

BONAIRE

JEUDI 23 OCTOBRE 2004

AVES SOTAVENTO vers BONAIRE : 47 milles

 

6 heures- Le jour est levé depuis peu, voulant partir de bonne heure, nous hésitons à sortir de dessous nos moustiquaires tant hier soir nous avons été dévorés par des nuées de moustiques noirs très agressifs.

Nous les avons bombés, gazés, enfumés, écrasés, mais les troupes sont vite remplacées, les nouveaux foncent à l’attaque aussi actifs que les précédents.

Pas un souffle de vent, l’ancre est relevée facilement et dés 6h15 filons sur des fonds clairs, semés de patates. Nos dérives relevées, nous passons, sans angoisse, sur les derniers hauts fonds avant de gagner la peine mer. Le moteur reste en action . Le vent très faible est changeant, il a tendance à passer au sud.

            Au milieu de la matinée un bruit violent arrive par notre arrière, un quadri moteurs aux couleurs Vénézuelienne nous survole en rase mât, nous dépasse, fait une boucle et vire vers le sud où nous avons aperçu une autre voile. Surveillance maritime ...

La journée s’écoule calme et douce. L’île de Bonaire basse sur l’eau se profile peu à peu à l’horizon, un point plus haut d’abord, s’étend ensuite sur notre gauche et grandit.

 Une masse blanche qui se signale de loin, ce sont : des salines, seule production de l’endroit : un long tapis transbordeur enjambe l’unique route de bord de mer et se prolonge un peu en mer afin de pouvoir charger les cargos.

            Quelques villas, de place en place, qui ressemblent plutôt à des établissements de plage, restaurants ou buvettes.

            La ville apparaît, villas et constructions basses mais coquettes et impeccablement entretenues, fraîchement peintes et soignées. Bonaire dominion Hollandais en a l’empreinte. L’île, à part le sel, est entièrement tournée vers le tourisme.

 La plongée sous marine surtout, c’est un des sites mondial dit on. Les fonds doivent être préservés, interdiction de mouiller une ancre, des bouées payantes  (5 us dollars)  sont à la disposition des voiliers.

 Nous sommes à 30 mètres de la bordure de sable qui forme une plage, juste devant la route de bord de mer, voie principale de ce gros bourg qui est la capitale. Population totale de l’île 14.000 habitants.

Une chose stupéfiante en prenant notre bouée de mouillage, les eaux sous le bateau sont transparentes, d’une clarté inouie, jamais vue. Sail Rover a l’air d’être posé sur l’eau d’une piscine. Le sable, les coraux, les poissons sont sous nos yeux comme si nous regardions un aquarium.

            80% de la population est très noire, le reste un mélange d’européens dont des hollandais géants, massifs, colossaux. Une monnaie locale commune avec Curaçao : billets et pièces à l’effigie de la reine Béatrice. Mais en fait le dollar domine et circule ouvertement, les distributeurs de banque les crachent contre l’insertion d’une carte de crédit.

 Les prix sont époustouflants dans presque tous les domaines. Côté alimentaire, c’est à vous couper l’appétit.

     BONAIRE MOUILLAGE   LAT.12° 09 699 N.     LONG. 068° 16 907 W.

 

 CURACAO

LUNDI 25  octobre 2004

BONAIRE vers CURACAO : 36 milles

 Ne pratiquant pas la plongée sous marine, l’endroit n’a pas grand intérêt pour nous, sauf celui d’y avoir eu le plaisir de retrouver un bateau ami.

Ce matin à 6 h nous avons lâché les amarres de la bouée du mouillage, nous filons vers Curaçao, 36 milles.

 La mer est un lac, le vent absent comme depuis de nombreux jours ; faisant le bonheur de ceux qui remontent vers la Martinique, étant pratiquement au moteur. 

Depuis notre départ les points hauts de Curaçao sont apparus à l’horizon, se reliant peu à peu les uns les autres, dessinant l’île de plus en plus nettement.

 Nous suivons la côte au sud est de l ‘île, très près du bord, le fond étant largement suffisant. Bande plate avec un relief découpé mais peu élevé. 

Devant nous la côte forme comme un petit cap de verdure derrière lequel domine une sorte de pylône, qui s’avèrera être le sommet d’une plate forme pétrolière en réparations.

L’ouverture du passage est juste un peu avant, comme l’estuaire d’une paisible petite rivière. Juste à l’angle sur la droite une plage d’un club privé, avec quelques constructions genre paillotes.

Le point G.P.S. de l’entrée  exactement à 

 LAT. 12° 03 080 N  LONG.068°51 10W

Passage très protégé, très calme. Nous avançons entre deux rives basses, verdure, arbustes sauvages, peu après un évasement.

 Nous sommes à l’intérieur d’un grand lac aux contours sinueux avec multiples ramifications, comme des doigts ou des feuilles d’un trèfle dont chaque branche est semée de villas, marinas ou clubs de voile.

 Beaucoup de voiliers sont ancrés là dont nos amis Claude et Solange qui nous attendaient, après avoir échangé avec eux des communications par radio, appréciant le calme et le charme de l’endroit.

La plate forme apparaît en son entier, illuminée de haut en bas et gaiement peinte, séparée de nous par une langue de terre, elle se trouve au sud en bord de mer.

Vers l’Est la petite montagne qui dominait l’usine offre à nos yeux sa face éventrée, ouverte, creusée, vidée sur toute sa largeur, véritable dent creuse ; bientôt il n’y aura plus de relief l’usine le met en « sacs ».

            Le lendemain, débarquement avec notre annexe dans une marina de pêcheurs, sur un petit ponton.

Une courte marche jusqu’à la route goudronnée au milieu de bordures bien plantées et entretenues pour prendre un bus jusqu’au terminal de Curaçao.

MOUILLAGE SPANISH BAY : LAT.12° 04.790 N. LONG.068°51 568W.

 

la capitale : WILLEMSTAD

 

            L’île est indépendante mais avec alliance Hollandaise dont la ville est empreinte.

Constructions avec façades typiques, réseaux de canaux dans la ville, pont permettant le pivotement pour laisser passer de gros cargos qui ont l’air de voguer dans la ville.

 De vieux quartiers bien rénovés et entretenus présentant le charme des années 1850 et 1870.

 Rues piétonnes, petites places avec des bosquets d’arbres, semées de cafés et restaurants, façades colorées, rues impeccablement entretenues.

 Bonne détente et bonne ambiance. La douane n’est pas loin sur le quai après le terminal des bus. Pour l’immigration il faut prendre le grand pont mobile, ou le bac si le pont est ouvert.

 Puis remonter vers le grand pont routier qui passe très haut, jusqu’à un portail roulant en acier marqué « …terminal » ; c’est l’entrée des docks. 

 

Le surlendemain est consacré au ravitaillement. 

Un mini bus gratuit envoyé par une moyenne surface regroupe chaque jour, à l’exception du dimanche, les différents gens de voile du mouillage. On se sourit, on essaye l’Anglais, je dis bonjour en Français. Des Allemands, des Hollandais, des Américains, un Polonais, un Australien, nous sommes les seuls Français ce matin.

Une heure plus tard le même mini bus nous raccompagne, complet, bourré, les cartons et les sacs sur les genoux et les pieds, on se serre.

           

DIMANCHE 31 OCTOBRE 2004   

Départ pour CARTHAGENE - COLOMBIE (500 milles)     

 Hier samedi, papiers de sortie, nous décidons de quitter l’île demain matin. Un direct pour Carthagène.       

 Nous sommes prêts au départ, nos amis aussi, nous devons faire route ensemble jusqu’en Colombie. Départ convenu à 8 h. Mais depuis 6 h, de fortes pluies se succèdent accompagnées d’un vent violent. A 9 h départ remis à demain, inutile de s’enquiquiner avec un temps pareil puisque nous sommes bien tranquilles et au sec, ici.

            Il a plu toute la matinée nous en profitons pour faire des gouttières avec le taud et compléter notre plein d’eau. La journée se passe grise et maussade, personne ne bouge....... 

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