BRESIL

 

RIO de Janeiro vers VITORIA (260 milles)

 

 

 

 

 

 

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JUIN 2003

Toute la journée se passe à la voile et au moteur : génois roulé puis déroulé. Le vent soufflant tantôt de l’est, tantôt du nord, tournant sans arrêt.

Nous décidons de passer la nuit à l’ancre à CABO FRIO, un mouillage sauvage à 67 milles au nord.

Il fait nuit noire sans lune, mais un superbe ciel étoilé, avec toujours cette suspension d’humidité dans l’air qui gêne la visibilité.

 Il est 23 heures lorsque nous sommes sous le phare de l’île de FRIO qui est niché à 110 mètres au-dessus de nous.

 La terre et l’ile forme comme un rempart élevé de rochers devant nous.

Nous cherchons des yeux la faille qui permet le passage de l’autre côté, là où se trouve l’abri, où nous pourrons mouiller pour la nuit.

L’écran de l’ordinateur nous situe exactement dans l’axe du passage, mais les cartes des programmes ne sont pas toujours exactes.

 La passe fait exactement 0,1 mile de large. Si nous ne l’avions pas déjà pratiquée une première fois lors de notre atterrissage au Brésil en venant de Ste HELENA, je crois que nous ne nous serions pas lancés dans ce genre d’émotion.

 Un petit bateau de pêche semble s’engouffrer dans le passage. Ses lumières ont disparu. Il a du virer à gauche à l’intérieur.

A 100 mètres le passage se précise, nous en devinons les limites et nous nous dirigeons en son milieu.

La mer brise sur les pointes, de chaque côté, nous passons dans un fracas d’eau. A l’intérieur c’est le calme, le havre.

 C’est alors que nous nous apercevons que le pêcheur est toujours à l’extérieur, ayant éteint tous ses feux, sans doute pour ne pas gêner notre vision.

Un feu clignotant marque le centre de la plage vers lequel nous nous dirigeons et mettons l’ancre.

 DIMANCHE 29 JUIN 2003 en mer                   

La nuit au calme d’une petite baie bordée d’une plage et de dunes.

Au réveil le temps est beau, le vent Sud Ouest promis par la météo s’est levé.

En cette saison les vents sud qui sont en fait des dépressions ne sont pas courants. Pour notre voyage vers le nord, c’est une aubaine que nous saisissons.

Après un petit déjeuner tranquille nous levons l’ancre, destination VITORIA à 190 milles en passant d’abord par le cap SAO TOME à 85 milles.

Lorsque la nuit est tombée nous avançons toujours bien et vite.

Nous plongeons chaque fois avec une petite angoisse dans cette nuit noire, sans aucune lune, nous nous enfilons comme dans un tunnel.

La côte est comme dans une nébuleuse masquant les feux des villes qui y sont implantées.

 Plus près de nous les lumières des cargos qui montent ou qui descendent, un peu plus au large.

 Une lumière verte et deux feux blancs qui provenaient d’une grosse masse noire, indéfinissable : un cargo peut être, pas vraiment un chalutier, pourtant sa vitesse n’était pas rapide.

 Il navigue, parallèlement à nous, tout en convergeant vers notre route, comme s’il allait la couper.

Nous avançons inquiets de cette présence, vent arrière donc moins aisément et moins manœuvrable, le guettant sans arrêt.

Voici maintenant qu’il se met face à nous.

Il a tourné : son feu vert à gauche, le rouge bien distinct à droite, il allume un projecteur puissant et balaye la mer sur une voie parallèle à la notre.

 Mais que veut il ? La situation devient torturante et inquiétante. il s’est rapproché davantage. Avec notre torche nous éclairons nos voiles, il semble avoir compris puisqu’il projette sur nous son pinceau de lumière et s'en va.

 

LUNDI 30 JUIN 2003

 

Des nuages noires se sont amoncelés, la mer devient forte. Nous surveillons notre génois tangoné. A une heure trente, par une nuit d’encre sans étoile, un vent violent de 40 à 45 nœuds se lève subitement.

Urgence de diminuer la toile. Avec peine je l'enroule au trois quart, tandis que Marie-Ange prend la barre en main. Nous sommes surpris par une chute de pluie diluvienne. Un nuage très chargé avait ouvert son sac juste au-dessus de nous alors que nous étions à la manœuvre sans rien pouvoir abandonner.

Cela a duré dix minutes, nous sommes à tordre ainsi que tout ce qui est dans le cockpit à ce moment là : couvertures et autres vêtement chauds. Une fois tout essoré et nous changé, le bateau avec un quart de toile file 7 nœuds, surfant sur le dos des vagues.

VITORIA

 Nous réduisons notre vitesse afin d’arriver juste au lever du jour dans le port de VITORIA qui est inconnu de nous et semble semé, sur le parcours intérieur, de hauts fonds sur la route qui conduit au YACHT CLUB.

Les abords de la ville sont déjà annoncés par des successions, en bord de mer, de villes fortement éclairées qui se suivent à se toucher.

 A quatre heures du matin, les lumières devant nous se sont transformées en une vingtaine de cargos à l’ancre dans l’attente d’être chargés. 

 Les lueurs de l’aube se montrent lorsque nous franchissons les premières bouées du chenal d’accès au port.

Celui ci est en réalité une grande lagune avec des îles, îlots, presqu’îles.

Passé les premiers bassins, pour aller plus au fond chercher le yacht club il faut contourner des hauts fonds qui font naître en surface des déferlantes impressionnantes. 

La découverte de la ville nous déçoit, rien d’attirant ni d’exceptionnel. Des quartiers faits de bric et de broc . Sur le bord de mer, les villas ont été remplacées par des buildings qui poussent comme des champignons.

Attirés dans une église par son architecture espagnole et par les chants que nous entendons de l’extérieur, nous nous retrouvons parmi les fidèles : eux, les bras en croix, chantent accompagnés de guitares.

A un moment donné tout le monde s’embrasse. Une personne est venue vers nous, nous avons fait de même.

Puis nous avons trouvé le centre Internet le plus fabuleux que nous n'ayons jamais vu. 82 postes réunis en deux salles communicantes par des baies vitrées, climatisées, installées grand confort, lumières faibles, comme une salle de cinéma et surprise : quatre fois moins cher que à RIO de JANEIR0.

 

vers SALVADOR DO BAHIA